LES BRETONS. LES WARNES
La déroute de Trouci interrompait les desseins du roi Childebert ; mais les lui faisait-elle oublier? Suffisait-elle pour lui ôter cette supériorité de puissance qui encourageait son ambition ? Etouffait-elle en lui la vengeance , quand elle en augmentait le besoin ?
Mais d'autres guerres survinrent , qui détournèrent encore quelque temps Tinquiète activité de ce prince. Les Bretons, conduits toujours par Waroch, vinrent insulter ses frontières. On a supposé, non sans vraisemblance, que Frédegonde avait sollicité cette diversion. Un intérêt pressant le lui conseillait, et ses secrètes relations avec Waroch lui en offraient dé nombreux moyens. L'entreprise toutefois n'eut d'heureux succès que pour elle. Childebert était accouru ; un combat long et furieux s'engagea; l'ardeur était grande ; les pertes furent immenses. A qui resta la victoire ? On l'ignore. Quelle fut la fin de la guerre? On ne le sait point. Mais les Bretons ne reculèrent point leurs limites , et ne renouvelèrent plus leurs incursions : n'est-ce pas la preuve qu'ils étaient vaincus?
L'année suivante ce furent les Warnes qui provoquèrent et retardèrent Childebert. Ce peuple était de race germaine. Il occupait une assez étroite contrée, entre l'Océan et l'Yssel, au-delà de la dernière bouche