‹ Histoire des FrancsChapitre 208 sur 214 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

fileL' de la mort du duc, de surprendre la Bavière, et de chercher dans celte province rétablissement que Pépin différait toujours de lui assigner. Hillrude, il est vrai, avait un fils d'Odiloo. Mais Tassillon (ainsi se nommait Théritier du dernier duc) était en bas âge. Un si faible obstacle n'était pas pour décourager celte impatiente convoitise de puissance. Griffon d'ailleurs , né de Sonnéchilde , était du sang des Agilolfingieus, et, par la loi du pays, celte condition suffisait pour prétendre à le gouverner.

Le projet conçu et proposé aux Austrasiens, il fut reconnu unanimement avantageux et facile. On l'embrassa donc, on l'entreprit, on l'exécuta. Tout s'accomplit d'abord comme ils l'avaient espéré. Il avait suffi à Griffon d'être venu. Sitôt qu'il se montra et qu'il dit : « Me voici, moi , le fils tle Charles- Martel et <k de Sonnéchilde, » touteslesvilles lui furent ou vertes, et le tilre de duc ne lui fut plus disputé. Par une autre faveur, ou plutôt une autre dérision de la fortune, Hiltrude et Tassillon tombèrent Iqus deux dans ses mains.

Ce n'était pas ce que Pépin espérait quand il s'était arrêté au pied des retranchemens de Griffon. Il l'y laissait et l'y dédaignait impuissant et abandonné* Et tout-à-coup il le retrouvait souverain , chef d'un peuple ardent à la giierrê, possesseur d'un fceiTitoire étendu , soutenu même par de nouveaux alliéa, car les Allemands s'étaient engagés cette fois dans sa querelle. Si la ligue qu'avait formée Odilon avait élé quelque temps si menaçatUc et si dangereuse, quand

l'Auslrasie servait avec dociiité Carlooian, queseraiice aujourd'hui sous Grifïbu, lorsque les Austrasiens divises n'obéissaient qu'avec répugnance à Pépin ?

Ce prince se repentit alors ; mais qui eût pu prévoir dç si prompts et si prodigieux changemens ? Au moins se promit-il , puisque le mal ne pouvait plus être prévenu, d'y porter de bons et efficaces remèdes. Griffon , qu'il avait imprudemment laissé croître , croîtrait encore plus s'il ne se hâtait. Il le vit bien, et sa résolution fut à l'instant même arrêtée. Mais Vhiverélait survenu, et quelque impatience qu'éprouvât Pépin, il était forcé de suspendre. Griffon cependant, à qui ces délais étaient favorables, n'en profitait pas seulement pour se mieux préparer à la guerre ; il en profitait aussi pour essayer de la conjurer. La Bavière entretenait, depuis Odilop, d'activés relations avec Rome. Griffon, bien loin de les interrompre, les avait rendues plus actives encore et plus fréquentes. Menacé comme il l'était par Pépin, il eut l'idée d'implorer le pape et de solliciter sa médiation. Zacharie, dont cette proposition flattait à la fois l'orgueil et la piété, ne refusa point. Les plaintes de Griffon ne lui semblaient point si injustes ; il condamnait son exclusion ; il délestait cette guerre où deux frères allaient s'engagier ; et, en échange, il ne regrettait point qu'une occasion lui fût offerte d'interposer solenneilemefit son autorité entre deux pnnces. Aus^h déploya^t-il un grand zèle dans l'exercice de ce suprême arbitrage^ Non content des lettres qu'il adressa à Pépin et aux é^êques de Neustrie, il voulut qu'Optât perratt à

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