LIVRE VI
âant, et Bandulf, Fun de ces leudes^ le mena en exil dans la ville de Besançon.
L'abbé s'obstinait dans sa résistance. Comme on usait de ménagemens envers lui dans son exil , il en profita et s'enfuit. Il revint k Luxeuil. Le roi, irrité, y envoya aussitôt le comte Berthaire avec une troupe de soldats. Ceux-d, l'exhortant d'abord à la soumission, le pressèrent avec de vives instances de retourner volontairement dans le lieu que le roi lui avait assigné pour exil. Mais lui , toujours plus opiniâtre : « Je 9 ne crois point, leur dit-il, qu'il soit agréable à Dieu 9 que j'aille de nouveau dans une ville dont je ne suis 9 sorti que pour obéir à la voix du Christ. » On per« sista ; il ne fléchit point. Cependant les ordres du roi étaient rigoureux et ne souffraient point de retarde mens. L'abbé reconnut enûn que s'il la rendait nécesi saire on ne craindrait plus d avoir recours à la violence. Alors il se résigna. Mais, pendant qu'il prolongeait ses refus, Berthaire était retourné vers Théodoric, et de nouvelles dispositions avaient été prises. Ce n'était plus d'un exil temporaire et dans l'une des villes du royaume, qu'il était question ; mais d'une expulsion ir^révocable hors de toutes les terres de la dépendance du roi. Colomban donc fut conduit à Nantes oà il s^mbarqua avec le dessein de se réfugier en Irlande. Mais, repoussé de cette côte par une tempête, il tourna vers Fltalie et y fonda une nouvelle abbaye au lieu de Bobbîo.
Si Vùn considère l'esprit de ce siècle. Influence ^exerçaient les hommes voués au service de Dieu ,
là réputation de sainteté qu avait déjà Colomban, oh ne doutera guère que cette .longue et éclatante résistance, cette condamnation répétée des attachemens de Théodoric, ces malédictions et ces prophéties prononcées contre lui-même et contre sa race, n'aient troublé les sentimens du peuple, et, en accréditant Topinionque les enfans du roi ne régneraient point , n'aient contribué en effet à les empêcher de régner.