RÉVOLTE DES GASCONS ET DES SAXONS
Les Gascons , desceûdus yictorieux et libres des sommets de leurs Pyrénées , portaient indocilement le joug que leur avaient imposé , aux lieux mêmes de leurs victoires et de leurs conquêtes, les succès tardifs des rois Théodebert et Théodoric. Relégués aux confins les plus reculés de Tempire, cet éloignement, qui les protégeait , tentait incessamment leur vieille ardeur de guerre et d'indépendance. Ils attendaient , toujours menaçans , Toccasion de redevenir maîtres et de cesser d'en avoir. Ils la crurent venue en ce temps. Chez, les Francs eux-mêmes , quelques chefs et quelques évêques favorisaient secrètement la rébellion, Chlotaire d'ailleurs était peu redouté k la guerre^ et Dagobert, séparé d'eux par de* si longues distances, allait voir éclater autour de lui des périls qui l'arrêteraient infailliblement sur les bords du Rhin.
Us se soulèvent donc et courent aux armes ; ils refusent le tribut et répudient l'obéissance du roi franc. Mais cette entreprise ou mal concertée, ou faiblement soutenue, n'obtint qu'un succès passager. Surpris d'abord et vaincus , les Francs revinrent plus confians , et vainquirent. Leur domination, à peine ébranlée, se raffermit; le joug, qui ne se brisait pas, devint
plus pesant , et dans cette imprudente tentative pour leur liberté , les Gascons en perdirent jusqu'à Fespérance. L'évéque d'Eause et Pallade, qu^on accusait d'intelligences Coupables avec eux , en furent punis par TexiL
En même temps que les Gascons succombaient, les Saxons, autres tributaires, faisaient, k l'extrémité opposée des Etats francs , de puissans efforts pour s'affranchir à leur tour et se relever de leurs longues humiliations. Le duc Berthoald, qui régnait sur eux, avait d^abord engagé dans son entreprise plusieurs autres peuples germains. Ensuite , la ligue conclue , pendant que ses préparatifs de guerre s^achevafent, il envoya vers Chlotaire pour lui apporter la résolution des Saxons , et lui proposer de renoncer volontairement au tribut. L'exempte et le bon succès des Lombards lui faisaient peut-être espérer quelque acte pareil de condescendance et de faiblesse. Mais bien loin de là, Chlotaire , maintenant plus libre et mieux adermi, n'accueillit qu'avec de dures menaces l'arrogante déclaration de Berthoald. Son indignation fut même si grande, qu'il fît saisir les malheureux envoyés, et voulut un instant les faire mourir. Il ne fallut rien moins, pour les préserver, que leur pi*ompte conversion au christianisme, et les pieuses importunités du saint évêque Faron.
Le duc cependant hâtait ses desseins. Déjà ses nombreuses troupes sont réunies; la guerre côm* nience ; TAustrasie transrhénane en soutient mal le j[)remier elTort ; les Saxons avancent ; de cruels ravages