‹ Histoire des Gaulois d'OrientChapitre 10 sur 40 · AO HISTOIRE · texte numérisé non relu

AO HISTOIRE

(T Ou en vit arracher les lances de leurs blessures pour les «jeter aux Grecs ou les en frapper ^-n Néanmoins, ne pouvant conserver, dans un espace si étroit, l'avantage du nombre, et pris en flanc par les archers qu'apportait la flotte, ils se retirèrent, sur le commandement de leurs chefs, mais en désordre et s'écrasant les uns les autres; beaucoup furent engloutis dans un marais. Les Grecs furent surpris de voir qu'ils ne se mettaient point en peine de donner la sépulture à leurs morts*-.

Une diversion tentée vers l'Etolie par un corps de quarante mille hommes, qui, au dire des Grecs, désolèrent ce pays avec une barbarie sans nom , eut une issue funeste pour les Gaulois; mais, grâce au sentier qu'avaient autrefois suivi les Perses, le corps principal obligea les alliés à évacuer les Thermopyles. Us furent reçus à bord de leur flotte, et chacun retourna dans son pays^. Aussitôt, sans même attendre son collègue et le corps nombreux laissé dans le camp, corps que lesEtoliens attaquèrent, le Brenn prit la route de Delphes.

La tradition nationale , recueillie par Pausanias, racontait comment l'exaltation des Grecs, armés pour la défense du temple le plus vénéré de leur pays , fut secondée par un tremblement de terre et par un orage, oii chacun reconnaissait l'action d'Apollon lui-même, et fit aboutir à l'échec le plus désastreux l'assaut tenté par les Gaulois. Ce récit dramatique a trouvé crédit parmi les modernes; c'est, d'ailleurs, le seul qui nous soit parvenu avec détail. Pourtant il s'en faut que l'antiquité ait unanimement accepté

' V ausamas, Descriptio Grœciœ, ' Id. ibîd.

X, xxî. ^ Id. \, xxiii.

DES GAULOIS D ORIENT. /il

la donnée sur laquelle il se fonde, et Pausaiiias lui-mêoie, qui raconte partout les traditions locales, nous donne peut-être lieu de penser que nous avons ici le récit des Delphten8\ circonstance qui déjà nous fait soupçonner que 1 amour-propre municipal était en jeu dans ces affirmations. Diodore dit sommairement que les Gaulois avaient pillé le temple de Delphes^, dans le livre où il parle des Gaulois en général. 11 est revenu sur cet événement dans le récit de rinvasion que comprenait son livre XXIP; mais, malheureusement, nous n'en avons plus que des extraits, et l'abréviateur s'est borné à dire que Brennus, ayant perdu en Macédoine beaucoup de soldats, se trouvait bien affaibli avant d'attaquer l'Hellade et le temple de Delphes, qu'il voulait piller; puis il donne, sur la retraite des ennemis, après une campagne sanglante, quelques détails que nous retrouverons. Ce texte ne contredit pas formellement l'autre passage du même auteur S et il le confirmerait, sans doute, si nous l'avions tout entier; or Diodore est un érudit et de moitié plus rapproché des faits que Pausanias. Appien a paru à Pelloutier s'exprimer dans le même sens, et admettre à la fois l'entrée des Gaulois à Delphes et leurs

^ VaXarôiv hè rrjs es ri^ ËAAdSa Outoi eiaiv oi t})v fièv l^cbtiipf éXàv-

èTfu/Jparelas éyet xtvct. fivii(irfv xai re? rà le iepàv rd èv leX^ois (rvXrf'

V es TÔ jSovAevn^piov ifi(iTv rd Àt7i- fravrss,

Kàv (Tvyypa^ ' 'jspoàyetv hè es rà * EcL xiii. Voyez p. 64-65 du

(Tc^éalepov rà es œùroxis ifdéXrjfra sixième volume de Tëd. Tauchnilz.

èvTûXàyù) Tû> es ^eX^oùs, (ni ép- * La tournure grammaticale œs

y^ Twv M Toxis ^apSàpovs rà fia- f*j) ia^xtaan els t>)v ÈXXàha èXdàn*

A«y7a ÈXXrfrrtv èvravda ))v. ( X , xix , paraît , en bonne grécité , faire retom-

^ '* mi(.) bcr le sens du verbe sur le participe,

' V, XXXII, où il dit des Kiinris : mais cVsl nn abrogé du x' siècle.

tri

perles cruelles dans celte expédition ^; mais il est certain, par l'ensemble du récit et comme l'a entrevu Wernsdorf, qu'il parle ici d'une expédition postérieure d'environ deux siècles, et dont j'ai dit un mot au chapitre li. Dans le précédent chapitre d'Appien, il n'est pas parfaitement clair qu'il s'agisse de l'expédition dite de Brennus, et, d'ailleurs, cet écrivain, en parlant des catastrophes qui suivirent l'audace des Gaulois, ne dit pas s'ils avaient ou non réussi à entrer à Delphes. Athénée ^, au contraire , s'exprime là-dessus sans équivoque ; mais il mêle à cette indication , dont il ne cite point les sources, des faits très-peu admissibles, prétendant que les Scordisques, ou, comme il les appelle, les KordisteSy sont un débris de l'armée de Brennus, et qu'en souvenir des châtiments qui suivirent leur sacrilège entreprise, ils ne transportent jamais d'or dans leur pays, tout en restant pillards de profession. Ce n'est pas là qu'il faut chercher la solution du problème.

Mais il est un écrivain qui l'a incidemment rappelée et qui est un des critiques les plus sérieux de l'antiquité grecque : c'est Strabon. Il dit, en parlant des Tectosages de Gaule, qu'ils passent pour avoir pris part à l'expédition contre Delphes, et que les trésors enlevés à Toulouse par le général romain Cépion étaient l'or amassé dans le temple d'Apollon, grossi, depuis le pillage, par les offrandes expiatoires des particuliers ^. Il dit aussi que les malheurs

* YioLÏ rà ^eX^ixàv ( iepdv ) èffvXï)' aoLv laoXXoùs àiroSaXàvres bixœs xai Ti^TS. (A pp. /%r. V ; Pelloiitier, Hist.

des Celtes, ch. vin.)

^ Liv. V[, ch. x\v. Polybn parle

plusieurs fois du désastre des Gaulois dans Texpédition de Delphes , mais au sujet d'autres faits et sans donner d'explication.

' Slrabon, ÏV, i.

de Cépion et de sa famille furent attribués à ce qu'il avait touché à cet or, et cite un certain Timagène comme ayant parlé de cette circonstance; mais il ajoute : tr L'opinion de ffPosidonius est plus vraisemblable : selon lui, le trésor «trouvé à Toulouse se montait à quinze mille talents en ir lingots, déposés dans les temples et les lacs sacrés; or (fie temple de Delphes était vide au temps de l'invasion, trayant été pillé parles Phocidiens, lors de la guerre sa- (f crée, et, si l'on y trouva quelque chose, ce butin fut parer tagé entre plusieurs peuples. D'ailleurs, quelle apparence irque les Gaulois aient pu le transporter chez eux, ayant fffait une fin si misérable dans leur retraite et s'étant dis- (f perses en deux directions différentes? Selon Posidonius ffdonc et plusieurs autres auteurs, la richesse du pays, la ff superstition des Celtes et leur peu de luxe avaient accucrmulé chez eux de grandes quantités d'or et d'argent, (T qu'ils déposaient dans ces lacs comme lieux à l'abri du «pillage ^Ti

Ainsi la discussion porte réellement, dans Strabon, non sur le fait de l'entrée des Gaulois à Delphes, mais sur la vraisemblance de la translation à Toulouse d'un trésor trouvé dans cette ville. Strabon, appuyé sur Posidonius, se prononce pour la négative; mais les deux écrivains qu'il nomme se contredisent-ils sur le succès militaire de l'attaque contre Delphes? Avec l'auteur des Mémoires numismatiques, que je citerai tout à l'heure, il faut répondre que non. Les mots si Ss xai èXsi(pdv se rapportent, d'après le contexte, non à l'entrée des envahisseurs dans le temple,

' Strabon, IV, i.

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mais au peu d'importance qu'elle dut avoir, selon Tauteur, en ce qui concerne le butin. C'est donc à tort que Wernsdorf* laisse entendre que la réfutation empruntée par Strabon à Posidonius porte sur l'insuccès des Gaulois. Si cette dernière opinion eût alors été admise, Posidonius n'eût pas manqué de l'alléguer, car ce fait eût tranché la question.

Mais c'est sur un tout autre terrain que la discussion a été ramenée, de nos jours, par un membre célèbre de l'Académie des inscriptions : c'est précisément l'importation en Gaule des trésors monnayés de Delphes, que M. Lenormant a soutenue par des arguments si pressants, qu'il n'est plus permis de traiter la question sans les rappeler.

M. Lenormant^ signale, dans les pièces d'or de la Gaule, une imitation frappante de pièces de Philippe, et cela à l'exclusion des pièces, macédoniennes aussi et assurément fort répandues en Orient, d'Alexandre et de Philippe Arrhidée. Il en conclut que les Gaulois avaient trouvé, dans leur expédition, un trésor composé de philippes, et il s'attache à démontrer que ce fut à Delphes.

11 montre, en effet, le souvenir assez manifeste de Philippe, vengeur d'Apollon, dans la médaille n? i ^, qui porte, au revers, un bige avec une couronne de laurier et le mot +IAinnoY, et, au droit, une tête d'Apollon (Delphien) sensiblement différente de l'effigie ordinaire

^ De rep. Gai cap. i, S 7. Il septième extrait des trente- quatre'

reconnaît que Dion Cassius admet premiers livres, l'origine gauloise des trésors de Tou- * Revue numismatique , i856. louse. (Voyez le quaire- vingt- dix- ^ /^trf. pi. IX.

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des médailles macédoniennes, qui porte les cheveux courts, même sur les philippes ordinaires, où elle est seulement laurée. Les numéros 3 et 4 de la même planche remplacent le bige par un célès, et la couronne de laurier, qui figure au numéro i , par une simple branche pour le premier, par un croissant pour le second, mais toujours avec le mot Oihinrov; crau droit, la tête n'est pas laurée, mais elle conff serve son abondante chevelure, -n Les types y sont encore heUéniqiies; mais, malgré le bige et la légende ^IXnnrov au revers , il n'est pas possible de ne point tenir pour barbare la laide ef&gie du numéro 5 , à la longue chevelure et à la couronne de laurier, grossière imitation des vrais philippes. La tête barbare du numéro 6 est encore une maladroite imitation des mêmes pièces, et une imitation faite dans un pays où, ce me semble, on lisait fort mal le grec. Plus barbare encore dans le style et l'inscription est la médaille n° 7, toujours à la tête laurée et aux longs cheveux, avec le bige au revers.

Deux ans après, M. Ghaudruc de Grazannes signalait, dans la même revue, un vrai philippe trouvé en Saintonge , un de ceux, par conséquent, qui avaient pu servir de modèle aux monnaies gauloises, mais c'était le premier qu'on trouvât en France, attendu que, comme nous le verrons tout à l'heure, l'altération successive du poids, que subirent les monnaies arvernes, dut faire disparaître promptement paries refontes les monnaies d'un poids supérieur. Le monogramme des Arvernes figure enfin sur diverses monnaies, où le cheval attelé, le bige, la tête laurée à longs cheveux, et même la légende, ne permettent point de méconnaître de faux philippes, malgré la barbarie de l'exécution.

/iC HISTOIRE

M. Lenormant constate la série décroissante du poids de ces diverses monnaies, de 8 gr. 38 à 7 gr. 70 (le poids d'un vrai philippe étant 8 gr. 60), et il ajoute que le plus ancien des statères portant le nom d'un souverain arverne pèse 7.gr. Uo: la transition est manifeste. Il fait, d'ailleurs, observer que l'on ne connaît aucune monnaie d'or ni de Rhoda, ni d'Emporiœ, ni même de Marseille, et que Rome n'en a frappé que trois quarts de siècle après l'expédition des Gaulois à Delphes K Le témoignage de Posidonius sur l'opulence de la royauté arverne est, d'ailleurs, bien coilnu, et rend vraisemblable, à tous égards, le fait d'un monnayage permanent dans ce pays.

Cependant les statères arvernes qui marquent les derniers termes de la série établie par M. Lenormant ont été refusés à la Gaule : Eckhel et bien d'autres tenaient pour Galates les pièces de Bituvius, Geantulus, Jantik etPsamit^. M. Lenormant a donc besoin d'établir l'attribution qu'il en fait aux Arvernes. Toutes les raisons qu'il en donne n'ont pas la même valeur, ce me semble. Il reste beaucoup de vague dans l'attribution du statère de 7 gr. Uo à Loarn, père de Bituv. Mais, quand on lit cet article, il est difficile de refuser à celui-ci le statère de 7 gr. 34, portant les syllabes Tovio^, l'ensemble des faits numismatiques tendant à écarter complètement l'orthographe Bituit, donnée par

^ M. de la Saussaye écrivait, dès rrpandu, le bige des statères de Mai84o {Revue numismatique, t. V, rrcëdoine et des deniers consulaires.?) p. 265-260), que le cheval libre qui * Voyez Eckhel, De Doctr, numm. figure si souvent sur les médailles vet. t. III.

gauloises doit être <rrimilation bar- . ^ PI. IV, n* li de la Revue numisffbare du type monétaire le plus ré- matique de i858.

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des manuscrite. Les pièces portant le nom de Bituv en grec, et avec le titre de roi, sont décrites par Eckhel. La variété (forthographe {Bitovios ^BiTOviorofo ^Bitovxos) ^qui résulte de leur comparaison, pourrait cependant faire douter que toutes appartiennent au même prince : la massue d'Hercule et le lion courant rappellent trop certains types d'Amyntas , pour ne pas réveiller l'idée que le Bnovios d'Eckhel est Galate, comme le croyait ce savant; mais cette velléité de retour à l'opinion que M. Lenormant a réfutée se trouve puissamment combattue par une observation portant sur l'ensemble des pièces attribuées à des princes de Galatie : «Je n'ai pas vu, dit-il, venir du Levant une seule ffdes pièces qu'au siècle dernier on affirmait n'être venues frque du Levant, t) Et il ajoute que ni Allier de Hauteroche, ni Borell, ni Cadalvène, ni la collection du baron de Behr, formée à Constantinople , ni M. Waddington, dans son Voyage numismatique en Asie Mineure, n'en ont signalé une seule. Lui-même fait ressortir la ressemblance de forme, de travail et de style, entre les prétendues pièces galates de Ceantal, de Hyanlik, de Psamit, portant aussi la massue et le lion, avec diverses pièces du midi de la Gaule, comme avec celles de Bituv.

Revenons à notre point de départ. Toutes les vraisemblances se réunissent pour nous persuader que réellement les monnaies signalées ici sont des imitations plus ou moins éloignées des pbilippes de Macédoine, ou plutôt spécialement de pièces que Philippe a dû faire fabriquer en souvenir de sa victoire sur les Phocidiens. Et, quand Tauteur de ces dissertations a eu soin de nous rappeler,

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dans son premier article, que, selon Diodore (XVI, lx), Philippe obligea les Pliocidiens à restituer le trésor pillé, il a levé la principale objection de Posidonius au récil de Timagène sur l'origine des trésors de Toulouse, ou, pour parler plus juste, à Topinion qui fait apporter en Gaule, par les Tectt)sages, de l'or macédonien, car j'admets trèsfacilement, avec Posidonius et Strabon, une origine différente pour une très-grande partie des richesses que trouva Cépipn. Je ne me crois pas obligé de penser que l'armée gauloise périt tout entière au retour.

Maintenant, outre les témoignages des écrivains de l'antiquité, la Grèce nous a-t-elle laissé quelque document susceptible de nous éclairer sur le fond de la question?

Une inscription, découverte à Athènes en 1860, et publiée, cette même année, dans \^ Journal archéologique, de M. Pittakys, mais encore peu connue, ce semble, dans l'Europe occidentale, et que, pour ce motif, il peut être utile de donner ici en grande partie, contient une mention explicite de l'invasion des barbares en Grèce et des fêtes instituées en l'honneur d'Apollon Pythien (c'est-àdire Delphien), comme libérateur de la Grèce :

Sous rarchontat de Polyeuctès Décret du peuple. Kyper-

nis, fils de K[yd]ias, du dème d'Alimuse, a dit: Considérant que le conseil commun des £to/ten«, témoignant sa piété envers les dieux, a décrété que les jeux des Soteria seraient institués en Thonneur de [Jupiter] sauveur et d'Apollon Pythien, en souvenir du combat livré aux barbares qui avaient marché contre les Grecs et contre le tempk d'Apollon con\mun aux Grecs, contre lesquels le peuple [d'Athènes] a envoyé ses soldats d'élite et ses Cavaliers combattre avec les autres Grecs pour le salut commun; que le conseil commun des Etoliens et

DES GAULOIS DORIENT. A9

le stratège Charixène ont envoyé à [Athè]ne[s] une ambassade pour coDfërer sur [cet objet] ^

Le reste manque, sauf les mot.s dtHach(^s que l'on trouve à la fin de la note.

Le rédacteur de la Revue fait observer lui-même que Polyeucte ne se retrouve pas dans la série des archontes éponymes connus; mais nous n'avons, à partir du ni* siècle, que des extraits de Diodore, et les marbres de Paros ne vont pas jusque-là. Il ne faut donc rien conclure de cette lacune, même contre l'opinion fort probable que la date de cette inscription est presque contemporaine de la guerre elle-même. Elle confirme , d'ailleurs , le récit de Pausanias , et sur le rôle important des Etoliens dans ces événements, et sur ce fait qu'Athènes n'y avait pas coopéré par un envoi de troupes fort nombreuses. Les Soieria furent effectivement institués, car on les voit mentionnés dans quatre

* Ê]iri noA[w]etîXTot; Ap^ovros

ÈSoÇev T^ ^(^^ ' Kvvéppts K-

rjS](ov khitoùaws éïicev * Èv&tSri ro xotvàv ré5v Ahù)- X\ôv œKoSetxp^itevov ritv 'Opàç roùs Q-eoùt eCaéSstap è^(pi(/ltu xàv àyôva xàv tôv 'L^oxnipiuv ridépat t&) Ail T^] (Tomipt xeâ t& ÀtroAAa^vi r^ Uvdicp, vKOfivi^fiaT' a rns pt]ax*î'^ ''^^ yevo^évrfs tfpès roùç ^otpSdpovs roùs eVity]1pareveravTas èvi re roui ÈXXrfvàg xai rd roxi kisSXXuvos îepèv rà xotvdv rôSv ÉAAiivâ>9 * èÇ* o^s xaî ô Sffitos è^vefiyl^e v] TOUS Te eiriA^XTou^ xoi roùs iviceTs avpayûjvtovfiévovs iicèp rris xotvifs aom\piaç ■ «ai tsepi to^tûùv ro xo[t %'àv r]ô5v AirwX&v xat ô 'SiTparn'yàs Xapi^evos èise&ldA xatrt sis AOi^]va[s rfli]v 'apea€elav ri^v StaXe^ofiévnv Sitoùs

é'p (Aovmxèv ItrO

^ovrat.

(È^fAépts dp)(^auoXoyiXT^ , n'* 8779.)

inscriptions signalées à l'Académie dans sa séance du 3o août 1861, comme découvertes à Delphes parmi un certain nombre d'autres, qui appartiennent, pour la plupart, à la fin de la période macédonienne; elles ont été publiées, en i863, par MM. Wescher et Foucart, dans le volume qui a pour titre : Imcriptiom recueillies à Delphes. 11 n'y est question que de combats artistiques (musique, danse, tragédies, comédies^), et toutes quatre appartiennent à la même époque, car le prêtre, dont le nom figure en tête des artistes qui y ont pris part, est le même pour toutes. Dans les deux premières, on désigne, apparemment comme ayant présidé à ces jeux, les hiéromnémons d'Étolie, de Delphes et des Hisliéens; dans la troisième, ces derniers sont remplacés par les Béotiens, et, dans la quatrième, l'Etolie et Delphes figurent seules : ceci encore peut rappeler que l'Etolie et la Béotie fournirent, selon Pausanias, les contingents les plus nombreux. Mais tout cet ensemble de monuments inédits résout-il la difficulté proposée? Est-ce son temple, est-ce la Grèce que l'on remercie Apollon d'avoir sauvés?

* MM. Wescher et Foucart font ses Antiquités helléniques (n" 968),

observer, à ce sujet, que ce texte que le fragment d'inscription où les

n'exclut point l'existence de combats mots gymnastiques dans ces fêtes, et que ^amipia

ces inscriptions front élé rédigées '"^ ^^ A^A^oij

ftpar les soins de ces corporations dvàpas

ff dont les membres, sous la dénomi- 'aayxpattov

rr nation d'artistes dionysiaques, al- se trouvent parmi divers noms de

ff laient de ville en ville et de fête en jeux athéniens, olympiens et déliens;

fffête.w Aussi rendent-ils pleine jus- se rapporte à la délivrance cleDel-

tice à la conjecture émise par M. Ran- phes, du temps de l'invasion des

gabé, dès i855, dans le tome II de Gaulois.

Les inscriptions des artistes n'en disent absolument rien ; Imscription athénienne non plus, du moins explicitement; mais, comme me Ta fait observer M. Fr. Lenormant, qui voit, dans cette découverte, une confirmation du sentiment soutenu par son père, ce silence même est significatif. La fin de l'inscription, c'est-à-dire la partie perdue, se rapportait à l'établissement des jeux, et non plus au récit de l'invasion; on le voit assez par le contexte. Or le combat glorieux mentionné ici , ce ne peut guère être Tassaut de Delphes, puisque, selon Pausanias lui-même S le contingent athénien ne s y trouvait paSy tandis que les Phocidiens,qui, selon le même récit, auraient joué là un rôle glorieux et à peu près décisif, ne sont mentionnés nidle part, ni dans le décret athénien, ni dans la présidence des jeux; au contraire, nous retrouvons ici les Béotiens, qui, non-seulement avaient envoyé dix à onze mille hommes aux Thermopyles, mais qui, unis aux troupes d'Athènes, s'attachèrent, comme le contingent étolien, à harceler les ennemis dans leur retraite. Serait-il téméraire d'en conclure non la certitude absolue, mais la vraisemblance de cette opinion : que le salut de la Grèce, ce fut la retraite des ennemis et non leur échec précisément sous les murs de Delphes; et M. Lenormant avàit-il tort, dans les premières pages de son article de 18 56, de comparer la victoire des Grecs à Delphes, racontée par les Grecs d'un siècle bien postérieur, à l'échec de Porsena devant Rome, raconté par les Romains du siècle d'Auguste. Ou, si l'on veut un rapprochement plus exact encore, l'armée gau-

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