MORT DE DAGOBERT
Cependant les Vénèdes , cet infatigable et étrange peuple, qu'une épée de marchand avait subitement élevé, de la servitude des Awares, au pouvoir de braver l'empire même des Francs, les Vénèdes n'avaient point interrompu leurs incursions, el ils les renouve* laient chaque jour avec le même succès. Les promesses dés Saxons n'étaient ni assez puissantes , ni assez fidèles. Dagobert avait bien envoyé Radulf en Thuringe , et l'avait constitué duc de cette province ; mais Radulf, venu d'Austrasie, n'avait guère moins d'ambition que d'habileté. C'était un dangereux serviteur, et qui ne résistait aux Vénèdes qu'autant qu'il était nécessaire pour lui et pour sps propres desseins. De son côté l'Austrasie , toujours plus découragée et plus mécontente , montrait peu de zèle a venger les injures d'un prince qui l'avait quittée depuis quelle lui avait conquis deux autres royaumes. Elle murmurait d'être sans roi , et de supporter tant d'exactions pour subvenir aux magnificences dont profilait et se glorifiait la Neuslrie. Peut-être aussi jugeait-elle qu'à force de pertes et de défaites , comprenant enfin l'inutilité de ses tentalives pour proléger , du fond de son palais de Clichy, des frontières si étendues et si éloi-