LIVRE VI
promesse, prit place à la tête de ce premier corps, se jetant partout où le combat était le plus animé , cherchant et appelant sans relâche l'ennemi dont il avait reçu le serment. Mais Laqdry ne répondait point. Toutefois Berthoald, se dévouant généreusement pour les siens, soutint long-temps, et avec une admirable vaillance, tout Teffort de Tàrmée de Chlotaire. Aucune crainte et aucun péril n'eurent le pouvoir de le contraindre à céder. Inébranlable au poste qu'il avait choisi, il y mourut, mais ne recula point. Constance admirable ; et qui ne fut point stérile. Car, en même temps, Théodoric désespéré, se hâtait. Ses soldats eux-mêmes, honteux et irrités de ce combat qui se livrait en leur présence et sans eux, franchissaient avec une incroyable vitesse le dernier obstacle qui les arrêtait.. Enfin ils eurent gagné l'autre rive,. et c'en fut assez. Leur présence suffît pour faire changer la fortune. L'armée de Chlotaire, épuisée par l'héroïque résistance de Berthoald, n'osa pas même entreprendre de l'imiter. Victorieuse un moment, en un moment elle fut vaintue^ Le champ du combat fut couvert de morts qui ne s'étaient pas défendus. Landry lui-même s^enfuit , laissant le mall>eureux fils de son roi entre les mains des vainqueurs. Le lendemain, Théodoric entrait dans Paris^
Pendant ce temps, le roi d'Austrasie, que son frère avait appelé, arrivait lui-même à Compiègne avec une armée. C'en était fait de Chlotaire. Mais par un étrange et subit changemeni des esprits et des intérêts, ce qui Favail abattu servit à le relever ; de sa
ruine même sortit son salut. Cette victoire d^Elampes, obtenue sans Théodebert, offensa et effraya ce jeune prince. On s^en servit avec habileté et avec succès pour lui inspirer de la jalo.usie et de la méfiance contre son frère. On le lui fit craindre enorgueilli de ses avantages, et affectant désormais une injurieuse su* périorité» Que serait-ce, poursuivait-on,* si rentière chute de Chlotaire venait augmenter encore sa puissance, et faisait perdre tout moyen de la balancer? Cçs insidieuses suggestions fructifièrent. De nouveaux desseins prévalurent dans les consçils de Théodebeï*t, et tout-à-coup, au lieu d^une dernière et décisive action, où devait la fortune du roi de S oissons. acheverde s'anéantir, contre toute espérance un traité de paix rend à ce prince l'alliance de TiVustrasie , et l'enlève' à Théodoriç. Une défection si précipitée ne pouvait manquer de produire de grands résultats. Elle en eut dé nombreux en effet, et de funestes. Mais le premier semblait favorable : Théodoriç délaissé accorda lui* même la paix au roi de Boissons»