‹ Histoire des Germains depuis les temps les plus reculés jusquà̕ Charlemagne. Pour servir di̕ntroduction à lh̕istorie de le̕mpire germaniqueChapitre 100 sur 123 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

Suite de l'histoire des Lombard* et des Frane»

Jusqu'à Thierry IV.

Rolharis régnait alors chez les Lombards.

Le fils d'Agilulfe, Adelwald, qui, après la mort deson père, lui avait succédé sous la tutelle de sa mère Théodelinde, n'avait pu se soutenir sur le tronc , d'où la nation l'avait précipité.

A sa- place, les Lombards avaient reconnu pour roi

son beau-frère Ariald , qui , pendant douze ans , régna sur eux , et dont la veuve Gundeberga , fit , après la mort de ce prince , placer la couronne sur la tète de 636. Rotharis.

Rotharis, grand guerrier et législateur, étendit les frontières de son royaume, en enlevant aux impériaux un grand nombre de villes ; le premier il substitua un code de lois écrites aux coutumes qui jusqu'alors avaient régi les Lombards.

Ses brillantes qualités, son courage, son zèle pour la justice ouït rendu son nom célèbre, quelques vices et quelques cruautés que l'histoire lui reproche, et quelque ingratitude qu'il montra à l'égard de cette même Gundeberga qui lui avait donné la couronne , et que , sacrifiant à une concubine , il Gt renfermer prisonnière dans une chambre du palais de Pavie.

Son 61s Rodoald qui lui succéda ne régna point longtemps.

Les Lombards élurent alors Aribert , fils de Gundoald , ce frère de Théodelinde qui s'était avec elle sauvé de la Bavière , et qui laissa deux fils qui partagèrent ses Etats.

Godobert eut Milan, et Bertharide eut Pavie pour résidence.

L'ambition d« ces deux princes qui, loin de se soutenir, s'élevèrent l'un contre l'autre, donna occasion à Grimoald, leur beau-frère , duc de Bénévent, de s'emparer . de leurs États.

Appelé par Godebert à son secours , il mit à mort ce prince , et força à la fuite son frère Bertharide, qui se réfugia auprès du khan des Abares. Toutes les villes reconnurent la puissance de Grimoald.

Bertharide passa quelque temps aptes à la cour de Cîo-

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lairc III, roi d Austrasic, qui, prenant sa défense, envoya un corps d'armée en Italie.

662. Les Lombards battirent les Francs près d'Asti, et attaqués bientôt après par les impériaux qui, sous la conduite de l'empereur Constant , s avancèrent sur Béné-

065. vent , ils remportèrent sur eux les avantages les plus brillants.

Grimoald âvait , en quittant celte ville , laissé l'administration du duché à son Gis Romoald. La défense vigoureuse que ce dernier fit de cette place permit à son père de venir à son secours avec une puissante armée.

Constant, à son approche, leva le siège de Bénévent , pour se replier sur Naples. Mais attaqué par le duc de Capoue, il fut mis en déroute, en même temps que Romoald battait le général Saburre, que l'empereur, pour Je contenir , avait laissé en arrière avec vingt mille hommes.

Constant , irrité de cette double perte , se dirigea vers Rome qui depuis si longtemps n'avait plus vu aucun des empereurs dans ses murailles, et où il fut reçu avec la plus grande pompe par le pape Vitalien et son clergé, qui allèrent à sa rencontre jusqu'à six milles de la cité.

Constant ne s'y arrêta que douze jours qui furent consacrés à ravir au Panthéon et à d'autres monuments * de Rome leurs ornements les plus précieux Il reprit le chemin de Naples, d'où se rendant à Reggio, il passa en Sicile.

Les Lombards envahirent successivement Bari, Tarante, Brinduse et tout le territoire d'Otrente. Il ne resta aux impériaux que Naples , Otrente , Gallipoli , Gaëte et

1. Les vaisseaux chargés de ces richesses destinées pour Conslan- Linople, furent pris par les Sarrasins , et, au lieu d'être conduits dau? relie capHalc , furonl dirigés sur Alexandrie.

quelques autres villes du littoral dans la Ca labre ultérieure.

Grimoald ; après tant de victoires , s'occupa de ladmlnistration intérieure, et quittant l'arianisme, protégea parmi ses sujets le catholicisme doot il fit profession. Le duc Loup de Frioul s'étant révolté contre sa puissance , il appela contre lui le khan des Âbares, afin d'éviter aux Lombards une guerre civile, et se liant ensuite à ce même duc pour repousser ces étrangers, il rendit le re- 670. pos aux frontières.

Une révolution chassa à la même époque de sa patrie Alzécon, duc des Bulgares, qui, avec un grand nombre de ses partisans , vint demander un refuge à Grimoald. Le roi l'adressa à son fils qui, dans le duché de Bénévent, lui céda les terres désertes du pays (Je Guastalle, dont ce prince bulgare prit le titre de duc.

Bertharide était toujours à la cour d'Austrasie auprès de Dagobert III, successeur de, Clo taire.

Grimoald ayant fait un traité d'alliance avec cette cour, Bertharide, qui craignit d'être livré à son ennemi, résolut de la quitter et de passer en Angleterre. Déjà il était prêt à s'embarquer, lorsqu'un courrier vint lui au- .671. noncer la mort du vieux roi, et le vœu de ses nombreux partisans qui , dans ces circonstances , l'engageaient à revenir prendre possession de sa couronne. '

Grimoald , pour mieux assurer sa puissance , avait épousé la fille d'Aribert. Il ne laissait d'elle qu'un enfant en bas -âge , du nom de Garibald , dont le parti ne fut point assez fort pour s'opposer à Bertharide, qui fut reçu aux acclamations de la nation. Romoald, duc de Bénévent , se soumit comme les autres , et renvoya au roi son "pouse Ilodelinde et son fils Cunibert qui , pendant son e*il, avaient' été confiés à sa garde.

Berlharide régna d'abord seul pendant sept ans , el s'associa ensuite son fils à la couronne.

La paix , -qui protégea ce règne , consolida les sages institutions de Rotharis et de Grimoald , dont l'influence se fit d'autant mieux sentir maintenant , que le même culte réunit les deux peuples , lombard et italien , et qu'à mesure que leurs mœurs se rapprochèrent, leurs deux langues finirent par se confondre en un nouveau dialecte. Cette influence fut telle que, dans les villes, où cependant on laissa aux habitants la faculté de vivre sous la loi romaine, on trouvait encore au dernier siècle des vestiges de la loi lombarde qu'elles avaient en partie adoptée. Quoiqu'on effet le code théodosien régnât dans les cités , que dans les contrées qui relevaient de l'exarque fussent eu vigueur les décrets de Justinien et de ses successeurs , ces

. lois étaient en grande partie incomprises , et elles durent faire place à la briève précision et à la simplicité des lois

' lombardes, décrétées, selon la coutume germanique, dans rassemblée générale de la nation, et qui donnèrent à l'Italie une nouvelle face politique, non moins que l'institution des fiefs sur lesquels elle était basée, et que le peuple vainqueur avait aussi apportée des contrées d'où il était sorti.

L'énergie de ces souverains lombards, guerriers et administrateurs, contraste avec la mollesse des rois francs qui, se contentant de fonder des maisons religieuses, laissaient aux maires du palais la direction de leurs États.

•Sigebert mourut en 650 , dans la vingt-unième année de son âge et la dix-huitième de son règne.

L'héritier du trône, Dagobert, que ce prince avait eu de la reine Immichilde et qu'il recommanda en mourant à Grimoald, maire du palais d'Austrasie, fut jeté dans un couvent d'Irlande par cet ambitieux ministre qui, pour

porter la couronne dans sa maison , répandit le bruit de la mort du royal enfant , et fit proclamer rot son fils Childebert.

Arcbinoald , maire du palais de Neustrie , qui après la mort d'Éga l'avait remplacé, était alors tout-puissant à la cour de Clovis II.

Il dissimula avec l'usurpateur, et sous prétexte qu'il reconnaissait le nouveau roi, il attira Grimoald à Paris.

Mais Grimoald, arrêté en chemin , fut jeté dans une prison, où il languit le reste de sa vie.

Loin cependant de rappeler Dagobert, dont le sort ne dut point lui rester inconnu, Clovis s'empara de la Neustrie, et réunit de nouveau toute la monarchie franque sous son sceptre.

11 mourut peu de temps après, et laissa tous ses États à 656. son fils Glotaire III, sous la tutelle de sa mère Bathilde, princesse d'une rare beauté, d'origine anglo-saxonne, qui, achetée de quelque pirate par Archinoald , avait par lui été donnée pour femme à Clovis.

Cependant l'Austrasie, voulant avoir son roi indépendant de la Neustrie, fut donnée, du consentement des États, au . second fils de Clovis, Childerich, auquel le duc Wulfoade fut adjoint comme maire du palais.

Les deux royaumes furent assez tranquilles jusqu'à la 660. mort de Clotaire III, décédé en 660, à la fleur de son âge, sans laisser d'héritiers.

Ebrouin était alors maire du palais de Neustrie.

Ce ministre ambitieux , d'origine allemane, fier et en- t treprenant , tenait les rênes du gouvernement depuis la mort d' Archinoald , qui avait suivi de près celle de Clovis II. La retraite de la reine-mère qui, en 665, retira du monde dans le monastère de Chelles , et qui jusqu'à- ' lors avait réprimé ses violences , laissa entre ses mains

un pouvoir dont il usa avec une hauteur et uoe sévérité, qui lui firent autant d'ennemis que les premiers temps de sa gestion lavaient généralement fait estimer.

Thierry, troisième fils de Clovis , n avait point eu «le part à l'héritage de son père.

Ehrouin , pour maintenir sa puissance , tira de sa retraite ce jeune prince, et prétendit le placer sur le trône que la mort de Gotatre venait de rendre vacant.

Mais les grands du royaume, ralliés par Léodegar, évôque d'Autun, se liguèrent contre lui , et proposèrent la couronne à Childerich, roi d'Auslrasie , qui aussitôt s'avança avec son maire du palais pour en prendre possession. Ebrouin, abandonné, se réfugia dans une église , d'où il ne fut tiré que pour être conduit en Bourgogne, dans le monastère de Luxeuil. Thierry fut renfermé dans l'abbaye de St. Denis.

Cependant Léodegar , resté à la cour, où d'abord ses conseils continrent l'esprit turbulent du prince et le détournèrent des débauches auxquelles le portait son tempérament , et que ne favorisaient que trop ses courtisans , ne tarda pas à s'en faire haïr. Les représentations qu'il lui fit au sujet de son mariage avec la reine Blitbilde, sa proche parente1, le lui rendirent à tel point importun, que, pour s'en débarrasser, il l'exila dans le même couvent de Luxeuil où ce prélat avait fait renfermer Ebrouin, et où il fut maintenant détenu avec lui.

Childerich, par ses violences, s'attira ia haine générale.

Ayant fait traiter indignement un noble franc, du nom de Bodillon , pour lui avoir représenté un peu librement le danger d'une imposition excessive qu'il cherchait à 675. établir, ce seigneur se fit chef d'une conspiration , et

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