LIVRE VIII (G3I
défendre. On n'osait lever soi-même des troupes qui seraient cerlainement taillées en pièces avant d^avoir eu le temps de se réunir. On eut la pensée de tenter ravarîce de Dagobert et d'acheter son secours.
Ils avaient parmi eux un homme de noble extraction, puissant en richesses, renommé pour d'éclatantes actions de guerre, entreprenant, artificieux, plein d'habilelé. Il se nommait Sisenand. C'était lui qui réunissait maintenant les suffrages et qui devait être fait roi. Ce fut lui aussi qui fut député chez les Francs. L'or qu'il apportait et qu'il proposait per^ siiada facilement Dagobert. Il offrait de plus, l'expédition achevée, de livrer à ce prince un bassin d'oi^ d'un poids prodigieux (1) et du plus rare travail, dont Aétius avait fait don autrefois à leur roi Thorismund. Le traité se conclut : Dagobert promit de seconder Sisenand ; Sisenand promit , outre les trrbuls stipulés, d'être h toujours le docile allié de Dagobert.
On leva donc deux armées : l'une, plus forte, mais qui s'assemblait en Bourgogne, lieu bien étrangement choisi si l'on avait sincèrement résolu qu'elle entrât en Espagne ; l'autre, plus faible, mais qui se formait dans l'Aquitaine avec les troupes déjà employées à la garde de celte province. Deux comtes, Abundantius et Vénérande, en avaient le commandement. L'ordre reçu, ils partirent ; laissant derrière eux l'armée de Bourgogne, plutôt destinée, il le faut croire, à épouvanter qu'à agir. A peine si le passage des Pyrénées
(i) Il pesait cinq cents livres d*or. (Frédegaire.)