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LIVRE IX

excUë Dagobert à sa coupable entreprise contre son frère, sOu de ne Ten avoir pas détourné. Mais c'étaient les seules taches de sa vie , et ses vertus avaient tant d^éclat , que la voix du peuple le mit au nombre des

saints.

Pépin avait eu pour femme Ideberge » née en Aquitaine de l'une des plus riches et plus nobles races de cette province. Ideberge lui avait donné trois enfans : Gertrude , sainte fille , qui se voua à la virginité et à Dieu ; Begga , qu'épousa le duc Anségise , union féconde et de qui allaient naître des rois; Grimoald enfin, homme vaillant, ingénieux et habile, mais téméraire , perfide et ambitieux , aimant la vengeance même au prix du sang , et la puissance même au prix de la trahison. Quand il eut vu que les jours de Pépin déclinaient , il n'hésita point et embrassa hardiment Tespérance de succéder à sa dignité comme à ses biens. L'ascendant de son père était alors si puissant, que cette étonnante prétention semblait n'avoir plus rien que de naturel et de légitime. Grimoald d'ailleurs s'était concilié l'affection des principaux chefs de Farmée. Enfin Chunibert vieillissant n'osait réunir en lui seul un pouvoir toujours partagé, et n'imaginant rien de plus sage que de maintenir autant qu'il était possible les combinaisons et les influences déjà établies , afin de s'assurer le concours des anciens amis de Pépin , il approuva et favorisa l'imprudente élévation de son fils. Grimoald donc hérita de l'office et de la puissance de son père. 11 fut maire du palais , non pour des services qu'il eût rendus , ou pour des talens

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dont il eût' fait preuve, mais parce que Pépin l'avait été. Cette dignité déjà si grande , depuis que Wajmachaire Pavait fait déclarer irrévocable, le devenait démesurément maintenant qu^elle se constituait héréditaire. C'était le dernier progrès pour atteindre à la royauté, ou plutôt c'était la royauté même, où ne manquait plus que le nom. Ainsi s'accomplissait , en Austrasie et par Grimoald , le dessein tenté autrefois en Bourgogne, et où Godin avait échoué.

Mais, à son tour, !y£ga déclinait. Une fièvre ardente le consumait à Clichy , et tout annonçait qu'il allait mourir. On s'en effrayait en Neustrie, comme d'un malheur ; car l'administration de ce maire avait été pleine de douceur, de prudence et de discrétion. Il avait mis beaucoup d'art à satisfaire Jes leudes sans trop de faiblesse , à contenir le peuple sans trop de sévérité , à ranimer progressivement la confiance qu'avaient épuisée les capricieuses injustices de Dagobert. A peine avait-il fait reconnaître les droits de Chlovis et de Nantéchilde , son premier soin fut de restituer à leurs anciens pos(sesseurs toutes les terres qui avaient été abusivement réunies au fisc ; mesure équitable et encore plus politique , et qui donnait dès les premiers jours au règne chancelant d'une femme toute la sécurité des gouvernemens les mieux affermis.

Malheureusement cet appui devait bientôt manquer à la reine , et déjà d'impatientes rivalités éclataient. Pendant qu'i^Ega , de plus en plus affaibli , n*atlendait que le dernier effort du mal et la mort , un plaid s'était assemblé à Riez. Il s'y émut un aigre débat

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