‹ Histoire des FrancsChapitre 7 sur 214 · LIVRE VI (S9S-S · texte numérisé non relu

LIVRE VI (S9S-S

du Rhin. Dépendans autrefois des rois de Thuringe , ils payaient maintenant tribut à ceux d'Austrasie. Us se soulevèrent. Quelles furent les causes, les vicissitudes, la durée du soulèvement? Je ne puis le dire. J'en connais seulement la fin. Ils furent vaincus, vaincus encore, et exterminés. Ce fut à peine si de tout ce peuple il resta son nom.

Il n'avait eu ni éclat ni force : le temps eut bientôt effacé ses annales. Un souvenir cependant en a été recueilli, qui a de l'intérêt et ne nous est pas étranger. Du temps que Théodoric, 61s de Chlovis, régnait en Austrasie, les Warnes avaient un roi du nom d'Hermégiscle. La femme de ce prince mourut, laissant un fils à qui avait été donné le nom de Radiger. Hermégiscle, devenu libre, en profita pour fortifier son alliance avec l'Aùstrasie. Théodoric avait une fille ; il la demanda et l'obtint. En même temps il faisait demander pour son fils, la sœur de l'un de ces princes, successeurs d'Uffa, qui régnaient dans la Grande-Bretagne sur les Angles (1). On la lui avait accordée, et rien

(i) Procope, de qui nous en tenons le récit, ne donne point le nom de ce roi des Angles.

C'est le docteur Lingard qui dit que ce prince était l'un des successeurs d'Uffa.

On pourrait croire alors que c*était Redowald , le deuxième des successeurs . d'Uffii , lequel eut en .e£fet assez de puissance pour entreprendre l'expédition contre les Warnes.

Mais quoique f aie suivi Topiàion du docteur Lingard, j'y trouve pourtant des difficultés.

Car Uffii , sll en faut croire Rapin de Thoyras , mourut en 678 ; et Théodoric était mort depuis 534; Théodebert, son fils, éUit mort luimême depuis 548.

ne devait plus, à ce quil semblait, mettre obstacle à cette union , quand tout-à-coup une maladie grave le saisit. Les progrès en furent rapides. Bientôt près* sentant la mort, sa prudence lui suggéra de nouveaux desseins pour mieux garantir la sûreté de son jeune Gis et de son peuple. Appelant donc ses principaux serviteurs : « La paix vous est nécessaire, leur dit-il; » c'est pourquoi je m'étais allié avec les rois francs , i»- et m'allais allier encore avec ceux des Angles. Ma » mort rompra la première de 'ces alliances ; la se- » conde alors vous sufBra-t-elle? Songez quelle est la » puissance des Francs , et que le Rbin seul vous sé- » pared^eux. Les Angles, plus faibles, ont aussi de » plus difficiles barrières : l'Océan est entre eux et » vous. Renoncez donc au traité que j'ai conclu avec B eux; et quand ma mort sera arrivée, au lieu de » renvoyer la fille de Théodoric chez les Francs, don* » nez-la pour femme à mon fils. Les Angles ne vous » protégeraient pas contre l'ambition de l'Austrasie ; » l'Austrasie vous aidera sans peine à braver les res* v sentimens des Angles. »

Les craintes de ce prince n'étaient pas vaines : il mourut. Les Warnes alors i se souvenant du conseil qu'il avait donné , renoncèrent à l'alliance des Angles 9 et la veuve d'Hermégiscle ent'^a dans le lit de Radiger. Les Angles ressentirent vivement cet outrage. Résolus de se venger, ils armèrent. Un vent favorable porta leur flotte dans l'embouchure du Rhin. Il n'y eut , à leur débarquement, ni combat ni obstacle : les Warnes n'avaient rien prévu.

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