‹ Histoire des FrancsChapitre 8 sur 214 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

L'armée dès Angles avait deux chefs : Tun élait la princesse même^ fiancée au roi Radiger ; l'autre était un jeune frère de cette princesse. Celle-ci resta sur la flotte avec une faible partie des troupes'; l'autre partie , ayant le prince avec elle, entra rapidement dans le pays , et chercha l'armée des Warnes. Ils se rencontrèrent ; ils combattirent ; les Angles furent victorieux. Mais le$ vaincus se retirèrent dans des terres marécageuses, couvertes de forêts, presque inaccessibles.

M 'osant donc aller plus avant , les Angles , chargés de butin, reprirent le chemin de la flotte. Mais quand ils y arrivèrent: « Pensiez-vous avoir achevé? leur » dit la princesse. M'amenez - vous Radiger? M'api> portez-vous sa tête? N'avons -nous passé l'Océan » que pour du pillage , et pour assister à la fuite de 9 notre ennemi ? Nous sommes venus pour être ven- » gés! Retournez donc. »

Ils obéirent, combattirent de nouveau , triomphèrent de tous les obstacles , et leur fortune fut si heureuse , que Radiger tomba vivant dans leurs mains. On l'amena , chargé de chaînes , aux pieds de son ennemie. «Quelle raison avais-tu de manquer à ta foi ? » lui demanda-t-elle. — L'ordre de mon père, ré- » pondit le prince, et la prière des miens. Mais que » t'importe? Je suis en ton pouvoir ; venge-toi. — La » vengeance que je veux, reprit la princesse, la voici : » tu chasseras ma rivale , et tu me rendras sur ton » trône la place qui était à moi. o Ce fut en effet à ce prix que se racheta Radiger. L'histoire n^a pas raconté comment il satisfit l'Austrasie.

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