‹ Histoire des FrancsChapitre 47 sur 214 · LIVRE VII (615r · texte numérisé non relu

LIVRE VII (615r

ils étaient contraiùts cle temporiser, n'eurent pour objet que de s'affermir dans cette jprovince, et d'y commander sans partage. Profitant donc des ressëntimens qu'avaient excités les inflexibles rigueurs de Herpon,ils eurent Fart de les fomenter sans se découvrir, et de les conduire rapidement au plus haut degré de violence', en affectant toutefois un grand zèle à les comprimer. Bientôt l'irritation publique né pouvant plus croître, il ne resta guère qu'à la laisser éclater, et à lui imprimer une direction favorable. Le succès répondit pleinement à leurs espérances : le peuple se souleva ; Herpon, ne prenant conseil que de sa colère, courut témérairement à la rencontre des séditieux , méprisant leur nombre et se fiant sur leur lâcheté. Eux , à leur tour, fidèles aux secrets a vertissemens qu'ils avaient reçus , s'attachant à lui seul , négligeant et épargnant tout ce qui suivait, ils l'enveloppèrent, Taccablèrent et le laissèrent sans vie.

Chlotaire, au premier bruit de cette révolté, vînt aussitôt en Alsace, dans sa maison de Marlenheim, et de là il fit marcher un corps de soldats qui pénétra prômptement dans les provinces soulevées. La résistance n'y. fût pas opiniâtre. La mort de Herpon avait satisfait et épuisé la haine du peuple. La causé de la sédition ayant disparu , il n'y en avait aucune autre pour l'entretenir. Eh peu de jours donc, le pays rentra dans l'obéissance ; mais le roi irrité le châtia rigoureusement, et des supplices nombreux expièrent ce court et insuffisant essai dé rébellion. Chlotaire se félicita , ne doutant point d'avoir pleinement triomphe

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de ses ennemis. C'étaient ses yras eonenis au eon* traire, qui reeoeillaient le finit de ces désorcfres. Car lliabilelé et la dissimulation d'Alélbée forent si grandes , qu'aucune révélation ne tradiit son crmie , et que le roi, dont rien n'a^mt éreiUé k méfiance, fit choix de lui pour succéder à Herpon.

.C'étaft un important et profitable suceès. Mafire ainsi des proTinces les plus reculées , du pays le plus diflBdle , du peuple le plus mécontant et le plus guerrier, si Favenir lui devait amener des diances heu* reuses, le patriœ les pourrait saisor avec hien plus d'avantage et de promptitude. L'ouvrage serait déjà fait à moitié le jour quil l'entreprendrail , et de cette portion de la Boui^jogne où serait d'avance étabhe son autorité, elle passerait et s'étendrait aisément dans l'autre.

Mais ce succès trop heureusement obtenu accrut à l'excès sa sécurité ^ et déconeerta sa prudence. Une dangereuse impttienoe se saisit de lui : il ne lui suffit plus d'être préparé aux événemens; il les voulut préparer eux-mâoEies. Il voulut afIaiMir prématurémant les obstades que lui devait, en toute fortune, opposw la cour de ScMssons. Même il alla jusqult croire possible et facile de changer ces obstacles en moyens nouveaux.

Un bruit s'était répandu, peut<4tre fwCuitenient et sans cause, peut-être par des voies et dans des vues coupables, que la mort du roi ap]Mt>chait, et qu'avant l'année finie il ne serait plus. C'âait une menace , une prédiction , un avertissement infaillible. On s'en

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