LES WISIGOTHS. — LES BULGARES
D'autres affaires^ venues également du dehors, occupèrent dans le même temps le gouvernement de ce prince» Une révolution se préparait chez les Wisigoths. Aux paisibles règnes de Sisebut et de ^.écarède avait succédé le règne plus glorieux, mais moins favorable au peuple, de Suintila. Ceux des Gascons qui étaient encore de ce côté des Pyrénées avaient été subjugués , et ce qui restait de Romains en Es^ pagne en avait été chassé sans retour. Mais il se rencontre de fatales et mémorables époques où la gloire, sur qui d'ordinaire s'appuient les rois, ne suffit plus elle-même à les protéger. Celui-ci, de sévère humeur
et de volonté inflexible, avait déjà, par rexcè$ de ses exigences et de ses rigueurs, perdu la meilleure part de l'afïectiÔD de ses peuples. Une dernière impru« dence acheva de les soulever contre lui* Il avait un fils, et souhaitait avec passion qu'il portât k son tour la couronne. Mais Ton affirmait chez les Goths que la royauté y était élective, et Ton citait quelques-uns de leurs grands qui ne craignaient point d'élever jus^ que-là leur ambition. Sachant leurs desseins et cherchant le moyen de les prévenir, Suintila, bien quQ son fils fût en très-bas âge, conçut la pensée de Tassocier immédiatement à la couronne et de le faire recQQnailre pour son successeur.
Il Pavait résolu, il Texécuta. Mais dès ce moment, les factions, devenues plus fortes par l'acte même qui devait, croyait-on, leâ dissoudre et les désarmer, s'autorisant de cet acte , le travestissant en usurpation, s'en faisant, à force d'artifices et de persistance, comme un légitime et invincible grief, les factions agirent, grossirent, et en vinrent au point de tout espérer et de tout oser. Mais quel temps dioisir? Il leur fut facile de reconnaître que tout retard serait périlleux, soit que l'enfant acquérant de l'âge parût aux soldats moins indigne de leur commander et de les conduire; soit que lé peuple, s'accoutumant à lui donner le titre de roi, n'eût plus la même ardeur pour l'en dépouiller. Toutefois la résolution prise, il restait encore de graves difficultés pour l'exécution. On craignait l'armée qui avait vaincu sous les ordres de Suintila, et qui voudrait infailliblement le