‹ Histoire des FrancsChapitre 32 sur 214 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

échue à l'Âustrasie après la bataille de Dormelle.

Ces précautions prises, Théodoricne balança plus. Son armée était convoquée à Langres. Sitôt qu'elle fut réunie , il païtit et se dirigea par Andlaw sur la TÎUéde Naz (1) dont il s'empara. De Naz , il marcha surToul. Il avait prévenu Tarmée d'Austrasie, mais de quelques jours seulement. Cette armée était déjà sortie de Metz, et^ comme il débouchait dans la vallée de Toul , elle atteignait elle-même les coteaux qui la dominent. On fut peu de temps sans combattre. Il y avait des deux parts trop d'impatience et de haine ; de si ardens ennemis ne s'évitent point. Ils se précipitèrent ; les efforts et l'acharnement furent pareils , mais non les succès. La fortune cette fois prit parti pour la meilleure et plus juste cause \ elle donna la victoire à Théodoric. Les troupes d'Auslrasie furent taillées en pièces , et leurs débris mêmes se dispersèrent. On eût inutilement cherché cette armée) elle n'était plus.

Théodebert était vaincu , mais vivant. Il réussit à se dégager de ceux qui le poursuivaient ^ et rentra dans Metz. La consternation y était profonde; on allait être assiégé , et l'on n'avait plus de soldats. A quelle résolution s'arrêter? S'il se laissait enfermer dans la ville , la perte du roi était infaillible. 11 se mit donc à fuir de nouveau , et n'ayant plus d'espérance que dans ses troupes de l'autre rive du Rhin , il tra* versa les Vosges , et ne s'arrêta qu à Cologne.

(i) Ou Naiz. Ce n'est pi a« qu'un villag^e.

Les Bourguignons le suivaient. Le saibt évéfjufe Léonise était venu de Mayence au-devant de Théodoric ^ et lui avait dit : «c Achève ainsi que tu as com^ 9 menée; la nécessité t*y oblige. Ecouté celte fable i • et n^en méprise pas la leçon : Un loup avait sa re^ » traite sur une montagne ; ses enfans étabt devenus 9 grands, voulurent essayer leUribrce et commencer » à chasser. Le loup les Gt monter au plus haut de la » montagnci et leur dit : Regardez de tous côtés^ mes » Ênfans ; aussi loin que voire vue puisse s^étendi^ ^ 9 il n'y a pour vous que des ennemis. Commences B donc ; mais sou venez* vous qu'il vous faudra pour- » Suivre et finir. »

Théodoriç n'avait point d'aUlre dessein» Son armée franchissait déjà les Ardennes, et en peu de jours elle vint camper à Tolbiac. Mais Théodebert avait déjà une armée^ Les Thuringiens, les Bavarois» les Saxons^ tous les tributaires de la rive droite du Rhin lui avaient envoyé leurs soldats. Il sortit donc de Cologne) non Itioins redoutable qu'à Toui, et plein d'espérance. Au bruit de sa marche ^ Théodoriç suspendit la sienne. S'il était vaincu , il ne se serait que trop avancé; s'il triomphait, la victoire lui ouvrirait et abrégerait tous les chemins. Ce fut donc à Tolbiac ^u'on Se reticontra , dans la même plaine où s'étaient décidées les grandes destinées deChlovis. Le nombre des combattans était immense ; leur ardeur, furieuse et infatigable. Les Germains de Théodebert, plus impétueux , avaient l'avantage que donnent une grande force de corps et une taille élevée ; les Bourguignons

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