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LIVRE XII

risait a son tour l'hérésie, maîtresse à Constanlinople? Les intérêts politiques et religieux s'accordaient pour mettre le pape à la merci de ce prince.

Ce fut aussi sur quelle base fonda Pepifi le succès qu'il prétendait obtenir. Rien ne lui manquant plus du côté de la force, et nul autre obstacle ne l'arrêtant que les scrupules religieux du peuple et ses habitudes de fidélité, il imagina d'emprunter à la religion elle-même les moyens de vaincre ces difficultés qui lui. venaient d'elle. Les embarras de Zacharie lui garantissaient sa docilité, et cette docilité, à son tour, les résultats de sa tentative. Par les Sarrasins, les Grecs, les Lombards, il avait le pape ; par le pape , il aurait l'église de France ; par l'église, le peuple et les grands. Quand les papes méditaient eux-mêmes de renier la souveraineté des en;ipereurs grecs, l'époque était favorable pour obtenir d'eux qu'ils approuvassent les changemens de souveraineté.

En ce temps florissait l'évêque de Mayence, Boniface. C'était le plus éclairé, le plus éloquent, le plus religieux , le plus illustre prêtre de France. Son autorité était fort étendue dans cette église, son influence fort grande sur Zacharie, ses conseils puissans sur Pépin. On l'avait vu intervenir, comme légat du siège de Rome(l), aux conciles où s'était réglée, après la mort de Charles-Martel, l'épineuse affaire de la restitution des biens pris à l'Eglise. Depuis 11 s'en était allé prêcher l'Evangile aux idolâtres de la Germanie,

(i) In synodo oui interfuit Bonifacius apostolic» sedis Icgalus. {Capit. incert. ann. cire. ann. 744* Baluze )

él son apostolat avait eu des fruits abondans. Nui au« (re médialeur, s^il conseotattà le devenir, ne pouvait rendre de plus utiles services ; personne ne pouvait persuader mieux par ses exhortations et par son exemple.

Pépin s^était concilié dès long-temps raflection et k reconnaissance de Boniface. Des bienfaits, des b^ Teurs, des témoignages réitérés de considération et de confiance Pavaient insensiblement subjugué. L^appni obtenu pour le succès de ses périlleux travaux parmi les barbares, était encore, pour lui une nou« velle et plus dangereuse séduction. Sa piété même bê* dait à cette excusable faiblesse, et il en était venu an point de ne plus douter que la religion ne fût profondément intéressée à la grandeur de Pépin.

Ce prince donc, sachant les favorables dispositions de Pévèque, arrêta ses vues sur lui, et ne chercha plus d'autres instrumens. Ce fut de lui qu'il fit chois pour informer de ses desseins Zacharie, et le préparer k Tasséntimetit qui lui serait demandé. Les supposa lions de Pépin se trouTcrent justes. Tout ce qu'il proposa à Boniface fut approuvé et exécuté. Cet évèque arvait auprès, de lui un de ses disciples, homme circonspect et habile, et qui lui succéda même pins tard au siège de Mayence. LuUe, tel était le nom du disciple, partit pour Tltalie avec des lettres que Boniface écrivait au pape. Ces lettres, outre les affaires communes dont elles contenaient les détails, contenaient aussi la prière d'écouter favorablement les secrètes coramunicatious qu'ajouterait verbalement l'envoyé^

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