‹ Histoire des Gaulois d'OrientChapitre 16 sur 40 · livre , puis qu'il n'était pas contempo- ckw , cb. vin · texte numérisé non relu

livre , puis qu'il n'était pas contempo- ckw , cb. vin

Contzen le soupçonne \ H faudrait croire, non-seulement que les Gaulois avaient reçu de nombreux auxiliaires, mais qu'ils avaient été formés à la tactique des Grecs. Gel appareil ne ressemble guère à celui des batailles du cap Télamone et du Mincio, et ce n'étaient pas des Gaulois qui formaient à Cannes la phalange d'Annibal^. D ailleurs, si les Gaulois d'Illyrie avaient eu, en 279, la tactique et l'équipement des Grecs, Pausanias l'aurait su.

Quoi qu'il en soit, Lucien ajoute qu'Antiochus, dont les troupes étaient moins nombreuses et moins bien armées y hésitait et voulait traiter avec l'ennemi. Un de ses généraux, Théodote de Rhodes, Ten détourna et lui promit le succès. Le roi avait avec lui seize éléphants, que ce général fit cacher derrière les troupes, quatre à chaque aile et huit au centre, pour les lancer, au moment du choc, contre les chars des Gauloise En les voyant, ceux-ci prennent l'épouvante , ainsi que leurs chevaux, et s'enfuient en désordre ; les fantassins se percent réciproquement de leurs lances et, tombant à terre, sont foulés aux pieds des chevaux; les chars se trouvent lancés contre l'armée qui les avait amenés; les éléphants, atteignant les fuyards, les écrasent sous leurs pieds, les jettent en l'air av^c leurs trompes ou les percent de leurs défenses : Antiochus reste pleinement victorieux, avec un grand carnage; beaucoup d'ennemis sont prisonniers; un petit nombre parvient à gagner les montagnes *.

Tel est le récit du satirique sur cette campagne, qui, dit-on, mit fin à l'invasion des Gaulois dans le centre do

' Besond. Th. S 3i. ' Antiochus, ch. ix.

" Pol. m, ii3-ii/i. * Ibid.cU.x-M.

remportée par Anliochus, à l'aide de ses éléphants, sur des cavaliers galales *. Wernsdorf dit que, si le surnom de Soter peut, à la rigueur, se rapporter à quelque combat livré lors de la première arrivée des Gaulois, ces titres officiels étaient, en général, donnés (ou pris) au commencement du règne. J ai déjà répondu à cette double observation.

C'est à cette époque que MM. Amédée Thierry^ et Lebas^ placent l'établissement fixe des Tectosages près de l'Halys, reportant aux succès d'Attide celui des Tblistoboyes et des Trocmes, à l'ouest et à l'est du premier; du moins doifr-on penser que ce furent les Tectosages qui furent vaincus par Antiochus, puisque c'étaient eux qui rançonnaient les provinces du centre. M. Gontzen pense * que ta défaite des Gaulois ne produisit point de résultats décisifs, mais que les divers princes de l'Asie Mineure sentirent la nécessité d'acheter leur repos, et que les rois de Bithynie et de Syrie traitèrent aussi avec les Gaulois. (rDéjà, ajoute-t-il, les barbares avaient formé un établissement solide dans le territoire compris entre les sources du Sangarius et celle de l'Halys (c'est là celui des Tectosages) ; on détacha pour eux une partie de la Bithynie, avec un lambeau de la' Phrygie du côté de l'Halys, et l'on fit la paix. Tel fut le commencement de la Galatie. Mais, quoiqu'ils eussent occupé un beau pays, l'esprit sauvage

* ^ili.ovthrfç Mayv9^ SiirvAov (de é<p6eipav : ëvidemment , il faut, avec

Magnésie du Sipyle) èTtôiroios, Té- Wernsdorf, corriger ces derniers mots

yovev èvi ktntôxpv toO MsyàXotj en a^âv éipOetpe. xXïfdévros, xai yi^pa^e ràs kv- ' Histoire des Gaulois, V* part.

rià/pv (et non roinov) ^apà^eK xai ch. v.

T))y 'Sfpàs rakéeras {tÂ^n^t are (isrà ^ Asie Mineure, f.û^S.^Sà-^^^- TûMf èXe^àvraw ri^ hnrov aùrotj ^ Besonderer-Theil , S 3i.

(les nouveaux venus ne pouvait se contenir dans ces limites, et, sans se laisser arrêter par la sainteté des serments, ils reprirent bientôt les armes contre Antiochus et Nicomède. Leurs courses de pillage, loin de cesser, devinrent plus formidables que jamais. Antiochus, qui ne pouvait espérer de les arrêter que par une ligne de forteresses, eut grand soin d*en garnir les routes qui conduisaient de la Phrygie vers les opulentes cités de la côte. Cet événement arriva, d'après le calcul de Prideaux, la troisième année après l'invasion des Gaulois, t)

Ces derniers mots, contre lesquels l'auteur n'élève aucune objection, sont peu d'accord avec l'ensemble des faits : ils resserrent dans un bien court espace l'entrée des Gaulois en Phrygie, la campagne d'Antiochus, la capitulation des princes d'Asie, les courses obstinées des barbares, et les précautions du roi de Syrie. Mais, laissant de côté les dates, qui ne peuvent être précises, tenonsnous-en, à cette heure, à examiner l'opinion de l'écrivain allemand sur la suite des événements. Les trois peuples ont-ils formé leurs établissements et arrêté leurs limites dès le temps d'Antiochus Soter, et doivent-ils être considérés, dès lors, comme arrivés tous trois à un état fixe, sinon très-régulier? Ou bien faut-il croire, comme on l'a dit, qu'ils s'établirent successivement, et même à de longs intervalles, dans les contrées qui leur furent dévolues, les Tectosages ayant précédé leurs compagnons d'environ un demi-siècle dans ce changement de condition ? Examinons les textes anciens sur ce fait, qui va devenir le point de départ de l'histoire, sinon des Galates, du moins de la Galatie.

su HISTOIRE

Tite-Live croyait à un établissement définitif près de l'Halys bien avant ie règne d'Atlale, et il ne distingue pas entre les trois peuples : «t Stipendium tota cis Taurum cr Asia esngebanty sedem autem ipst sibi circa Halyn flumen vceperunt, tantusque terror eorum nominis erat, multitu- (rdine etiam magna subole aucta, ut Syriœ qmque ad poscf tremum reges stipendium dare non abnuerent. Prima» er Asiam incolentium ahnuit AttaluSy pater régis Eumenis ^ n Attale succéda, vers 2/10, comme dynaste de Pergame, à son oncle Eumène, ie neveu de Philétère^, et Taccroissement de la population galate par des naissances est évidemment placé par l'historien entre son établissement près de l'Halys et les victoires du roi de Pergame, pour les tribus de l'est et de l'ouest aussi bien que pour celle du centre.

Memnon, dans le passage oii il désigne l'emplacement des trois colonies, ne distingue pas davantage entre les dates de leur formation'. Pausanias, il est vrai, paraît, au premier aspect, avoir considéré Attale comme ayant le premier repoussé les Tolisloboyes loin de la mer, dans le pays qui forma la Galatie proprement dite, cr La plus <r grande de ses actions, dit-il, est d'avoir forcé les Gacr lates à fuir loin de la mer dans le pays qu'ils occupent (T encore aujourd'hui*, -n Et un peu plus haut : ce Une foule rr de Gaulois, ayant passé en Asie sur des navires, en cou- <r rurent les contrées maritimes. Mais, plus tard, les princes

' Liv. XXXVIII , ch. XVI. portance pour la question chronolo-

* Voyez Strab. XIII , iv. gf^cp^-

^ Comme nous le verrons ailleurs, * Paus. I, viii. TaXàras yàp es

ce passage a subi des iransposi- Ti/^vyYiv,ijvéTiHaivwéxpv<Tiv,ivoL'

lions, mais elles n'ont aucune im- (^yeiv lijvàyKcucrev dira ô-aXdbtrvs.

(rde Pergame et du pays appelé jadis Teuthranie refou- (rient les Gaulm loin de la mer, dans ce dernier pays. (T Ceux-ci occupèrent la contrée au delà du Sangarius,

(rayant pris Ancyre, ville des Phrygiens et Pessinantey

(rau pied de la montagne ^ fi Mais qui ne voit que Pausanias ne distingue point ici entre les Galates d'Ancyre, cest-à-dire les Tectosages^, et les Tolistoboyes, qui dévastaient, comme nous Tavons vu, l'Eolide et Tlonie, et qui s'établirent à Pessinonte, ainsi que les monuments l'attestent^? Si donc les Tectosages acquirent un domaine fixe dès le temps d'Antiochus Soter, les Tolistoboyes pouvaient en avoir fait autant, et déborder seulement de là sur les terres du voisinage, dans les cas fréquents où ils se trouvaient trop à l'étroit. On en était venu trèsvite à leur payer un tribut régulier; on s'y soumettait, comme, il y a cent cinquante ans, les Ecossais des basses terres payaient le (rblack-maili) aux Celtes de l'extrême Occident; mais, comme ceux-ci, les Galates avaient une patrie.

Soutiendra-t-on contre Tite-Live que, s'il ne faut pas distinguer entre Tolistoboyes et Tectosages, c'est que nul des peuples galates ne s'était encore établi dans une région déterminée, quand ils furent vaincus par Attale ? On invoquera peut-être ici le témoignage de Strabon, mais son texte doit être étudié de près, car il n'en est point de

* Paus. I, IV. Xpàvù) hè ij(/lepov ;^6&pav é<rxpv , AyHvpavvrôXtv éXôv^

oi Hépyafiov é/pvres , ^sfiXai Zè res ^t^ftvyœv . , . , xai UeatvoiJVTa

Isvdpaviav xaXovfiévrfv, es Ta^T);^ xmd ro Ôpoç. TaXàTos èXawovfTiv dira ^'OiXéuraifs. * Voyez infra, viii, 2. tl T 1 fièv 8); T))v èxrds Soy^apiov ^ Voyez itifra, viii , 1 .

pius important. Un érudit tel que lui devait bien connaître rhistoire des voisins si longtemps redoutables d'Amasée, sa patrie, quand l'époque de leur arrivée était si loin de se perdre dans une fabuleuse antiquité.

Après avoir énuméré les trois tribus établies en Galatie, Strabon ajoute : a Les Galates occupèrent cette contrée (T après avoir longtemps erré et couru le pays soumis aux (Trois attaliques et aux rois de Bitbynie, jusqu'à ce quon (T leur eût cédé à l'amiable celui qui est appelé GalaUe ou rxGallo-* Grèce ^.Ti Certes cette phrase indique des courses prolongées antérieures à l'établissement des Galates, courses faites aux dépens même des rois de Bithynie, bien qu'ils fussent arrivés dans le pays comme alliés de Nicomède. On pourrait donc croire que ces hostilités eurent lieu assez tard. Mais Trogue-Pompée semble avoir placé leurs guerres en Bithynie avant la mort de Soter ^. Nous savons d'ailleurs que les Trocmes avaient adopté pour théâtre habituel de leurs premières exactions les contrées voisines de l'Hellespont, et il est probable qu'ils ne respectèrent pas bien scrupuleusement les limites plus ou moins factices qui séparaient la grande Phrygie de la Phrygie

^ Strabon, XII, y, tniV. : UXavrf^ l'époque où ieur vainqueur, Attaie,

dévres ^oXiiv x,pàvov, xaixaralpa- prit le titre de roi (XIII, iv), que

[làvreç Trfv «ira rots krlaXiHoTs jSa- n'avait point porte son oncle.

(TiXevfn xj^pav xai roîs htOvvoTs, ' On trouve en effet ces mots

ë<k)ç 'Gap' éxàvroûv Ù.a€ov rijv dans le prologue du livre XXV: cnit

vvti roXaTiati xai Tak'koypauUw Xe- «rGaili transierunt in Asiam , bellum-

yo{iévnv. Il est clair qu il ne faut pas irque cum rege Antiocho et Bàhyiis

prendre à la lettre l'expression rois (rgesserunti Or c'est au livre XXVI

attaliques, car elle ferait commencer que Trogue-Pompée racontait la mort

leurs grandes courses précisément à d'Antiochus.

Ëpictète ou Helh^pontiquey laquelle appartenait d abord à la Bithynie et ne fut cédée à Pergame que par prusias, l'hôte d'Annibal ^; quant à TEtat naissant de Pergame, il est clair qu'il fut exposé dès lorigine au pillage des Tolistoboyes, qui s'étaient attribué l'Ëolide. Les faits de vie nomade que mentionne Strabon ne nous obligent donc pas à reculer jusqu'à la seconde moitié du ui^ siècle la constitution de la Galatie. Les mots ^usXavtfOévres taroXw )(jp6vov nous empêcheront, j'en conviens, d'accepter le chiffre de Foy- Vaillant^, qui place la victoire de Soter dans la trente-huitième année des Séieucides , si , du moins , Ion veut qu'elle ait, sans autre délai, amené les Tectosages à se fixer; mais, si l'on prolonge la période de ravages jusqu'à une époque avancée du règne de Soter, le texte de Strabon ne nous embarrassera plus; il ne prouvera ni que les trois peuples aient erré jusqu'en !2&o, ni qu'ils se soient successivement établis, ce que Strabon ne fait point entendre '.

Mais comment expliquer la date généralement adoptée pour la première défaite des Gaulois ? d'une manière fort simple assurément. Memnon, après avoir parlé des préparatifs d'Antiochus contre Antigone et Nicomède, ajoute qu'avant d'en venir aux mains avec le roi de Macédoine

^ Strabon, XII, iv, sub, intL ne la présente point comme assurée,

* SeleUictd. imper, p. â3. M. Le- et ne cite en 'sa faveur que les textes

bas reconnaît ( Asie Mineure, p. a 97) de Strabon et de Pausanias. D ajoute

qae tria date de cette bataille est que Memnon dit, sans fixer de date:

ff assez incertaine. 1 Cependant il s'ar- OCtoi hè taroAA})^ èiraveXddvTss /dj-

réte à 975. pav abdts àvs/isiypYjaav , xai rifs ai-

' Wernsdorf , favorable à l'opinion ^dsitnjç aùrots éjfSTéfiovTo rrfv vw

de rétablissement tardif des Galates , TaXarlav xakoviiévrfv.

le Hls de Seleucus se tourna contre ia Bithynie '. C'est alors que les Gaulois se présentent et que Nicomède les appelle à son secours. Les écrivains modernes se sont crus autorisés à* penser que ses ennemis de la veille et ses alliés d'aujourd'hui ont dû s'entre-choquer le lendemain; or le récit de Memnon induit réellement à penser tout le contraire. En effet, d après Thistorien d'Héraclée, quand Nicomède a les Gaulois à son service, il les emploie contre Zipœtès, et contre Zipœtès seul *. Tout se passe en Bithynie, entre Gaulois et Bithyniens, et il faut que l'héritier de Nicator soit insolemment provoqué chez lui, en Phrygie, pour qu'il se décide à livrer bataille. Etait-ce timidité de sa part? Je ne le prétends point; mais, si, pour quelque motif, il n'a pas pu agir en Bithynie et empêcher son ennemi Nicomède d'écraser un ennemi domestique, s'il n'a pas pu profiter de l'avantage que lui donnaient alors et une diversion importante dans ce pays et les dispositions favorables du petit, mais opulent dynaste de Pergame, ce motif a pu le retenir longtemps^ et le "csoXùs /pévos de Strabon trouvera place avant sa victoire, que l'antiquité s'accorde à considérer comme un bienfait réel pour l'Asie Mineure, comme une des causes qui mirent fin à l'invasion incessante des Gaulois. Bien n'empêche même de placer dans cet intervalle la construction des forts du Taurus, d'autant plus qu'il est difficile de croire que le premier des Antiochus ait payé tribut aux ennemis, et que les mots (tSyriae q^wque ad postremum reges,?) de Tite-Live, doivent s'appliquer à lui. S'il l'eût payé d'abord,

* Chap. wiu d'OreIK; 4^. Pko- ' Voyex, a ce sajet, McmnoQ, tifim^ p. âây (ëd. Bekker). ihùi. m fine.

DES GAULOIS DECRIENT. 89

et que la bataille des éléphants l'en eût délivré, Tite-Live eât-il ajouté sans explication*: (rprimus Asiani incolentium (rabnuit Attalus.i)

Mais est-il impossible de deviner ce qui retenait Antiochus? Non, certes, et, si les historiens qui nous restent aujourd'hui sont muets sur ces événements , comme sur la plupart de ceux qui remplirent les annales de la Syrie, des documents d'une autre espèce ne le sont pas. Nous avons déjà rencontré, dans une note du présent paragraphe, la mention très-significative de troubles qui avaient agité ce royaume dans la Séleudde^ et qui avaient, pendant quelque temps, empêché Antiochus de se porter dans les régions en deçà du Taurus^ Des événements extérieurs semblent, d'ailleura, avoir compliqué, prolongé, causé peut-être les embarras survenus dès la première période du règne. Foy- Vaillant, appuyé sur l'autorité de Pausanias, parle d'intrigues de Magas, qui voulut attirer sur Philadelphe les armes du roi de Syrie, et des moyens puissants que le prince Lagide employa pour le prévenir, ce Comme Antio-ff chus allait se mettre en campagne, dit l'écrivain grec, Ptotrlémée envoya vers tous ceux qui étaient sous la domination ^i Antiochus^ invitant les plus faibles à lui faire une guerre (tde partisans, en courant sur ses terres, les plus forts «à marcher contre lui, et sut ainsi le retenir^, -n Ceci n'an-

* Voyez Corp. trucript. 35 gS. Ces Mais comment recaler si haut toutes faits, auxquels Memoon fait allusion ces tr guerres multipliées n par les- (chap. XV d'Orelli; p. 997, 9ub tnit, quelles Antiochus recouvra la plus da PAoaW de Bekker), sont, selon lui, grande partie de son empire? Ses antérieurs à l'expédition de Patrocle embarras dm'ent se prolonger longque j'ai mentionnée plus haut , et , par temps, suite , au passage des Gaulois en Asie. * Pausanias , I , vu.

nonce pas une guerre courte et sans importance ; et le peu que nous savons des résultats confirme cette opinion , s'il faut rapporter à Soter une partie des échecs signalés par M. Lebas dans la lutte de la Syrie contre Philadelphe. Si Ton objecte à cette dernière interprétation des embarras d'Ântiochus I"^, au commencement de son règne, que, lors de cette guerre contre l'Egypte, Magas était déjà son gendre, on peut répondre que le mariage romanesque de Soter avec Stratonice peut avoir été fort antérieur à la mort de Seieucus, et même parait l'avoir été, d'après le récit d'Âppien ^ ; d'autant plus que Stratonice , jeune encore à cette époque, avait donné un enfant à Seieucus ^ et que celui-ci est mort à soixante et treize ans '. Enfin Apamé, la fille de Soter, peut avoir été mariée fort jeune au roi de Gyrène. De tout cela il résulte qu'il n'y a nulle témérité à placer la guerre contre Philadelphe dans les premiers temps du règne d'Antiochus. Doit- on aller jusqu'à dire qu'elle fut contemporaine du passage de l'Hellespont par les Gaulois? Ge serait beaucoup affirmer, et nul ne saurait aujourd'hui reconstruire, année par année, l'histoire des Séleucides. Des troubles purement intérieurs peuvent avoir retenu d'abord Antiochus Soter ; mais il suffit d'avoir montré qu'il a dû éprouver des embarras prolongés sur des frontières fort éloignées de la Phrygie, et que, par suite, les Galates ont pu la parcourir à l'aise pendant bien plus de deux ans.

Ges dangers duraient encore , ou du moins s'étaient renouvelés pendant les dernières années du règne , si , comme

' Appien, Syriaca, chap. lix et * Âppieii, Syriaca, ch. ux. Lxi-LXii. ' Ihid, ch, LXiii.

il y a grande apparence, M. Lebas ^ a corrigé avec raison un prologue de Trogue-Pompée^, pour nous montrer Soter amené à faire périr un fils rebelle;' il nous le montre aussi occupé, dans les derniers jours de sa vie, à une guerre malheureuse contre Pergame, et mourant à Ephèse (en 261), peut-être dans une dernière lutte contre les Galates. Âdmettra-t-on même qu il n ait remporté la grande victoire dont parle Lucien qu'au temps de la guerre contre Pergame? Essayera-t-on d'expliquer, par ce long retard, la multiplication des Galates, nécessaire pour former la grande armée dont parle l'auteur syrien ? Ce serait exagérer les données de la saine critique : il vaut mieux renoncer aux gros chiffres de celui-ci , s'en tenir aux paroles de Simonide de Magnésie, et croire que cette campagne eut lieu lors du voyage en Asie Mineure dont parle l'inscription du cap Sigée.

Concluons enfin, il en est temps, d'après les textes différents, mais non contradictoires de Memnon, de Pausanias, de Strabon et de Tite-Live, que les courses des Gaulois dans l'Asie Mineure se prolongèrent assez longtemps, mais que le rude échec des Tectosages les décida à adopter, sinon des mœurs plus pacifiques, du moins un genre de vie moins irrégulier et une politique plus prudente; sans renoncer à lever des tributs, ils cherchèrent surtout à profiter des discordes si fréquentes entre les princes de l'Orient. Dès lors , entre les vues nouvelles des Gaulois et la lassitude de leurs voisins, la transaction fut moins difficile. Des terres furent cédées aux trois peuples

* Asie Minew*e, p. a 29. — * Trogue-Pompée , proL XXVI. Justin n'a rien dit de tout cela.

par les rois de Syrie, de Rithynie, de Pont(?), et peutêtre même de Pergame, également désireux de Gxer des voisins si incommodes, soit que les traités aient été conclus simultanément avec les trois bandes , soit que l'exemple de la première ait décidé les autres. Evitons des aflSrmations trop précises là où l'histoire ne nous fournit pas les moyens d'en formuler; ne méconnaissons ni des courses prolongées avant la paix avec Antiochus, ni des aventures nombreuses avant la victoire d'Attale; mais reconnaissons aussi que l'histoire des trente-cinq années qui suivent le passage du Bosphore ne nous montre point cette opposition prétendue entre les Tectosages sédentaires et les Tolistoboyes errants; arrêtons -nous à cette pensée que, depuis la fin du règne de Soter, il y avait une Galatie, et non plus seulement des Galates ^

^ Wernsdorf (ch. ii , S 1 1 ) ëmel , sont, poiir lui comme pour Pelloutier

sur la distinction des trois peuples ga- encore, les derniers des Boïes, die

lates, une conjecture qu'il est peut* ktztenBoten, c'est-ànlire les plus voi-

être à propos d'indiquer ici. Comme sins des Scordisques. (Pelloutier, Dis-

il a distingué, d'accord en cela sertation sur les Galates , ch. i,)Eï£n

avec Strabon , trois peuples celtes en les Trocmes, ce sont les Taurisques

Illyrie, les Scordisques, les Boïes ou montagnards. Ici Pelloutier, à dé-

et les Taurisques, il y fait corres- faut du sens historique, a du moins

pondre (ch. ii, S sS-sy) les trois adopté une étymologie moins bizarre,

peuplades galates; selon lui les Tec- au point de vue purement philolo-

tosages sont des Scordisques , car gique , en faisant dériver leur nom de

il se figure, comme Pelloutier (voyez Trokmànner, les hommes de Thrace.

le chapitre v de sa Dissertation) , que Disons simplement que, sauf les Tec-

les Celtes parlaient allemand, et il tosages, nom bien connu d'un peuple

dérive ce nom de Teut sohne ou Teut gaulois , l'identification de ces tribus

sagen, le prenant pour le nom gêné- n'est pas plus connue que la valeur

rique des Celtes. Les Tolistoboyes , ce de leurs uoms.

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