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LIVRE IX

naeée s'il persévérait , Flaochat se radoueil; et se désista. Quelques évêques intervinrent; une fausse «t passagère conciliation rapprocha les deux ennemis, et le plaid s'acheva sans qu'il eût été commis d'autres violences.

Mais les haines étaient trop profondes, et, des deux côtés , on était allé trop avant. Il n'y avait plus de retour. Nulle garantie n'était sûre ; nulle promesse sincère : le salut de chacun était dans la perte de lautre. Qui était assez téméraire pour braver un maire en ce temps, devait périr ; qui ne craignait pas de menacer un palrice, devait l'accabler. On reprit donc presque aussitôt les premiers desseins qu'on avait eus contre Willebad, et de son côté celui-ci , poursuivant les siens, redoublait d'efforts pour grossir le nombre de ses partisans. Ses soins ne furent pas sans succès. Toutefois, outre son frère Amalbert, Flaochat eut l'habileté d'engager dans ses plus secrètes combinaisons les ducs Âmalgaireet Chramnelène, chefs renommés, et dont la valeur s'était signalée dans la guerre contre les Gascons. Elles étaient d'ailleurs approuvées par le maire du palais de Neustrie, circonstance grave, et qui ne permet guère de croire que le patrice fût exempt de blâme, puisque le sage Ërchinoald s'était mis du parti de ceux qui le poursuivaient.

Sitôt donc que le mois de septembre fut arrivé, le jeune roi, sortant de Paris, vint s'établir à Âutun. Les deux maires Tv avaient suivi, et avec eux un aswsez grand nombre de leudes de la Meustrie. Quelques jours écoulés , l'ordre fut envoyé au patrice de partir

sur l'heure, et de se rendre auprès du roi. Willebad craignait également d'obéir et de résister. Il se mit en chemin , non toutefois sans avoir auparavant réuni tout ce qu'il put d'évêqucs, de leudes et de soldats : c'était une armée. Sa méfiance n'en était guère moins grande , et il n'avançait qu'avec une extrême lenteur. Déjà même il délibérait s'il ne serait pas plus sage de rétrograder. Informés de ses irrésolutions , Flaochat et Erchinoald voulurent essayer de les vaincre. Ils envoyèrent vers lui Hermanrîc, l'un des domestiques du roi, et lui firent apporter, par cet officier, les plus solennelles assurances de paix et de bon vouloir. Willebad se laissa convaincre. Il reprit sa marche vers Autun ; mais arrivé k une faible distance, il changea encore de résolution, et refusant d'entrer dans la ville, il dressa ses tentes au-dehors. Jaloux néanmoins de connaître plus exactement les vraies dispositions de ceux dont Chlovis était alors entouré, il leur envoya h son tour le comte Gyson et 4'évêque de Valence , JEgilulf. Ceux-ci, si Ton en peut juger par les apparences, avaient ordre d'exposer ses griefs, d'expliquer ses appréhensions, de justifier ses refus, d'exiger des garanties et des sûretés. Peut-être s'en offénsa-t-on dans Autun , et ne reçut-on ce message que comme une éclatante confirmation de la désobéissance du patrîce ; peut-être aussi qu'on le jugeait assez engagé, et que ne redoutant plus qu'il pût se dérober par une retraite, on dédaignait de s'abaisser plus long-temps à d'inutiles et indignes feintes. Ce qui est certain, c'est qu'on imita , pour Gyson et pour ^EgiUilf , l'exemple

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