LIVRE XII
la dirigèreDl; car celle province, étrangère aux Frs^ncs, quoi<)ue sujette, résisterait apparemment d'une ar« deur moÎQS opiniâtre, et Griffon savait de quel avan* tage il serait pour lui que ses premiers efforts fussent des succès.
II. en fut aimi en effet : la Thuringe, laissée à ellemême , se défendit faiblement , et les deux alliés en eurent promptement envahi d'assez considérables parties. Mais Pépin « quoiqu'il fût encore éloigné ^ ne laissait {)as de leur préparer déjà de gjraves obstacles. En même temps qu'il faisait marcher vers le Rhin une forte armée de Neustriens et de Bourguignons, il travaillait à se ménager, au cœur même de la Germanie , de puissans et secourables alliés. Les Allemands, les Bavarois, les Frisons, lui eussent donné moins d'espérances que de craintes : il n'eût osé recourir à eux. A peine s'il pouvait s'assurer qu'ils n'imitassent pas les Saxons. Mais par-delà ces peuples étaient les Vénèdes , ennemis autrefois des rois de Neustrie, amis aujourd'hui, ou indifférens. Séparés de la frontière des Francs par d'assez vastes territoires, leur ambition et leur jalousie ne s'étendaient plus depuis JongHtemps au-delà des Etats voisins. Ce fut d'eux que Pépin se promit d'avoir l'assistance. Il la demanda ; ils la lui vendirent.
Cent. mille de ces Vénèdes entrèrent inopinément par la' frontière septentrionale des Saxons. Il ne fut jamais ni surprise plus grande,. ni consternation plus profonde. Car de son côté Pépin aussi approchait , et l'on élait faible pour résister à la fois dans la Saxe et