CHAPITRE XIII
HISTOIRE DES CALATES, DEPUIS LA PAIX AVEC LES ROMAINS JUSQU'À LA RÉUNION À L'EMPIRE.
I. Les Galates jusqu'à lajin du ii' siècle. — Dès la troisième année de la 1/19* olympiade, sept à huit ans après lexpédition de Manlius, la Galatie, fort affaiblie par les pertes énormes qu'elle avait faites, se trouva envahie par un voisin dont nous ne connaissons pas précisément les griefs, mais qui, en cette conjoncture, ne crut pas devoir attendre les effets du recours adressé à Rome sur les points en litige. Pharnace, roi de Pont, envoya un de ses généraux, nommé Léocritey pour piller la Galatie, tandis que lui-même pénétrait dans la Cappadoce ^ et il trouva chez les Galates des partisans, Carsignat et Gésétorix^. Léocrite pénétra même jusqu'à Tins *, où il fit capituler une garnison de mercenaires. Cette garnison, étant sortie de la place , fut égorgée à l'arrivée d!ordres envoyés par le roi, qui voulait satisfaire contre elle d'anciens ressentiments *.
Effrayés des progrès que faisaient les troupes de Pharnace, Eumène et Attale se portèrent en armes à la rencontre de Léocrite, qui n'osa pas les attendre; Carsignat et Gésétorix leur envoyèrent une promesse de complète
' Pol. XXV, IV. * Diod. fragm. iiv. XXIX.
' rd.ibid. * Id. ibid. s. a. i8q.
soumission ^ Ne trouvant aucune résistance en Galatie, ies deux princes pergaméniens ne s'y arrêtèrent pas ; en quelques jours ils furent arrivés sur l'Halys, et, le lendemain, ils étaient à Parnasse, bourg qui n'est point nommé ailleurs, mais qui devait être sur les confins des Gappadociens et des Trocmes. Là leur marche triomphale se trouva suspendue par l'arrivée d'une ambassade romaine ^, qui venait apporter son arbitrage précédemment sollicité par Attale*. Eumène n'avait pas l'intention de le décliner, quoiqu'il se crût assuré du succès ; il rentra sur le territoire galate, puis dans sa capitale; mais il fut impossible d'amener les ambassadeurs de Pharnace à des engagements qui parussent satisfaisants^. On ignore comment la lutte fut alors poursuivie ou éludée; seulement le fragment qui suit, dans les Extraits de Polybe, nous montre une trêve conclue entre Pharnace et Attale, qui se rend à Rome pour solliciter une solution définitive et favorable ^. Il ne paraît pas cependant qu'elle ait été nécessaire, car Pharnace, attaqué de nouveau et brusquement, demanda la paix aux rois de Cappadoce et de Pergame. Pour l'obtenir, il promit non-seulement d'évacuer la Paphlagonie, de rendre les prisonniers et de satisfaire à cer-
* Pol. XXV, IV. lybe (éd. Didot) pour le commence-
* Id. ibid, ment de la guerre , c'est-à-dire encore
* Diod. fr. liv. XXIX, s. a. 182. la troisième année de la i/ig' olym- Ce fait est placé, dans les fragments piade; et Polybe {ubi supra) nous de Diodore , immédiatement avant apprend aussi que le voyage d'Altale l'expédition de Léocrite contre Tins à Rome précéda immédiatement cette (Diod. t. VI, p. 126 de l'éd. Tauch- campagne.
nitz). La date est celle que nous * Pol. XXV, v. trouvons dans les fragments de Po- * Ibid, vi.
taines créances, mais de ne jamais remettre ie pied en Galatie et de renoncer aux avantages du traité qu'il avait conclu avec les Galates^ traité, soit d'alliance déclarée avec des chefe comme ceux dont j'ai parlé tout à l'heure, soit de recrutement sur une grande échelle. Les habitudes de ce peuple rendent bien probable que tel était au moins un des objets de cette convention : les Galates, soumis par Rome à un régime de paix forcée, ne pouvaient manquer d'y échapper par quelque côté, leur Etat, comme le dit Contzen, ne subsistant que par et pour la guerre^.
Une nouvelle lacune se présente ici dans l'histoire de ce peuple. Les Gaulois illyriens se virent, quelque temps après, sur le point de jouer un rôle considérable en Europe, c'est-à-dire de prendre part à la lutte entre Persée et Rome; mais ils en furent aussitôt écartés par le refus de subside que, soit impuissance, soit avarice, le roi de Macédoine leur fil éprouver*. Mais, à peine Persée fut-il abattu, qu'Eumène, allié des vainqueurs, et qui semblait favorisé par les événements de la guerre , se vit tout à coup exposé aux plus grands périls par une attaque inattendue des Gallo- Grecs, malgré les nombreux retires qu'il avait recrutés chez eux pour la guerre de Macédoine*.
* PoL XXVI, VI. frrei in nicht unbedeutender Anzahi ' ffWie ... bei einem Staate des- rrin dem Heere des Kônigs finden,
(rsen GesammteinrîchtuDgen nur auf rrdas unter seiner eignen Anfahrung
rrKriegeberechnetwaren.«($/iotmV.) rden Rômem gegen Perseus von
^ PoL.XXIX, ih. — Diod. fragm. rrMakedonien zu Hûlfe zog.y) — Ce