‹ Histoire des FrancsChapitre 22 sur 214 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

bable^ quoi qu^en raconte Frédegaire) qu'elle iiàlerait la chute de Berthoald ; soit plutôt que Thabilç modération de ce maire eût fait espérer avec lui de meilleurs et plus faciles succès, ce fut à ses soins que Ton s^en reipit. Il partit. donc, et craignant sans doute d^irriter ces peuples s'il allait k eux avec un tro]> grand appareil de puissance, il ne se fit suivre que de trois cents soldats .seulement.

Mais Chlotaire n'était pas étranger à ces répugnances et à ces refus de soumission. Il regrettait ces villes encore plus peut-être qu'il n'en était regretté, et attendait impatiemment l'occasion de les soulever ou de les surprendre. Il ne l'avait pas pu ou osé pendant l'expédition de Gascogne , quoique le moment * parût favorable. Mais il était maintenant, ou mieux préparé, ou plus résolu. Les armées d'ailleurs de r Austrasie et de la Bourgogne n'étaient plus unies.

Chlotaire donc , s'effrayant de la tentative de Berthoald , ne douta point qu'elle ne suffit pour étouffer les germes de rébellioi\ qu'il entretenait avqc tant de soin. Il la fallait troubler à tout risque , et il en prit hardiment là résolution. Sans plus de délai , il lève des troupes, les met en marche , et fait occuper par elles la plupart des villes cédées a Théodoric. Son (ils Mérovée, quoique encore enfant, et en très-bas âge , marchait avec celte armée. Landry en avait le ' , commandement.

En ce moment Berthoald , dont aucun soupçon ne troublait la sécurité, s'était arrêté dans la maison royale d'Arèles, et s'y .livrait à l'exercice de la chasse.

HISTOIRE DES FUANCS.

Landry survint tout-à-coup, méditant de l'enveloppei" et de le tuer. Mais ce dessein avorta. Berthoald, quoique surpris, et si faible par le nombre de ceux qui Taccompagnaienl, réussit cependant à se dégager des embûches et de la poursuite de son adversaire. Il s'ouvrit un passage jusqu'à Orléans, et s'y enferma.

Bientôt arriva Landry, qui investit et pressa la ville. Berlhoald, indigné de sa trahison, lui fit l'offre de s'en remettre au jugement de Dieu , et de terminer la querelle dans un. combat singulier. Ce fut sans succès. «Qu'il promette au moins, reprit Berthoald ,, quand ». va venir l'armée de Bourgogne pour tirer vengeance » de cette injuste agression, qu'il promette de se mon- » trer, le jour du combat, vêtu de couleur vermeille » et au premier rang. C'est ainsi que j'irai; j'en donne ix ma foi. On pourra juger qui de nous deux est le )> plus vaillant. » Cette fois, Landry consentit,

-L'armée de Bourgogne marchait en effet. Au premier bruit des provocations de Chlotaire , Théodoric était accouru. Landry à son tour, laissant Orléans, allait au-devant de ce jeune prince pour arrêter ses progrès. On arriva à Etampes. Le Loet, petite ri- . Vrère qui coule en ce lieu, séparait encore les deux armées. Théodoric, impatient de combattre,* entreprit de le traverser. Landry, moins ardent, ne rnit- . d'abord aucun obstacle à sa tentative. Mais quand le tiers de l'armée eut passé, il sortit tout-à-coup de son inaction , et se précipita avec une grande vigueur sur cette troupe isolée qu'il espérait accabler avant que le reste se ralliât et la secourût. Berthoald , fidèle à sa

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