LIVRE VI
dèrent. Ne pouvant donc leur apporter ses ordres lui-même, il leur envoya Uncilène, chargé de leur dire en son nom qu^ils s'éloignassent, et qu'ils cessassent de menacer le maire de son palais. Ce fut en vain; il était trahi. Bien loin de transmettre les ordres du roi , Uncilène en supposa audacieusemeht de contraires. Il annonça aux soldais que Théodoric leur accordait la mort de Protade. Ces funestes mots prononcés, les soldats, ne croyant plu; qu'obéir, se précipitèrent en foule sur la tente, la mirent en pièces avec leur épée, et tout aussitôt Protade fut mort.
Théodoric n'était plus libre de suivre ses résolutions. Il dissimula et céda. On 6t la paix sans avoir seulement commencé la guerre. Les deux armées furent en présence et ne combattirent point. Les princes se séparèrent, en apparence réconciliés , en réalité plus irréconciliables que jamais.
Quelques mois passèrent ainsi , pendant lesquels Brunehault et Théodoric ne laissèrent éclater aucun dessein dé punir la criminelle violence qu'on leur avait faite. Mais cette feinte mansuétude eut enfin son terme. Le patrice Wolf , l'un des principaux instiga-' teurs de la révolte, fut puni de mort. Uncilène, peutêtre plus malheureux , eut les pieds coupés , et fut dépouillé de ses biens. '
4i HISTOIRE DES FRANCS.