‹ Histoire des FrancsChapitre 207 sur 214 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

Ce prince ) le duc des Saxons aballu, revînt aussiiot vers son frère. Mais celui-ci » toujours résolu et inébranlable , se maintenait dans le poste où il s'était établi» ne recherchant, ni ne refusant le combat. Son projet se découvrait aisément : il ne hasarderait m»^ cl sa résistance , si on Tassaillait, serait inteUigenle, opiniâtre , désespérée. Au nombre « qui lui manquait, suppléeraient l'avantage de la position , la force des retranchemens , le dévoûmcnt intéressé de ses Âus* trasiens, coupables comme lui de rabellion. Pépin s^en inquiéta. L'eml^rras, dans les conjonctures présentes, était moins de vaincre que de vaincre au prix qu'il en coûterait ; ^de combattre contre son frère; de prolonger la guerre civile ; d'irriter encore plus l'orgueU des Âuslrasiens par une défaite. Préoccupé dû grand événement dont il appelait déjà et hâtait le jour, il comprenait que les actes de modération aideraient mieux maintenant à ce difficile succès que les trioiïipbes. Il lui importait de différer au moins et de fein-dre. Qu'exposerait-il? De tous ces peuples qui eussent pu seconder son frère, le seul qui Teût en effet suivi, était désarmé. Griffon, réduit à ce petit nombre de fugitifs qui s'étaient attachés à sa fortune , ne serrait jamais redoutable, en quelque temps qu'on voulût achever sa ruine.

Pépin donc consentit à négocier, ou plutôt il le souhaita. Â son tour Griffon, dans l'état périlleux où étaient alors ses affaires , n'eût pu concevoir de plus favorables vœux. On écouta des deux parts les salutaires conseils de la prudence. On convint de ne p^

combattre. GrifTpn promit de ne pas aller plus avant; Pepiri, de ne pias pousser plus loin ses sticeès. Rien ne se poursuivrait ; mais rien aussi n^était désavoué ni abandonné. L'armée de Neustrie se retirerait ; mais Griffon conservait ses Austrasiens. Il n obtenait point d'établissement ; il ne lui en était pas non plus refusé. On remettait à d'autres temps Texamen et le règlement de ses intérêts. C'était une paix promise plutôt qu'accordée. On ne renonçait pas à la guerre, on l'interrompait.

Toutefois Pépin revint en.Neustrie ; car, durant son absence, son plus important dessein se ralentissait et • périclitait. Sur ces entrefaites mourut, en Bavière, le duc Odilon. Griffon avait long-temps espéré que ce duc, avec lequel il avait eu naguère de si intimes rapports, lui accorderait, comme les Saxons, des secours ^ pour sa nouvelle entreprise. Mais ce calcul , si vraisemblable qu'il fât, s'était trouvé faux. Odilon, se souvenant des malheurs qu'avait attirés sur lui sa précédente tentative d'affranchissement, craignit d'encourir de nouveau la redoutable colère du duc de Neustrie. Hittrude d'ailleurs ne Texcitait plus, comme autrefois , à la guerre; Elle s'appliquait au contraire à l'en détourner. Car depuis la défaite du Lech , elle s'était par degré détachée des intérêts de Griffon, et maintenant elle était réconciliée avec Pépin.

Griffon, que ne retenait plus l'amitié d'Hiltrude, et qu'entraînait bien plutôt le ressentiment' de son infidélité y jugipant l'occasion favorable pour sa vengeanee et pour son ambition,* forma le projet die pro*

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