‹ Histoire des Gaulois d'OrientChapitre 11 sur 40 · X , XXIII · texte numérisé non relu

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loise, écrasée à Tassaut du plateau delphien, ne rappellet-elle pas d'une manière frappante cette extermination d'une autre armée gauloise dans les murs de Rome incendiée, à laquelle aujourd'hui

Nec pueri credunt, nisi qui nondum œre iavantur.

La ressemblance des deux récits et des deux transformations patriotiques est d'autant plus grande, que, dans Tun et l'autre cas, de réels et très-graves échecs, subis par les envahisseurs dans leur retraite, paraissent avoir été le premier thème sur lequel broda la tradition nationale; mais les soldats du Brenn oriental purent rapporter en Occident des poignées de philippes , et Cépion put même en retrouver quelques-uns à Toulouse; de même que, de l'aveu des Romains (avant Tite-Live,bien entendu), un général victorieux rapporta de chez les Gaulois Scnons un or que l'on décora du nom de rançon du Capitole ^

Pausanias raconte que, dans cette désastreuse retraite^

^ M. Lenormant attaquait aussi, alàhr^fjLos^vUoKéZojvnemefaTais-

dans Tarticle cite, la date (^79) don- sent pas constituer une démonstra-

née par Pausanias à i*attaque de Del' tion dëûnitive, sous la plume d'un

phes , parce que , sdon Pausanias lui- écrivain qu'on accuse de s'être laissé

même , c^est de Macédoine que le roi tromper sur un fait bien plus impor-

Antigone envoya son petit contin- tant. Mais il faut ajouter que, d après

gent, sous les ordres d'un Macédo- Tordre des extraits byzantins qui

nien, tandis que la Chronologie de nous restent de Diodore, c'est, en

Porphyre, conservée par Eusèbe et effet, bien après la défaite de Ptolé-

le Syncelle, atteste qu'il ne s'écoula mée et pendant le séjour de Pyrrhus

pas moins de trois ou quatre ansentre en Sicile, en 276 ou 277, que l'ar-

lanwrtdeCeraunuseiravenementd'Anr mée du Brenn subit son échec en Ma-

tigone dans ce pays. J'avoue que les cédoine , avant de marcher contre

mots si hreh : èxMaxelovias et kpt" l'Hellade. Or Diodore prend assez

le Brennse tua après s'être enivré ^ Diodore ajoute^ qu'il conseilla aux siens d'égorger les blessés qui embarrassaient la célérité de leur marche, et ces faits, s'ils sont réels, rappellent tristement le brutal mépris de la vie que Posidonius a observé chez les Celtes '. Les débris de l'expédition furent, selon Pausanias^, exterminés en Thessalie; selon Diodore ^, ils le furent chez les Dardaniens. L'extermination complète est une fable, sans doute, mais rien n'empêche de croire qu'ils aient subi des échecs répétés au delà comme en deçà du Sperchius. Désormais les Gaulois n'ont plus de place dans l'histoire de la Grèce, si ce n'est comme mercenaires.

Vers le même temps, dit Justin ^ quinze mille fantassins et trois mille cavaliers gaulois battirent les Gètes et les Triballes, puis offrirent à Antigone Gonatas, qui venait d'être reconnu roi de Macédoine par le fils de Nicator, de lui vendre la paix à prix d'argent. N'ayant pu l'y déterminer, ils essayèrent de le surprendre; mais, malgré les précautions qu'ils avaient apportées, ils furent surpris euxmêmes dans le camp que les Macédoniens avaient abandonné par stratagème. Ce corps fut exterminé, dit-on; mais ce n'était qu'un essaim de cette immense tourbe de Gaulois qui s'était jetée sur les provinces européennes de l'empire d'Alexandre. Antigone lui-même recruta des solsoin des dates précises pour que l*on * Paus. X , xxiu. doive ici tenir compte de cette con- * Diod. XXII. sidëration. Polybe (I, vi, IV, xlvi) ^ PQstd,reltquiœ;ilLhdike,fAd%\ ne confond pas les échappés de Del- * Ubi supra, phes avec ceux qui passèrent en Bi- "' Ubi supra. Ihynie. ' XXV, i-ii.

5li HISTOIRE DES GAULOIS D'ORIENT.

dats parmi eux pour combattre Pyrrhus S qui, revenu d'Italie, lui enlevait la Macédoine, et qui, de son côté, en avait réuni un certain nombre autour de lui. C'est alors que, suivant le récit de Diodore^ et de Plutarque^ ils pillèrent impunément jusqu'aux tombeaux des rois de Macédoine, Pyrrhus n'osant sévir contre de si utiles et si redoutables auxiliaires. Il parait cependant, d'après un prologue de Trogue Pompée *, que, quelque temps après, son rival fut plus hardi et plus heureux *.

La Macédoine avait été de nouveau attaquée par les Gaulois, vers le temps de l'expédition de Pyrrhus dans le Péloponnèse. C'est alors que, selon Justin, ces hommes, exagérant la barbare superstition de leur race jusqu'à des fureurs dont aucun autre historien ne la charge à aucune époque de son histoire, égorgèrent, avant la bataille, leurs propres femmes et leurs enfants, pour satisfaire leurs dieux sanguinaires et en obtenir la victoire. Ils furent punis de leur cruauté par une entière défaite et un carnage affreux [amnes occisione cœsi). Là se termine l'histoire des invasions gauloises en Macédoine.

' Just. XXV, m; Paus. I, xiii. une révolte de soldats mercenaires.

* Fragm. du livre XXII , 3* année Le mot Megarts ne permet pas de de la i»a6* olympiade (974). les confondre avec ceux que Justin

' Vie de Pyrrhus, (1. XXVI, eu) va nous montrer atta-

* Celui du livre XXVI. quant la Macédoine. C'est donc à

* ffUt defectores Galios Megarts tort que Wernsdorf (c. i, S 1 1) voit, ffdelevit (Antigonus Gonatas).»» Au- dans ces defectores, des Gaulois de cun récit de Justin ne se rapporte à Thrace qui auraient traité avec Ance fait, qui ne peut appartenir qu'à tigone.

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