Atlas antiquus
auprès de Germa; branche quil prenait à tort, ce nie semble, dans sa carte de i8/io, pour la source du Sangarius mentionnée par Strabon. Cette branche méridionale vient de FEmir-Dagb, ou, du moins, des premiers mouvements de terrain qui commencent à le former. Ce serait donc l'Emir-Dagb qu'il faudrait nommer Adoreus, car, pour le reconnaître dans l'Elmab-Hagh, comme le faisait autrefois Kiepert, il faudrait n appeler Sangarius que la rivière d'Angora; or telle n'est point la conséquence qui résulte du récit de Tite-Live sur la campagne de Manlius Vulso,
Avant Pessinonte, Ptolémée nomme, chez les Tolistoboyes, la colonie de Germa K Ce nom de colonie ne prouve en aucune façon que la ville ne fût pas antérieure à la domination romaine, et je ne m'arrêterai pas ici à démontrer une vérité de cette espèce; d'ailleurs Eckhel^ fait observer que ni Strabon ni même Pline ne donnent ce titre à Germa, et qu'on ne le voit pas sur ses médailles avant Commode. Mais, quand cette ville serait l'œuvre des Romains, ce qui est fort invraisemblable, son emplacement n'en serait pas moins à rechercher ici, puisqu'elle appartenait au territoire des Tolistoboyes. Or il n'y a point là de difficulté, (r A trois ou quatre heures à l'est ou au tr sud-est de Bala-Hissar, dit Hamilton ', se trouve une loca-
* Liv. V, ch. lY, S 7. qaent, trop au sud (conf. la carte et
' ' Doctrina' nummorum veterum, le récit de Hamilton). Cette erreur
t. m, Galatta. est corrigée en partie dans V Atlas
' T. I, p. /i3â. La carte de Kie- anttquus de 1861, qai cependant
part, en 1 Silo, indiquait le nord-est, n'est pas sur une grande échelle. Je
mais Pessinonte y est trop rappro- dois avouer, mais seulement pour
chëe du Sangarius, et, par consé- mémoire, à cause des inexactitudes
(rlité aujourd'hui connue sous le nom de Yerma.y) (C'est la prononciation en grec moderne du nom de Tépfxa.) Elle contient des ruines considérables ^ et l'Itinéraire d'Antonin lui assigne précisément cette situation : sur ce dernier point, on trouve tous les détails désirables dans les Fùnf Inschnften de Franz '^.
(rLa distance de Dorylée à Ancyre, dit-il, est ainsi ré- <r partie :
erJtiner. Anton, éd. Wesseling, p. 202. Iter a Dorylao .a Ancyra, m. p. cxli, sic : Arcelaio, m. p. xxx. Germa, xx. cr Vindia, xxxn. Papira, xxxn. Ancyra, xxvii.
(fit. Ant. p. 901. Iter a Pessinunte Ancyra, m. p. xcix, ffst> : Germa, xvi. Vindia, xxiv. Papira, xxjlh. Ancyra xxvii.
(rTb. Peut. Doryleo xxvni. Mideo, xxvni. Tricomia, xxi. ff Pessinonte. jt ( La suite manque.)
lui milles romains, de Dorylée à Ancyre, c'est trop peu, ajoute M. Franz, car la route directe en donnerait i5o; etM. Kiepert pense que là faute se trouve dans la route de Dorylée à Germa , puisque , de là à Ancyre , les deux textes sont identiques, sauf les deux chiffres 39 et 9/1 pour la distance de Germa à Vindia; mais ici c'est le second qui doit être préféré, l'autre s'expliquant par sa présence à la station suivante, qui aura trompé le copiste. Or les 99 milles de la seconde route (qui est correcte), ajoutés aux 77 que la table de Peutinger donne de Dorylée à Pessinonte, font 176, ce qui est fort exact, car il faut tenir compte du détour par Pessinonte, que
dont il fourmille, que Ptolëmëe place qui avait d'abord trompe Kiepert Germa un peu au nord-est de Pes- * Hamilton, 1. 1, p. /iSa. sinonte. C'est là . sans doute , ce ' Page 1 9.
ne faisait pas l'autre route de l'itinéraire. Et Kinneir indique, dans son voyage en Asie Mineure, à mi-chemin d'Angora à Pyrmnesia, qui est à i& ou i5 milles géographiques d'Angora (c'est-à-dire à 70 ou 76 milles romains), un lieu du nom de Ghermah, avec les restes d'une ancienne ville. Non -seulement le nom, mais la distance sont convenables, l'Itinéraire d'Antonin donnant 83 milles d'Ancyre ^
En effet une différence de 8 ou 10 milles romains est bien peu de chose sur une pareille distance, avec les procédés de calcul topographique dont les anciens faisaient usage. Quant à la distance de Germa à Pessinonte,M. Ha^ milton, quina pas visité Yerma^ dit trois ou quatre heures, sur le rapport des gens du pays. Or ses heures de route représentent 3 à /i milles anglais, comme on le voit par l'ensemble de son voyage, où il faisait d'assez longues traites à cheval; et si, comme il est probable, il parle ici de la marche des paysans turcs, allant à pied à une faible distance, le chiffre doit être à peu près le même. Comptons 12 ou i/i milles pour la distance en question. Kiepert estime que le mille romain vaut le cinquième du mille allemand, qui est au mille anglais comme 69 est à i5; nous avons ainsi, pour le rapport du mille romain au mille anglais, 77 ou ff environ. Les 16 milles de l'Itinéraire seront donc, à très peu de chose près, i5 milles
' Si nous mesurons sur la carte lltinëraire, mais ia différence est
de Hamilton ia distance directe de très-faible, et l'on peut dire qu'elle
Germa à Angora, nous trouvons en- est nulle, si Ton tient compte des
viron 68 milles anglais. C'est un peu détours que devait faire la route ro-
moins que les 76 milles romains de maine.
anglais; il y en a 12 ou 1 4 peut-être par les sentiers les plus directs; il est impossible de demander une exactitude plus grande.
Après Pessinonte, Ptolémée donne Vindiay qui, comme nous l'avons vu, doit se trouver sur la route d'Ancyre, à â/i milles romains. M. Franz ^ pense que cette localité peut correspondre à Meulk-Koï, où Hamilton a trouvé une inscription latine, et la Papira de l'Itinéraire au Baluk- Kouyoumji du même voyageur ^. Je ne puis admettre ce tracé, que cependant Hamilton ne contredit point. Il juge que cette inscription latine, assez mutilée d'ailleurs, était celle d'une pierre milliaire appartenant à la route d'Ancyre à Dorylée ou à Germa '. Que la colonne de marbre où cette inscription est tracée fût érigée sur une voie romaine, la chose est plus que probable, et Meulk-Koï est bien sur la route directe d'Ancyre à Dorylée, puisqu'il est reconnu que Dorylée est^ Eski-Sehr *; mais, pour aller par
^ Fûnf Inaekr^ien undjvnf Stàdte , règne de Vespasien et le 7' consulat
p. 9 o. de Domitien. Cependant la date pour-
' D écrit diflEéremment ces noms, rait être 79(7* consulat de Titus) en
qu'il ne connaissait encore que par comptant la puissance tribunitienne
le sommaire publié dans le journal de Vespasien du jour de sa procla-
de la Société anglaise de géogra- mation par les armées d'Orient. Dans
phie. un monument élevé en Asie, en l'hon-
^ L. AS 6 et Append, n* 1 89. Ce neur des princes et d'un lieutenant
monument est daté trde la 11' année de l'empereur, mais non par ce liea-
(rdela puissance tribunitienne du di- tenant, puisque le nom de Cesennius
(tvin Vespasien,» 7' consulat d'un Gailius est à l'accusatif, il ne faut pas
prince de la jeunesse qui doit être s'étonner si le mot dwus est appliqué
Domitien, d'autant plus qu'après une à un prince vivant, assez courte lacune se trouve le mot * Fûnf Inschrifi. etc. p. 4. — Cf.
ÙBêor. Or l'an 80 est à la fois le ii' du Corp, inscr, n" 38io-38i7.
là d'Ancyre à Germa, il faudrait faire un bien grand dé* tour au nord-ouest. Hamilton a passé par Meulk, en se rendant tout droit d'Angora à Sevri-Hissar. De plus, un coup de compas sur la carte montre que la distance de Meulk à Yerma est à peu près la moitié de celle qui sépare Meulk de Baluk-Kouyoumji; tandis que, d'après l'Itinéraire, il n'y avait qu'une différence d'un quart entre les distances indiquées. Enfin Hamilton a mis treize heures à parcourir la distance entre ces villages (treize heures de marche^ et non comptées du départ à l'arrivée), ce qui suppose au moins ho milles anglais, ou plus de ho milles romains , et non pas 3 2 , une voie militaire étant, d'ailleurs , facile à tracer sur ce terrain et exigeant peu de détours ^ Sans être bien exacte pour la position de Meulk-Koî, la carte de Kiepert (Phrygie et lieux voisins, i84o), qui est jointe à la brochure de Franz, le distingue cependant de Vindia, qu'elle met un peu plus au sud- est. Tenonsnous-en donc à placer Yindia dans la plaine de Haimaneh , à huit lieues au nord-est de Germa, pas très-loin de Beyjayes et d'Yaila.
Pour Papira, 5 9 milles de Germa et 27 d'Ancyre nous donnent-ils la position de Baluk-Kouyoumji? Hamilton estime seulement à 18 milles anglais, soit environ 20 milles romains, la distance de ce village à Angora; ce serait donc une erreur de plus d'un quart dans l'Itinéraire. Je pense néanmoins que la voie romaine passait par là, à cause des hauteurs qu'elle eût trouvées à droite et à gauche de ce tracé; elle ne pouvait guère prendre la direction pré-
' Voyez Hamilton, t. I, p. A 33, /i35, et sa carte.
cise de Germa, quà l'entrée de la plaine de Haimaneh, entre 6aluk*Kouyoumji et Beyjayes. Du reste, il serait à croire que, située à ^5 milles seulement d'Ancyre, Papira, qui ne figure pas sur les listes de Ptolémée, appartenait plutôt aux Tectosages qu'aux Tolistoboyes, si ce géographe ne paraissait mettre Ancyre vers la frontière occidentale des premiers, et si Assarli-Kaya'fut réellement, dans la campagne de Manlius, la forteresse des Tolistoboyes.
Ptolémée donne encore à ceux-ci Anaros, Tolastachora et Vetestum. La position de la seconde est assez facile à établir, si l'on identiCe avec son nom le nom bien probablement altéré de Tolosocorioy qui se lit sur la table de Peutinger^ Tolosocorio est à au milles d'Abrostola, sur la route qui, se bifurquant près d'Archélaïs avec celle d' Ancyre, venait d'Iconium, ainsi que le montre la Table dont Kiepert donne une section avec sa carte de Phrygie, Abrostola elle-même étant sur le chemin de Pessinonte à Amorium. Cette dernière ville est identique à Herjan-Kaleh , d'après Kiepert comme d'après Hamilton , qui l'a vue ^. Hamilton y a remarqué des ruines étendues, mais dont le caractère n'est pas bien nettement hellénique, et qui doivent, pour la plupart, appartenir à l'époque byzantine ^. Ces 4 7 milles, comptés, sur la Table théodosienne , de Pessinonte à Amorium, ne s'accorderaient point, il est vrai,
* C'est lavis de Ritter, p. 6o5. Ritter, p. 58i, qai adopte cette iden-
* rrLenomdeHerjan-Kaleh, dit-il, tification entre Amorium et Heijantrlui est donne par tous les Turco- Kaleh; et une inscription latine dans rrmans;les Turcs l'appellent Hassar- Y Appendice de Hamilton, n° 1 55. trKieui.» (T. I, p. 4&9.) Voyez aussi ^ Ibid. p. &5o-&5i.
avec la distance réelle, qui est de a 5 milles anglais; mais la route qui s'y trouve tracée à droite d'Amoriuni , et qui conduisait à Tolosocorio, n'en donne que ii d'Amorium à Abrostola, ce qui indique une réduction de l's milles, réduction d'ailleurs vraisemblable, puisque les 2 3 milles notés à gauche peuvent être une répétition maladroite des â/i milles comptés entre Pessinonte et Abrostola; de plus, rien ne prouve que celle-ci fût sur la route directe de Pessinonte à Amorium. Quant aux âs milles donnés par la Table, comme distance de cette dernière ville àLaodicée-Katakékauméné, qui est Jorgan-Ladik, comme le montrent et son nom et l'abondance des inscriptions grecques qui s'y rencontrent S ils présentent, au moins à la première vue, un problème inextricable, d'autant plus que cette même Table théodosienne indique plus de 1 00 milles, partagés entre plusieurs stations, de Laodicée à Iconium (Konieh), tandis que Konieh est assez voisin de Ladik. Faudrait-il croire que le copiste a mesuré en sens contraire, a retourné de gauche à droite la route d' Amorium à Iconium? Je me garde de l'affirmer; mais le manuscrit unique, ce me semble, que la science possède de cette Table n'est pas fait avec assez de soin pour que cette explication soit absolument inacceptable. D'ailleurs le Caballu- Corne, qui est donné comme la première station , à partir de Laodicée, rappelle beaucoup le bourg de Cuballum, première station de Manlius, sur le territoire gallo-grec 2. Or Manlius se dirigeait, par la plaine de Haimaneh, vers le haut Sangarius ; supposez que Caballu-Come forme la tète
• (hrp, inscripL t. III, p. 65-66, * Voyez Tite-Live, liv. XXXVMl, — Cf. Hamilton, t II, p. 19/1. p. 18.
lOA HISTOIRE
de ligue, en allant d'Aniorium à Laodicéey et vous pourrez admettre soit son identité avec le Gabalium-Tolistoboye de Tite-Live, soit une origine commune pour deux dénominations voisines. On m'excusera donc si, avec le (?) de rigueur, je me suis permis de Tinscrire sur ma carte, dans la situation que lui donnerait la Table ainsi rectifiée, comme premier bourg de la Galatie sur cette frontière.
Revenons à Tolistochora. La position d'Abrostola étant connue par le tracé dun triangle, dont les deux angles sont Amoriuni et Pessinonte, et dont les trois côtés se trouvent connus en longueur, on aura facilement celle de la ville désignée par Ptolémée, en portant, dans la direction de Laodicée, une ouverture de compas correspondant à a/i mifle^. Le géographe grec place Anaros à la longitude de Germa et à lo' au sud de Pessinonte, Vetestum à âo' plus au sud encore et à la longitude de Vindia. Je ne donne pas, bien entendu, ces mesures comme définitives, puisque, pour Pessinonte même, il se trompe de plus d'un degré. Gomme, d'ailleurs, ses longitudes sont habituellement tout ce qu'il y a de plus incertain, je ne donne la position d' Anaros et de Vetestum que comme des approximations très-vagues; néanmoins on peut, ce me semble, déterminer avec une certaine exactitude la frontière méridionale des Toiistoboyes par l'emplacement des villes qui sont désignées comme appartenant à la Phrygie, et qui regardent cette frontière. En tête de celles-ci se placent Amortum et Abrostola elle-même. Ptolémée les place ' un peu à l'ouest de Pessinonte; la pre-
mière à ko' plus au sud; la deuxième à i5' seulemenl; ce qui s'accorde passablement avec ce que nous avons vu; Strabon met Amorium dans la Phrygie Paroreia ^
Quant à la ville d'Orcistus, son identité avec Alekian était déjà reconnue par Pococke ^, mais elle se trouve démontrée par Hamilton, qui y a lu deux fois le mot Ùpxi- </lvvoi^ sans parler de deux autres inscriptions grecques et d'une assez longue inscription latine. Lune de celles qui contiennent le nom Ùpxir/]vvoi mentionne (pour l'époque romaine) des magistrats de cette cité'. Le Corpus dit, au lieu cité : a Orcistus in Notitiis episcopatuum oppidum est crGalatiae, sed antiquitus Phrygiae annumeralur. x Cet antiquitus doit-il se rapporter au temps oili il n'y avait point de Galates en Asie Mineure, au temps de la Galatie autonome, ou au temps du Haut-Empire? Ni Ptolémée, ni Pline, ni Strabon, ne nous éclaircissent directement làdessus; mais Orcistus est entre Abrostola, ville de Phrygie, et Mideum, que Strabon y place également; Orcistus est aussi placé en Phrygie dans 1'^^^^ antiquus de Kiepert; le sens naturel de la phrase du Corpus conduit à la même conclusion. De plus, Strabon nous dit qu'en allant de la Phrygie Epictète, où se trouve Mideum, dans la Grande Phrygie, qui est au sud, on laisse à gauche Pessinonte, le pays des Orcaoriques et la Lycaonie *. Pessinonte n'était donc pas bien éloignée de la frontière. Cependant tout cela ne constitue pas une démonstration, et certains faits,
' Vol. III, page 7a de rëdilion ^ Voyez Ha mil ton , Appendice,
Tauchnilz. n" i5o-i54; et t. I, p. 446-448.
* Voyez Corp. i«*cr.^.n" 389 9- * Liv. XII, ch. vi (p. 71-79 du
3896. 3* vol. de l'éd. Tauchnitz).
qui trouveront place ailleurs, m'induisent à penser qu'Orcislus appartenait aux Tolistoboyes lors de la campagne de Manlius.
Strabon désigne deux forteresses du pays des Tolistoboyes, Blucium et Peium, dont l'une fut, dit-il, capitale de Dejotarus, et l'autre le lieu où était déposé le trésor ^; mais il ne donne, à cet égard, non plus que sur Gorbie, résidence de Castor, aucune désignation topographique. Ptolémée n'en parle pas, et il pourrait être téméraire de les assimiler aux fortiflcations sut generis dont je parlerai bientôt. L'examen de la marche de Manlius montre que Gordium était sur le Sangarius, un peu au-dessous de Pessinonte.
IL Les Tectosages. — La position d'Ancyre ne peut offrir matière à aucune incertitude, à aucune discussion même, en présence des nombreuses inscriptions antiques que renferme l'Angora moderne^, qui a d'ailleurs presque conservé le nom que la ville portait au temps des Gaulois. C'est encore une ville considérable. La hauteur où se trouve le château s'élève au milieu d'une rangée de collines, séparées par une vallée profonde d'autres collines situées un peu plus à Test. Une rivière venant du sud-est serpente à travers des roches boisées, que couronnent à gauche les murs ruinés de la vdle et de la citadelle '. Des nombreuses villes ou bourgades que Ptolémée énumère à
' Pau, pentes, en langue kirari- ' Hamilton, Appendice, n** io3-
que, loisir, lieu de repos; Blouk, i38, et 1. 1, p. /iao-/i93. — Corp.
caisse, coffre, et par extension , lieu de I , n" 4o i o-4o8o. dépôt, dit M. Ara. Thierry (l, ch. x) ' Hamilton, t. I, p. 416-617.
la suite d'Ancyre, Olène, Corbéonte, Agrizama, Viazéla, Orosologia, Sarmalia, Dictis, Garima, Landosia, la plupart sont, je pense, à jamais perdues pour la géographie comparée, d'autant plus que le Corpus inscriptionum n indique aucune inscription comme appartenant aux environs d'Angora. Il me resterait donc seulement, si je m'en tenais aux données classiques, à faire observer ici que, selon Ptolémée S Ancyre et Agrizama étaient les plus occidentales de toutes, Sarmalia et Landosia, les plus orientales; la distance mesurée entre ces deux limites s'éievant à 1**, ko' de longitude, s'il était permis de se fier aux longitudes de cet écrivain; tandis que les latitudes extrêmes diffèrent de i** 20', Ancyre et Olène étant les deux villes les plus septentrionales^. Mais, à côté des textes écrits, on a signalé des données archéologiques, ces ruines de forteresses dont je parlais tout à l'heure, et qui peuvent appartenir en partie au territoire tectosage ; il est temps d'y arriver.
III. Les forteresses galates. — Je rappellerai préalablement que Ritter^ pense reconnaître, au mont Magaba (sans doute le Baglun-Dagh de Hamilton*), la position occupée par les Tectosages lors de la campagne de Manlius, position que Tite-Live^ dit avoir été prise sur une montagne, à un peu plus de 10 milles d'Ancyre.
' Voyez Ptolémëe, livre V, cha- * Asie Mineure, p. 5a3. pitre II, S 96. * Voyez la carte de son voyage,
' Corbéonte se trouve sur Ja carte dressée d'après les documents ori-
de Kiepert, apparemment d'après ginaux par John Arrowsmilh. Ptolémée. ' XXXVn[,xxviintV.
Cette attribution est vraisemblable , mais elle résulte de considérations purement géographiques; on trouve, au contraire, plus au nord, des forteresses où Ton a pensé reconnaître non-seuletnent la position d'anciennes places de guerre, mais le caractère des fortifications de ce peuple.
Le Karawiran (ruines noires), visité par M. Ainsworth en janvier 1889, est situé sur une des hauteurs qui limitent à gauche la vallée du Ghar-Su , affluent de droite de la rivière d'Angora ^ «r C'est, dit Ritter ^, un mur isolé, en (c pierres colossales, sans mortier, renfermant un espace de (f i 27 pieds de diamètre, et, non loin duquel, sur le revers «r d'un rocher, subsiste encore un petit fort de même espèce. (rUn mur environnant un espace vide est le caractère spé- «r cial des forteresses galates. Plusieurs d'entre elles peuvent «r avoir été dépourvues d'habitants , tandis que d'autres au- (c ront été bâties dans des villes plus anciennes, pour servir (T d'asiles. Rien de semblable , fait observer Ainsworth , ne ff s'est rencontré dans cette partie de l'Asie , et ce genre de cr construction est complètement différent de toutes les rr autres constructions antiques ou modernes. 11 ne pouvait, (f sur ce vieux sol de la Gallo-Grèce, au cœur du pays mon- (rtagneux des braves Tectosages, que lui rappeler les forer teresses celtiques ^. -n
Une fois ce caractère déterminé, nous pouvons revenir pour quelques instants en arrière, vers le pays des ToHstoboyes, pour y chercher de semblables monuments. C'est en effet dans l'angle des deux rivières de Pessinonte et
' Voyez la carie de Haniillon. ^ Celles-ci ëtaient quelquefois éloi-
* Page 466. gnëes des villes.
d'Angora, que MM. Haniilton ^ et Ritter ^ reconnaissml le mont Olympe, où Manlius Yulso attaqua les Tolistoboyes. Voici comment Haroilton le décrit :
ff Le mercredi i k septembre (i 836) , je partis de bonne <r heure pour visiter des ruines sur le sommet d'une coltrline élevée et conique, nommée Assarli-Kaiya , à 3 railles (rau sud (de Baluk-Kouyoumji). En marchant sur un sol (rnu et rocheux, nous en atteignîmes le sommet en une cr heure. Là je trouvai les restes curieux d'une forteresse tt très-remarquable; c'est une sorte de château-éminence f( [a kind of hill-fort) ^ évidemment très-ancien. Le som- (rmet de la colline, formé de trachyte rouge porphyrique, (Test complètement couvert de débris grossiers, environ- (T nés d'un mur presque circulaire d'environ lo pieds de crhaut et formé de grossiers blocs de pierre de différentes tr dimensions; il y a aussi quelques restes d'un ouvrage ff extérieur au sud-est. Tout l'intérieur est divisé en pefftits appartements, formant un parfait labyrinthe et sans ff rues ou passages pour conduire de l'un à l'autre. Ce n'est (T certainement pas un travail turc, et il ne ressemble à autrcun ouvrage byzantin que j'aie jamais vu. Il est à une tr hauteur considérable et forme un point visible de tout le ïfpays environnant. En me rappelant le récit de Tite-Live, ffce lieu me paraît concorder parfaitement avec la des- «rcription du mont Olympe, où les Tolistoboyes avaient ïT cherché un asile et se défendirent. Il est évident que le amont Olympe était une colline isolée et non un pays (T montagneux, comme le pays au nord d'Ancyre, où on le tf met généralement, n
' 1, 43i-43q. — * Page5Q9.