‹ Histoire des FrancsChapitre 51 sur 214 · LIVRE Vu · texte numérisé non relu

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politique, ni sûr d'en refuser l'offre. Adalulf fut donc appelé et dut prouver par l'épée la sincérité de son témoignage. Piton aiî contraire, parent et champion de la reine, dut faire éclater par la mênie preuve la fausseté de l'accusation. La force et le succès,- celte fois, furent du côté de la justice. Adalulf vaincu reçut la mort de Piton , faible et tardive expiation de son audaciei^se imposture ; et Gondeberge, enfin délivrée, recouvra sa bonne renommée et son rang. Il en revient quelque gloire au roi Chlotaire.

Mais d'autres épreuves étaient réservées à Gondeberge. Le duc de Toscane, dont on avait cru qu'elle favorisait la révolte, avait succombé par les déloyales embûches du palrice grec qui commandait à Ravenne, et dont le roi lombard avait secrètement acheté l'appui. Ce roi lui-même , à peine délivré de ^on ennemi, avait été inopinément surpris par la mort. Gondeberge, soit parce qu'elle était fille d'Agilulph, soit à cause de ses vertus et de ses malheurs, avait acquig beaucoup d'ascendant et d'autorité. On lui laissa lé pouvoir de disposer de cette couronne. Elle appelai donc le duc Rotharis , et , se donnant à lui , elle le fît roi. Mais ce |)rince altier ef voluptueux, oubliant bientôt de qui sa grandeur était l'ouvrage, ne paya ses bienfaits que par des mépris. Reléguée dans uii appartement écarté du palais de Pavie , rien ne rappelait plus qu'elle fût reine, et sa vie n'était ni moins solitaire , ni plus honorée qu'elle ne l'afvait été dans la tour délabrée de Lumello. Ce fut encore uti ambassadeur de Chlotaire qui la secourut et la délivra. Au-

loi HISTOIRE DES FRANCS.

bedon , que ce prince avait envoyé chez le» Lombards , sut inspirer à Rotharis de vives et favorables appréhensions. On s'effraya des mécontentemens du roi franc; et , pour la seconde fois , Gondeberge redevint, par lui , lîbrfe et reine.

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