LIVRE VI (610.618); Sd
de Théodoric , plus dociles à la discipline, ne leur cédaient point en courage ^ et remportaient par rexpérience de la guerre. On n'avait pas vu de long-tempâ une si longue çt si terrible bataille. Tous comprenaient que ce serait la dernière , et qull s*y agissait de Tempire, On ne combattait pas seulement pour vaincre , mais pour ne pas cesser de régner. Le choc en quelques endroits fut si rapide et si violent, que la place manquait pour se mouvoir et pour faire usagé de ses armes. Il n'y avait de champ ni pour l'attaque , ni pour la défense; ni pour le courage, nî pour la peur. On mourait sans blessure; on expirait sans pouvoir tomber, tant étaient pressés ces rangs dé cadavres (1). Toutefois, et après d'incroyables vîcissî-f tudes d'heureux et de contraire succès, les Germains, moins persévérans , se lassèrent. îls fléchirent , mais sans se rompre ; ils reculaient , maïs ne fuyaient pas» Ce ne fut , jusque sous les miirailles de Cologne, qu'une longue succession de combats et une effroyable continuité de massacres. L'épéè fit en celte bataille ce qu'avait fait la fuite à celle de Toul; Tar* mée de Théodebert était comifne anéantie.
Ce malheureux prince s'était jeté dans Cologne ,
(l) Frédegaire. ^- La même chose arriva à la bataille de B^Osbec, eil i38a. « Là fut un nions et un tas de Flamands oocis moult long et » moult bault; et de si grand foison de gens morts comme il y ot là, on » ne vit oUcqUes si peu de sang issir (]u*il en issit, et c^estoit au moyen de 31) ce qu'ils estoient beaucoup d^esteints et estouffés dans la presse. .. Ce s Philippe d'Arte?elie, on trouva qu'il n'avoit plaies nulles du monde, » dont il fut mort, si on Teust pris en viej mais il filSt eStelnt etl la m presse... 9 (Froissart, liv. 2, chap. 297 et 198.)
résolu d'y prolonger la lutte et de s*y défendre cou* rageusement. Mais la ville -était déjà investie, et Théodoric faisait d'horribles menaces, a Elle périrait par 9 le feu, et ses habitans par le fer. Nulle espérance de » grâce , à moins que , mort ou vivant , le roi d'Aus- » trasie ne fut livré à son ennemi. » Il le fût. Quelques-uns de ses serviteurs le tuèrent , et les habitans jetèrent du haut de leurs remparts sa tête à Théodoric. Il av3it un fils , tout jeune enfant, qui se nommait Mérovée. Son âge eût suffi, à défaut d^autre titre , pour le récommander à la pitié. Il n'en obtint pas. Sur un signe du roi de Bourgogne, un soldat le saisit par les pieds, et le lança violemment contre une muraille. La tête fut brisée, %t il n'y eut plus, pour hériter de Théodebert, que le meurtrier de son fils.
Quelques-uns font d'autres récits. Suivant eux, Théodebert était sorti de Cologne et avait traversé le Khin. Berthaire, envoyé à sa poursuite, l'atteignit et le ramena. Traîné devant son frère, celui-ci lui fît couper sa chevelure, le dépouilla des ornemens de la royauté, et l'envoya captif à Châlons (1). D'autres vont plus loin : Théodebert, trahi par les siens, disentils , tomba au pouvoir de Théodoric. Théodorîc l'envoya à Brunehault; Brunehault le fît enfermer dans un monastère, et à peine s'était-il écoulé quelques jours, que non contente de cette dégradation, elle donna ordre de le mettre à mort (2). Lequel de ces
(i) Frédegaire.
(a) Jonai.