‹ Histoire des FrancsChapitre 46 sur 214 · TROUBLES DE BOURGOGNE · texte numérisé non relu

TROUBLES DE BOURGOGNE

Le moment d'ailleurs était peu favorable à ce difficile dessein* La Bourgogne, encore agitée des troubles récens dont elle avait été le théâtre, se fût malaisément résignée à de nouvelles extensions de la puissance royale. Ce quWigeaient alors les dispositions de ce peuple, était qu'on le satisfît et qu'on l'apaisât. Lui manquer de foi, c^était manquer de prudence. Car les événemensles plus dangereux venaient à peine d'éclater dans ces provinces ; les uns par d'audacieuses révoltes , les autres par de secrètes et profondes conjurations. Le duc Herpon , à qui avait été donné te gouvernement de la Bourgogne-Transjurane, était un chef courageux , actif et sévère. De grands désordres désolaient ce pays ; il entreprit de l'en délivrer. Il y réussit un moment , mais par l'habileté moins que

par la crainte. Il effraya et ne soumit point. Ilinterrompit, les progrès apparens <lu mal , mais en, en multipliant les causes. Il châtia impitoyablement quelques coupables, et ne fit guère autre chose qu'étendre le nombre de ceux qui brûlaient de le devenir.

Avec lui se trouvait alors dans cette contrée un homme de grande naissance et d^atnbition non moins grande; insidieux, persévérant, doué de quelque adresse et de quelque audace. Cet homme était Aléthée , qui descendait des anciens rois bourguignons , et que ses talens pour la guerre avaient déjà élevé à la dignité de patrice. Ennemi secret , quoique naturel , d^une race qu il accusait non injustement d'avoir dépouillé la sienne , les révolutions auxquelles il venait d'assister avaient excité en lui de vives et hautes espérances. Il avait vu avec joie ces coups redoublés de la mort , par qui avait à la fois et subitement disparu toute la descendance de Sigebert. Il ne lui fallait plus qu'une dernière faveur de la fortune pour que ce glorieux sang de Chlovis achevât de s'épuiser dans Chlotaire. Roi de Bourgogne alors , car c'était son droit, qui pouvait dire s'il n'obtiendrait pas aussi de régner à Boissons et en Austrasie ?

Confident de l'ambition d'Aléthée , un évêque l'encourageait de son suffrage et de son appui. N'avait-il été entraîné que par l'évidence des titres du patrice , ou ne cédait-il point à son tour à quelques mouvemens d'ambition? Il se nommait Leudémond , et son siège, qui était celui de Sion, le rendait puissant dans cette partie de la Bourgogne. Leurs premiers efforts , car

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