avveiriaxy^ tsepl rffs èXevdepias
* PoL XXXI, VI : Tifs TaXarias (Pol. ibid.) ovK d^hlaordai Torrapdéiray. * Pol. XXXI, xin (dernière année
' Idem, ibidem, — Conf. Dio- de la cent cinquante-troisième olym-
dore, fragm. livre XXXI, a. 167. Il piade, i65-i6/i).
phrate qu'avaient causé des travaux imprudents sur son affluent, le Mêlas ^
Deux ou trois générations se passent sans que les Gaulois d'Asie se montrent dans aucune guerre , à moins que ce ne fût pour fournir des auxiliaires aux légions romaines dans les rares occasions où elles durent alors se déployer en Asie; peut-être aussi faut-il admettre qu'il y eut des Gaulois dans ces barbares mercenaires que le dernier des Attales employa comme bourreaux^. Comme le fait observer M. Contzen, celte paix forcée amena un notable changement dans les mœurs dès Galates et dans leurs croyances religieuses*, cr Ainsi, dit-il, on trouve, dans Cicéron, un Galate, Brogitaras, désigné comme prêtre de Cybèle; dans Strabon, un autre, Dytoitès, prêtre de Ma, à ComaneS et même deux femmes galates employées au service de divinités étrangères, n C'est alors aussi, ou du moins dans un temps où la Galatie devait être encore autonome, puisqu'ils sont mis par Polyen ^ au nombre des téirarques, que vivaient Sinorix et Sinat, dont il raconte brièvement la tragique histoire. Sinat avait une femme, nommée Camma, d'une grande beauté et d'une singulière énergie. Elle était prêtresse d'Artémis , c'est-à-dire de la déesse de Comane, la même que Strabon assimile à Enyo ou Bellone® et que les Galates, dit Polyen, vénéraient tout spé-
* Besonderer Theil , S 89. — * Dyteut, fils d'Adiatorix; il était Strabon, XII, 11 (t. III, p. 10 de contemporain de Strabon. (Voyez i'ëd. de Leipzig). t. III, p. /12.) Nous avons vu que
* Diod. fragm. 1. XXXIV (t. VI, Ma est ]a même que Cybèle.
p. aoy, Q08). * VIII, xxxix; et Plut, de nmlie-
^ Besonderer Theil, S ko init. — rutn virtute. Cf. Am. Thierry, 1" partie, chap. x. * Voyez p. 5, ko, 43. — Conf.'
cialement. Sinorix en devint épris; ne pouvant la gagner, il assassina son mari et bientôt la demanda en mariage. Gamma, cédant aux instances de ses amis et de ses proches, promit d'y consentir et de célébrer son mariage dans le temple de la déesse. Sinorix y arrive, accompagné des plus notables Galates; là, elle partage avec lui un vase de liqueur qu'elle avait empoisonnée, et elle expire en remerciant la déesse d'avoir pu venger son mari. Ce sont là des traits de mœurs intéressants à noter et une preuve de la transformation opérée dans les habitudes des Galates; mais la présence d'une colonie gauloise à Gomane donne lieu de penser que ce trait appartient au temps de l'extension temporaire de la Galatie dans le Pont, c'est-à-dire au premier siècle avant l'ère chrétienne. On voit aussi que la licence du culte de Diane pontique n'avait pas abâtardi les mœurs de toutes les femmes gauloises.
II. Guerres de Mithridate. — Enfin, après quatre-vingts ans d'une obscurité à peine interrompue par la guerre d'Aristonic, l'Asie Mineure redevient le théâtre de grands événements. Sans doute ici les faits qui concernent la Galatie disparaissent presque dans ces luttes terribles où , plus d'une fois, durant un quart de siècle, la puissance
Â. Maury, Htst, des reh de la Gr, atU, avec les hommes, n dit M. Maury, qui
III, p. 171-176; sur i'Artëmis-Pa- cite, à ce sujet, des écrits, de Plu-
troa de Galatie, voyez p. i65. Ce ne tarque, tandis que Gamma ëtait ma-
devait pas être la même que TArtë- riëe. Il ne faut pas, d'ailleurs , penser
mis -Ma de Gomane, puisque rrsa ici aux petites teVarcAïc* fictives de
prêtresse gardait une réclusion se- la Galatie romaine, qui ne compre-
vère et n'entretenait aucun rapport nait pas ce canton.
iUO HISTOIRE
romaine se trouva tenue en échec. Néanmoins il n'est pas impossible de suivre, dans ses phases principales, Thistoire des Galates durant cette période, et leur rôle fut peutêtre plus important que les historiens de Rome ne l'ont voulu dire, si l'on en juge par la manière dont, après la victoire, Pompée en usa avec un de leurs chefs.
Accoutumés depuis longtemps à se regarder comme les alliés de Rome, les Galates ne firent point difficulté de lui fournir des recrues, lorsque la guerre de Mithridate fut sur le point de commencer et qu'il s'agit de replacer sur leurs trônes Ariobarzane etNicomède, dont l'expulsion avait été le signal de la lutte ^ La Phrygie en avait fourni de même; les cités phrygiennes jouissaient, surtout depuis la défaite d'Antiochus, d'une sorte d'autonomie. Qu'elles fussent expressément affranchies de toute domination, par suite du traité de paix, comme l'avait été Antioche de Pisidie, ou qu'elles fussent soumises au tribut envers Pergame^, il ne paraît pas qu'aucune d'elles ait passé, avec la Mysie et la Lydie y sous l'autorité directe des proconsuls. L'ancien roi de Pont, qui s'en était rendu maître, ne s'était donc pas constitué par là en état de guerre formelle contre les Romains, non plus que ceux-ci n'avaient envahi un royaume étranger, en contraignant le Pont à y renoncer, durant l'enfance de Mithridate^. Cependant ce dernier événement avait probablement amené le sénat à considérer la Phrygie comme une conquête, comme réunie, au moins implicitement, à la province d'Asie; mais, pour la Galatie,
* Appien, De belh mithridatico , ' Voyez Appien, xi-xn. — Cf. XI. Saint-Martin , art. Mithridate, dans la
* Voyez svpra, XII, m. Biographie universelle.
la position était plus nette; elle formait un État ou plutôt trois Etats distincts; c'était bien à titre d'alliée qu'elle fournissait des soldats; peut-être même n'étaient-ce que des volontaires.
Par suite de ces premières démonstrations; le glaive est tiré, la guerre se trouve engagée. En même temps qu'il fait appel , en Europe , aux Sarmates , aux Bastarnes et même aux Ombres, c'est-à-dire aux Cimmériens du Danube, Mithridate cherche à entraîner les Galates vers sa cause ^ Il ne paraît pas y avoir réussi d'abord. «rLes généraux tr romains, dit Appien, réunirent les troupes de Bithynie, (rde Gappadoce, de Paphlagonie et de la Gaule asiaff tique, 1) outre les soldats que L. Gassius avait dans l'Asie romaine. Gassius s'établit entre la Bithynie et la Galatie^; Manius à l'entrée de la Bithynie, du côté du Pont, et Appius v€rs la Gappadoce, ayant chacun environ 4 0,000 hommes, s'il en faut croire Appien : j'incline fort à penser que ce chiffre représente plutôt celui de leurs forces réunies. Nicomède avait, en outre, selon le même récit, 5 0,0 00 fantassins et 6,000 cavaliers, mais Mithridate, qui disposait des aventuriers circassiens, géorgiens et Scythes, avait, dit-on, 4 0,0 00 chevaux et 2 5 0,000 fantassins.
Archélaûs remporta une victoire complète, dans le bassin de l'Amnias, sur les troupes de Nicomède^, que Manius apparemment n'avait pas su appuyer. Les géné-
' Justin, XXXVIII, III. moyen, pour en commander le pas-
* Èt^ ^é<T(û Btdvvias xai TaXarias sage et garder ses communications
(Appien, xvii); c'est-à-dire appa- avec les Galates. remment sur TOrminius, ou peut- ^ Appien, De bello mithridatico ,
être sur les bords du Sangarius xviii. — Strabon, XII, m.
iài HISTOIRE
raux romains, qui avaient commencé la guerre sous leur responsabilité \ furent pffrayés de ce mouvement, qui découvrait entièrement leur gauche, car l'armée bithynienne était anéantie; ils le furent peut-être encore plus de la politique alors employée par Mithridate, qui renvoyait ses prisonniers sans rançon et avec des frais de voyage. Manius essaye de reculer; il est atteint, défait, et perd 10,000 hommes, avec son camp. Il s'enfuit à Pergame, où Nicomède arrivait aussi en fugitif, n'osant, ne pouvant plus même défendre son royaume, ni se maintenir sur sa frontière à côté de Cassius, puisque celui-ci se repliait sur Apamée^. Mithridate prend alors possession de la Bithynie entière, dé la Phrygie, de la Lycie et de la Pamphylie. Appius, dont les communications étaient, comme on le voit, coupées, voulut tenir dans Laodicée (Katakékauméné?), et fut livré par les habitants^. Manius Jut aussi fait captif et mis à mort ; Pergame et tous les pays de l'ouest tombèrent aux mains de Mithridate^; Nicomède aviait fui jusqu'en Italie ^.
Complètement isolés entre l'Asie conquise et bientôt compromise par le massacre des Romains^, le Pont luimême et 1^ Cappadoce, qui fut également soumise, même avant la campagne de Grèce ^, les Galates n'auraient pu soutenir la cause romaine que par un très-énergique dévouement. Aussi ne faut-il pas s'étonner de voir, sur le champ de bataille de Ghéronée, où Archélaûs voulut tenir
^ Appien, De helh mtthridatico.
* App. De bello ndthridatico, xxi.
* Strabon, ubi supra.
' Id. ihid. XIX.
• App. De Ml. mithr. xxii, uni.
* Id, ihid, XX.
' Plularque, Suîla, xi.
tête à Sylla, son armée composée de Pontiques, de Thraces, de Bithyniens, de Gappadociens, de Phrygiens, de GalateSy a et de tous les autres peuples nouvellement cr soumis à l'empire de Mithridate, 77 dit Appien ^
L'issue de la bataille ne fut point douteuse et dut laisser peu de confiance à Mithridate sur celle de la seconde expédition qu'il préparait, pour disputer encore ses conquêtes européennes. Ses succès ayant cessé, il craignit dès lors des défections, même en Asie. Accoutumés à la pensée qu'ils pouvaient tout par la crainte, les rois de ce continent ne savaient pas conserver longtemps une politique large et confiante. Aussi Mithridate, en même temps qu'il faisait les levées^ avec lesquelles Dorylaûs alla perdre la bataille d'Orchomène, se mettait en garde contre ses voisins les plus suspects, et, en cherchant à lés contenir par des moyens terribles, il s'en fit des ennemis dangereux. Lui-même ou ses lieutenants, en effet, voulurent empêcher ainsi un soulèvement des Galates, qui avaient été amenés à. son alliance par les événements plutôt que par leur volonté, et qui n'étaient pas compromis avec Rome autant que les Grecs d'Asie. D'ailleurs, ils n'entendaient pas être traités en sujets; des syipptômes d'opposition se manifestaient', compliqués «lême, selon Plutarque, d'un projet d'assassinat^.
Les téirarquesy à l'exception de trois ^ qui parvinrent à s'échapper ^ leurs femmes, leurs enfants, ceux de leurs amis qui se trouvaient auprès d'eux et ceux qui se mon-
' App.Deft.m.xLi. — Plut, ivi-iix. * Plut. Z)c mu/, mrf.
' App. ibid. xLvi. — Plut. xx. ^ H parait donc qu'il y en avait
^ Appien , ïbid. encore douze.
ihà HISTOIRE
traient indociles à lautorité nouvelle forent massacrés, les ans dans des embuscades, les autans en une seule nuit, sous leur toit^ Le roi s'appropria leurs trésors et mit garnison dans les villes de Galatie, où il installa un satrape; mais le soulèvement (ut général, irrésistible, surtout dans la situation oA se trouvait déjà Mithridate. Les paysans accoururent sous les ordres des tétrarques écbappés à la mort; toutes les garnisons furent chassées et poursuivies jusque bors du pays, et il ne resta au roi de Pont que les trésors enlevés*; ils pouvaient être considérables, mais il est bien douteux qu'on ait eu le temps de les mettre tous en sûreté. Les événements qui se précipitaient ne lui permirent d'ailleurs aucune revanche. 11 dut signer la paix et évacuer toutes ses conquêtes.
11 crut avoir trouvé une occasion plus favorable, quand Sertorius, tenant occupées à Textrémité de TEurope les troupes du sénat, consentit à négocier avec lui. Âppien^ prétend même que ce général promit à Mithridate YAsie^ la Bithynie, la Paphlagonie, la Gappadoce et la Galatie; mais, selon nutarque\ Sertorius, malgré Favis de son sénat, lui refusa TAsie romaine et lui permit seuleoient de s'emparer de la Bithynie et de la Gappadoce, ^vrf ^aunkevéïÂSiKij récit qui s'accorde mieux avec le caractère du héros; il est possible que Sertorius ait compris la Galatie parmi les pays alliés cédés au roi.
Mithridate n'eut pas le temps de tirer grand avantage de ce traité. 11 put, il est vrai, avec des moyens militaires qui paraissaient plus sûrs que ceux des campagnes pré-
* AppieD, Dehea.miikr.Ms9qrrm. ' Appiai, De hdL anfAr. lux. ^ Id.iM. ' Ilotarqiie. &rtDrmr, xxni.
cédentes^ occuper de nouveau la Bithynie, où Nicomède venait de mourir sans enfants, léguant, dit-on, ses Etats à Rome; mais il vint se heurter sans succès contre Cyzique, et là il se vit bloquer, devant la ville qu'il assiégeait, par Lucullus, qui, à la tête de cinq légions, .réduisit les barbares à se nourrir de chair humaine ^. Il est clair qu'il ne pouvait être maintenant question pour le roi de recruter des volontaires en Galatie. Durant les premiers temps du siège, un de ses lieutenants avait parcouru la Phrygie, soumis la Pisidie, l'Isaurie, la Cilicie. On ne sait s'il voulut prendre une revanche contre les Galates, mais, agresseur ou non, il fut attaqué au milieu de ses succès par le tétrarque tolistoboye Déjotar, qui, à la tête de ses Gaulois, le mit en déroute'.
Cet échec, en découvrant les frontières sud-ouest du Pont, contribua peut-être plus qu'on ne l'a pensé à faciliter la tâche de Lucullus, qui put tout à loisir conquérir la côte de l'Euxin. Il paraît aussi, d'après Memnon*, que les troupes galates rejoignirent l'armée romaine et se firent remarquer à la poursuite de l'ennemi, lorsqu'un sauve qui peut général se fit entendre dans les troupes de Mithridate, car on racontait à Héraclée que ce fut à ces Gaulois qu'échappa le roi, en laissant derrière lui un mulet chargé d'or et d'argent que se disputèrent les soldats.
^ (r Mithridate, dit la traduction 190,000 hommes tt ordemiez et
(td'Amyot, qaand ce vint à la seconde trëquippez ne plus ne moins qu'une
rrguerre, reséca toute pompe super- tr bataille de Romains.?)
rrflue de son armée au con- ^ Plutarque, Lucullus, xi.
(T traire fit forger des espëes longues ^ Appien, De helh mithndatico,
ffct fortes à la romaine, des bou- lxxv.
rrcliers pesants et massifs, ^ et il eut * Memnon, Ap, Phot. p. 935.
2/i6 HISTOIRE
Mais il restait d'autres Gaulois sur lesquels Mitbridate comptait encore, même après ses désastres en Arménie, même après la dernière bataille par laquelle Pompée le rejeta vers le Bosphore cimmérien, même après que l'effroi causé par ses gigantesques projets et aussi les intrigues de quelques traîtres eurent commencé à semer la révolte parmi ses propres soldats. 11 comptait alors encore, selon Appien\ sur l'alliance des Cettes établis dans l'Europe orientale, pour se frayer le chemin de Rome, qu'ils avaient vue conquérir la Macédoine et s'établir dans les Alpes Juliennes.
Us savaient que, sur eux prêt à se déborder, Ce torrent, s'il l'entraine, irait tout inonder; Et vous les eussiez vus, prévenant ce ravage, Guider dans Tltalie et suivre son passage.
Mais le plus grand roi de l'Orient, plus grand encore depuis sa défaite, fut arrêté par la révolte de Pharnace. Quand Mitbridate ne vit plus de refuge que dans la mort, ce fut, dit-on, le Gaulois Bituit, le chef de ses troupes celtes, qu'il chargea de lui ôter la vie^. La guerre était terminée, et Pompée pouvait, à son gré, disposer de l'Asie Mineure.
III. Règne de D^otar. César en Asie Mineure. — Les services de Déjotar ne furent pas mis en oubli, et l'étendue des Etats que Pompée lui donna, tandis qu'il ne laissait à Pharnace que le royaume du Bosphore, prouve
^ Appien , De beUo mithr. cviii , cix. — * Id, ibid, cii.
qu'il le considérait comme un des plus utiles appuis de la puissance romaine en Asie Mineure. Appien dit seulement, il est vrai, qu'il l'établit, avec quelques autres, comme tétrarque en Gallo-Grèce^; mais Strabon, dont le grand-père pouvait avoir vu de ses yeux l'état de choses que je vais décrire, est un garant bien plus sûr et bien plus précis.
D'abord il est certain, par son témoignage, que Déjotar eut la haute main sur toute la Galatie : Eha sis ëva {rfyefiàva) ^xev if Swa/Zleùty sis àktfioTOLpov^. Son assertion serait d'ailleurs confirmée, s'il en était besoin, et, en tous cas, elle est expliquée et conciliée avec celle d'Appien par l'auteur du De hello aleœmtdrinOy qui dit de Déjotar/ : (fTetrarches Gallo-Grœciœ tune quidem pêne ((totiiiSy quod ei neque legibus neque moribus concessum cresse ceteri tetrarchœ contendebant. -n L'anonyme latin ajoute, crSine dubio autem rex Armeniœ minoris ab se- (T natu appellatus , t) et il ne dit pas assez , car voici comment Strabon décrit les possessions de Déjotar, en dehors de la Galatie, telles que Pompée les régla :
Une partie de la Gadilonite, pays maritime situé à droite du fleuve Halys, appartint à la cité d'Amisus; une autre partie fut donnée par le conquérant à Déjotar,
^ Èirolet 3è xai rerpàp^as Tak- yopéct ILcu/Jôpa Pœfidionf (piXov.
\oypanHj&v fUv, ol vvv eitTi Tfikàxaiy (Appien , De hello tnithr, cxiv.) KawTraZoKlas Ôfiopot, ^rfïàrapov rtai * Strabon , XII , v. érépovs, UcL^Xayovlas Zè krraXov ' De bello ai lxvii. — Sti*abou
xcti fiàXxjuïv kplalapxpv Zwéu/lrfv, dit ailleurs, nous Favons vu, que
àifé^rjve hè nai rifs èv Kofiâvois Pompëe donna quelques cités aux
Seàs kpxéXdov iepéa, Ôirep éalt descendants de Pylamène, cr comme
Zvvac/leia ^ounXtxij, xai ràv Oava- cries Gaulois à leurs tétrarques. tj
aussi bien que les environs de Pharnacée et de Trébizonde, jusquà la Golchide et à la petite Arménie (l'Arménie en deçà de l'Euphrate), avec le titre de roi^; la petite Arménie était séparée de Pharnacée et de Trébizonde par les Tibaréniens et les Ghaldéens \ gouvernés, au temps du géographe, par la veuve de Polémon^ et devant, en conséquence, représenter ce qu'on a nommé le Pont polémoniaque, celui que Ptolémée ^ met à Test des bouches du Thermodon; il comprenait, sous l'empire, Zela et Néocésarée, avec beaucoup d'autres villes moins connues, tandis que le Pont galatique de Ptolémée, c'està-dire la partie du Pont qui fut temporairement rattachée à la Galatie, comprenait la plaine de Phanagorée, Thémiscyre, Amasée, Comane du Pont, etc.* Le royaume de Zela, auquel Pompée ajouta la Kalupène et la Kamisène, voisines de la petite Arménie et de la Laviniasène, se trouvait au sud du Pont galatique ®. Comane, nous l'avons vu, était administrée par le prêtre de la déesse ''.
La puissance de Déjotar était trop étendue pour être solide; et d'ailleurs, outre la prise qu'elle offrait aux accidents ordinaires de la politique, outre le peu de cohé-
^ Strab. t. III, p. q3 (ëd. Tauch- ^ Quelques années après, on voit
nitz). — Pompëe fonda Nicopolis chez les Trocmes la royauté ëphëmère
dans la petite Arménie et colonisa d'un certain Brogitar,^<Aopâ)fiaiov,
Eupatoria, sous le nom de Magtuh- comme il s'appelle sur sa monnaie,
poÙs. (Appien, De belh mithr. cxv.) aux types du Jupiter de Tavia et de
* Strabon, p. 35. la couronne de chêne. Aux mono- ' Id, p. 38. grammes de Tavia et des Trocmes, ^ Ptolémée, V, vi, S 6 et lo. la pièce joint Tinitiale de Pessinonte. ^ Id, ihid. S 3 et 9. (De Luynes, Eev. numism, tome X,
• Strabon, p. /»5. i8/i5.)
sion entre les diverses parties du nouvel Etat, Déjotar avait le malheur de vivre à une époque où les guerres civiles de Rome allaient exposer ses alliés, même sans imprudence de leur part, à la colère du vainqueur. Déjotar avait acquis, s'il en faut croire Gicéron S une renommée assez rare de moralité et de sagesse; il avait reçu du sénat et des généraux qu'il avait assistés en difiérentes occasions de nombreux témoignages d estime^; il s'était fait enfin une position aussi flatteuse qu'elle pouvait l'être au temps
Où, parmi tous les rois, nid n'était assez vain Pour prétendre égaler un citoyen romain;
mais la lutte éclatait entre César et Pompée. Or Pompée était le bienfaiteur de Déjotar, son hôte , son ami'; il avait pour lui le sénat et les consuls. Des sentiments de reconnaissance envers ce général et envers le sénat même*, l'habitude de l'obéissance envers les pouvoirs publics de Rome^, enfin la position géographique des deux partis, pendant les campagnes d'Espagne et de Pharsale, lui imposaient en quelque sorte la nécessité de se déclarer contre César. Il hésita cependant , et il ne se décida que sur un message personnel de Pompée®; mais enfin il
^ Pro rege Dgotaro, ix. trcretis appellavisset. » (Ibidem, m.)
* Ibid. xm, XIV. * (rQuiqueillum ordinem ab ado-
^ ffAd eum igitur rex Dejotaras trlescentia gravissimnm sanctissi-
trvenit... quocum erat non hospitio crmumque duxisset. {Ibid. m.) Qui
(rsolum, verum etiàm familiaritate t(8eaaimparere^d\cissety>{Ibid.y,)
«r conjunctus. » ( Ibid, v. ) ® cr Usque eo se tenuit quoad a Cn.
^ rrls rex quem senatus hoc no- «rPompeio ad eum legati literœque
ff raine saspe honorificentissimis de- rrvenerunl.») (/itii. iv.)
voulut faire preuve de zèle, et, quoique âgé, il amena lui-même au camp pompéien des troupes assez nombreuses \ lorsque déjà la cause de Pompée se trouvait gravement compromise^.
Du reste, il ne s'attacha pas bien résolument au parti républicain. Après la bataille de Pharsâle, il rentra chez lui, tandis que son petit-fils Castor cherchait à faire naître ou à entretenir de nouvelles espérances de succès '. Bien peu de temps après, durant la guerre d'Alexandrie, Déjotar fit parvenir plus dune fois à Ëphèse de Targenl pour César, qui cependant l'avait contraint de partager la petite Arménie avec Ariobarzane*; au dernier envoi, il lui fallut vendre des meubles et des domaines pour se procurer ces fonds ^.
Quant à cette guerre d'Asie à laquelle il prit une part plus active du côté de César, il faut convenir qu'elle était sienne, et que, sur ce point, il ne lui était pas dû une bien vive reconnaissance. Pharnace, en effet, voyant les Romains occupés à se déchirer entre eux, avait espéré recouvrer l'héritage de son père, et, quoiqu'il se fût décidé ou préparé un peu tard, il ne voulut pas renoncer à cette espérance. Il s'empara d'abord de la Colchide, ce qui contribua peutêtre notablement à retarder son arrivée sur le théâtre des conquêtes de Pompée ; mais enfin il parut en Asie Mineure et tomba sur la petite Arménie et la Cappadoce ^.
^ Cicëron, Pro rege Dej, m. * Dion Cassius, XLI, lxiii.
* (rPostremo venit ut ad fugien- ^ Cicëron, Pro regeDej. v, ix. —
rrfem, non ut ad insequentem. )> Cf. De helh alex, xluy. (Ibtd.Y,) • De beUo akx, xxxiv. — Dion
^ Ibid. V, X. Cassius, XLII, xlv.
En apprenant celte invasion dans ses nouveaux Etats, Déjotar écrit à Domitius Galvinus qu'il ne peut plus suffire aux envois demandés, tant qu'on ne l'aura pas débarrassé de cet ennemie Domitius avait trois légions, mais César, de son côté, demandait un prompt secours; il lui en détache deux, et marche résolument avec la troisième à ]a recherche de Pharnace. Il est d'ailleurs rejoint ^ par deux légions de Déjotar, organisées à la romaine, et, à Gomane, par des troupes mandées du Pont et de la Ciiicie. Il entame aussi des négociations avec Pharnace', mais elles n'eurent point de suite, parce que ce prince demandait la petite Arménie, que Domitius n'avait ni la volonté ni le pouvoir de lui céder; ou, du moins, elles n'eurent pour effet que de retenir momentanément Do- Diitius dans sou camp, près de Nicopolis, et de faire ainsi manquer une embuscade préparée par Pharnace*. La bataille se livra donc dans le voisinage de cette ville. Le centre de l'armée de Domitius était formé par les deux légions galates, mais elles soutinrent à peine le premier choc, et Pharnace demeura pleinement victorieux. Domitius se retira dans la province romaine; le fils de Milhridate devint maître de tout le Pont ^.
Il est à peine besoin de rappeler que, vainqueur des troupes alexandrines. César fut bientôt arrivé en Asie Mineure. Déjotar vint le trouver, pour lui présenter ses excuses de ce qu'il avait paru dans le camp de Pompée : fcNeque enim se judicem debuisse esse controversiarum
* De hello alex, xxxiv. * De heUo alex. xxxvi, xxxvii.
* Ihid, * Ibid. xixvii à xli. — Dion Casi. XXXV. sius, XLII, xlvi.
crpopuli romani, sed parère praesentibus imperiis^n H devait savoir d'ailleurs qu'au ressentiment possible de César se joignaient les sollicitations des autres tétrarques, qui se plaignaient de ce que, contre toutes les lois et tous les usages, l'héritier de la royauté tolistoboye eût étendu son pouvoir sur leurs Etats, par la volonté de Pompée^. César ajourna sa décision jusqu'après la victoire : ce n'était pas l'ajourner pour longtemps. Cependant il rendit à Déjotar les insignes royaux, qu'il avait déposés, mais que ses rivaux ne lui contestaient pas pour la petite Arménie ^ ; il lui emprunta une légion et de la cavalerie pour cette journée, où, dit Florus*, l'ennemi fut vaincu avant d'être vu; cette fois, comme de coutume, l'hyperbole du rhéteur en dit moins que l'exposé du grand capitaine. Le combat fut livré à Zela, lieu rendu fameux par la victoire de Mithridate sur Triarius^; l'armée de Pharnace y fut anéantie ^, et le prince , fugitif avec un millier de cavaliers, alla périr dans son royaume du Bosphore par la révolte d'un de ses lieutenants ''.
Aussitôt après sa victoire. César renvoya ses auxiliaires galates*. Il respecta en partie les attributions de territoire faites par Pompée^, bien que les titulaires se fussent montrés fidèles à leur bienfaiteur; et, si le royaume de Zela ne subsista pas tel qu'il avait été créé, si le prêtre de
^ De bello alex, lxvii. lxxiv.) — Dion Cassius , XLII, xlvii.
" Ibid, — Appien, De hello mttkridattco,
^ Ibid. Lxviii. cxx.
* IV, IL ' Dion Cassius, XLII, xlvii; cf.
^ De bello akx. lxxii. xlvi. — Appien , ubi supra.
* Ibid, Lxxiv-Lxxvi. L'auteur sem- * De bello aleœ, lxivii.
Me avoir été témoin oculaire. (Voyez * Appien , De beUo mithr. cxxi.
Gomane (changé lui-même par César*) et Atéporix, issu d une famille de tétrarques gaulois, en eurent une partie ^, il ne paraît pas que ce démembrement appartienne au passage même de César. Mais Déjotar perdit une grande partie de sa puissance. César lui enleva l'autorité suprême en Galatie, tout en lui laissant le titre royal pour luimême et pour son fils'; mais il ne donna point aux divers tétrarques l'autonomie pure et simple. Il attribua, soit la suzeraineté sur eux, soit une portion du pays, à Mithridate le Pergaménien ^, qui passait pour fils du grand Mithridate, et qu'il fit auissi roi du Bosphore. Mais, quand M. Contzen ajoute' que César enleva à Déjotar ses possessions d'Arménie, il oublie que, selon Dion Cassius, dans le passage même qui figure parmi ses autorités'. César la partagea de nouveau, après la fuite dePharnace, entre Ariobarzane et le prince galate; il est donc visible que l'auteur allemand a confondu la partie et le tout.
Ce fut pour se venger de cette restriction de ses domaines que Déjotar, au dire de son petit-fils Castor, trama un complot contre la vie de César, pendant le passage de celui-ci en Galatie^. Le dictateur semble avoir tenu un compte médiocre de cette accusation. Il écouta le plaidoyer
^ De bello akx. jjiyi, Dion Cassius (XLII, xlviu). —
* Sirabon, t. III, p. 44. Ce der- Wernsdorf fait observer qu'il était, nier État De fut que viager. par sa mère , issu des tétrarques
' Cicéron, Prorege Dg.ix. gaulois.
• ff Tetrarchiam GaBo - graeco- * S k^, sub init. «rrum, » dit l'auteur de la GtierrccîM- * XLI, lxiii.
kxandrie (lxxviii); Terpap^/av Te ' Voyez Cicëron, Pro rege Dej, èv TaÀarl^ xai ^acriXsias Ôvofta , dit vi , vu , x.
de Gicéron, puis ajourna après la guerre des Parthes, c'est-à-dire indéfiniment, réclaircissement de cette affaire ou de cette intrigue^; mais Déjotar se vengea cruellement sur sa propre famille. On ne peut guère, en efi'et, douter que cette dénonciation n ait été la première cause des scènes affreuses brièvement racontées par Strabon : Déjotar fit périr dans Gorbius, résidence du jeune Gastor, le père de celui-ci, c'est-à-dire Saocondat, son propre gendre; et la mère de Gastor, la fille du roi gaulois, fut aussi enveloppée dans cette catastrophe^. Get événement fut sans doute postérieur à la mort de Gésar; Déjotar reprenait en ce moment sa puissance perdue, qu'Antoine lui rendit ou lui confirma en vertu des volontés, fort complaisantes, comme on sait, du dictateur défunt^; le Pergaménien était mort.
La guerre civile recommença, et Déjotar, après quelques hésitations encore, après avoir repoussé les demandes de Gassius *, se laissa entraîner vers la cause républicaine par les instances de Brutus et la domination temporaire que ce parti exerça en Orient. Mais il était maintenant trop âgé pour combattre lui-même. Il envoya à la tête de son contingent son secrétaire, Amyntas, qui passa aux triumvirs entre les deux batailles de Philippes, bien qu'il eût pris part au premier combat dans l'aile victorieuse que commandait Brutus. La défection d'un corps aussi considérable contribua, dit-on, à décider chez Brutus la fatale résolution de livrer un engagement géné-
' Voyez CoDtzen, S /io, eub tnit, l\ cite la deuxième Philippique. ^ Strabon, XII, v. * Dion Cassius, XLVII, xxiv. —
^ Voyez Gontzen, S li^, suh init, Contzen, ubi supra.
rai, el put contribuer à en assurer l'issue ^ EUe mérita au traître l'amitié du vainqueur.
IV. L'héritage de D^otar. Règne d^Amyntas. — C'est à cette époque, à ce qu'il semble, que Déjotar mourut, et sans héritier direct, car son fils l'avait précédé^. Un certain Castor lui succéda en Galatie^ et, si rien, dans le texte de Dion Cassius, ne donne à penser qu'il l'ait partagée avec Âmyntas, comme le dit l'auteur des Migrations as Celtes'^, la chose n'est pas invraisemblable : la conduite d'Amyntas à Philippes ne devait pas attendre longtemps une récompense des triumvirs. Ce qui est certain, c'est que, peu d'années après, il contribuait à accabler Sextus Pompée^, et que, déjà maître d'un petit Etat, il reçut d'Antoine, à cette occasion, une portion de laPamphylie et de la Lycaonie®, où il posséda, dit Strabon, plus de trois cents troupeaux "'. Antoine le déclara en même temps prince des Galates *.
* Dion Cassius, XL VII, xLviii. — * Dion Cassius, XLIX, xxxii. Gontzen, ubi wpra. — Werasdorf, ' Strabon, t. III, p. 58. C*est là ch. lY, S â5. Cet écrivain fait monter, que se trouvaient la ville dlconium d'après Appien, le corps galate à et les lacs Coralis et Trogilis. — Cf. 5,000 cavaliers et une division d'in- Dion Cassius, ubi supra.
fanterie. * Dion Cassius, ubi supra. — Il
^ Gontzen, ubi wpra. existe des pièces d'Amyntas en grand
^ Dion Cassius , XL VIII , xxxiii. nombre , provenant , pour la plupart ,
* Ubi supra. — Wemsdorf le con- de découvertes assez récentes. Celles jecture aussi d'après Strabon, mais que l'on connaissait depuis longdit avoir lu dans Appien qu'Antoine temps portaient le nom du roi et des le fit roi de Pisidie (S â6). images de divinités grecques, Hei"-
' Appien, Z)c ftcCctw. V,cxxxvii, cule, Artémis, Hermès. Quant aux cxL-cxLi. tétradrachmes de ce prince, trouvés
Que devenait son prédécesseur ou collègue , et qui étaitil? Etait-ce le Castor de Phanagorée, récompensé de sa révolte contre Mithridate par le titre damt des Romains? Etait-ce le Castor, père de Déjotar-Philadelphe, qui fut le dernier roi de la haute Paphlagonie et qui eut Sangra pour capitale^? Ou, comme le pense Contzen, ce dernier était-il le descendant du Déjotar galate? Nous n'avons aucun moyen de le savoir avec certitude. Cependant, comme Strabon nous dit que la haute Paphlagonie fut annexée par les Romains après l'extinction de la famille des anciens rois, et comme Cicéron assure que le gendre de Déjotar était d'une famille obscure, ou pourrait penser que le Castor de Sangra était bien le descendant de Pylamène, qu'il avait épousé une autre fille de Déjotar, dont son fils porta le nom, et qu'il succéda momentanément à son beau-père en Galatie. Qui sait si la rivalité des deux branches n'explique pas l'accusation portée par l'autre Castor? Wernsdorf (ch. iv, S 26) est d'avis que le successeur de Déjotar était son petit-fils, quoique Dion Cassius l'appelle un certain Castor^ et qu'il était le père du Déjotar dernier roi de Paphlagonie.
Un autre dynaste gaulois eut, vers cette époque, une
en Asie, vers le milieu de ce siècle, conclut que c'est là une médaille M. de Luynes fait observer qu'ils ont commëmorative de l'avènement d'Aune ressemblance frappante avec myntas, demandée par lui aux arceux de Sidé, sur la côte de Pam- tistes de Sidé, lorsqu'il vint recevoir phylie , qui pourtant ne fut pas cédée du triumvir la souveraineté d'une au roi desGalates, et, trouvant sur partie de la Pamphylie. {Revue de une de ces pièces le chiffre IB (de numismatique, tome X, pages 953l'ère césarienne d' Antioche ) , c'est-à- 965.) dire l'an 36 avant notre ère, il en ' Strabon, t. III, p. 69.
fin tragique. Adialorix, fds du télrarque Doranéclée, avait reçu d'Antoine, peu avant la batadle d'Actium, une partie de la ville d'Héraclée, le reste formant une colonie romaine. Il attaqua de nuit cette dernière et fit un grand carnage des habitants; çiais, après la victoire d'Octave, il ne lui servit de rien d'alléguer une commission, vraie ou prétendue, d'Antoine; il fut traîné en triomphe et mis à mort avec l'un de ses fils ^ L'ordre portait d'exécuter l'aîné; mais le second, s'étant présenté aux bourreaux pour sauver la vie de son frère, l'emporta après un long débat, ses parents l'ayant ainsi prononcé, pour que l'aîné, Dytuit, pût être le soutien de sa mère et de son plus jeune frère. Octave, ému à ce récit, mais ne pouvant rendre la vie aux morts, chercha à compenser par des bienfaits la rigueur de sa sentence, et fit de Dytuit un roi-prêtre de Gomane ^.
Amyntas, devenu roi, chercha à étendre ses États dans le midi, où il avait déjà des possessions importantes; et il put le faire aussi bien sous Octave que sous Antoine, car on ne peut douter qu'il n'ait su changer à temps d'amitié. 11 devint maître d'Isaura et de Derbé, ville située sur la frontière de l'Isaurie et de la Gappadoce ^, et qu'il enleva à un certain Derbète; pour Isaura, il la reçut des Romains ^. Il fit d'Isaura sa capitale , et disposa de tout à son gré dans l'ancienne Isaurie. Il était maître aussi d'An-
* Strabon, t. III, p. 17. que le Pont galatique et la petite
* Id. ihid. p. 49-43. Arménie étaient probablement déta- ^ Dans F Antiochienne , an sud- cbés alors de la Galatie.
ouest de la Lycaonie (Ptol. V, vi, * Strabon, t. III, p. 69 (édition S 16-17). — Nous verrons bientôt Tauchnitz).
tioche de Pisidie et de tout ce canton jusqu à l'Apolloniade\ c'est-à-dire jusqu'au territoire d'Apollonie, près d'Apamée Kibotos, Quelques districts de la Parorée (versant du Taurus) lui appartenaient encore. Mais, comme des Ciliciens et des Pisidiens /lescendaient du Taurus pour faire des courses dans ses domaines de Phrygie et de Cilicie, il résolut d'en finir avec eux et s'empara de plusieurs places considérées jusque-là comme imprenables, entre autres de Cremna^; mais il n'osa attaquer Sandale, située entre cette ville et Sagalassus'. Il commença aussi la conquête de l'Omonadée, en Cilicie; c'était une vallée fertile, située au milieu des escarpements du Taurus*, près du territoire de Selgé, en Pisidie^, et dont les habitants, protégés par leur forteresse naturelle, étaient. d'infatigables pillards^. Leur chef fut tué, mais sa veuve le vengea"' en faisant tomber Amyntas dans un piège : il fut pris, et les Omonades le mirent à mort. H fut le dernier prince de la Galatie autonome; mais on peut dire que, de son temps, l'histoire de la Galatie romaine avait commencé déjà.
^ Strabon, t. III, p. 59-60. Gremna est à l'ouest de Pednelissas,
* En Pisidie, aussi bien que Selgé, un peu au nord-est de Selgé, selon
Pednelissus, Sagalassus, Sinda et Ptolémée (V, v, S 8).
Termesse {ibid. p. 61). — Pour Ped- ^ Strabon, t. III, p. 60.
nelissus et Selgé, voyez SchônborA, * Id, ibid, p. 69-60.
Beitràge zur Géographie Kleinasiena , * Id. ibid. p. 61.
p. ao-sA. — Ptol. V, Lxxn-Lxxvi. '^^ Id. ibid. p. 60-61.
— Strabon, t. III, p. 69-68. — ' W. ifcûi. p. 69-60.