I. fiib/allar Gcbcl-af-Tarik , mont de Tarik
Lusitanie , d'où Enéco, cousin de Roderich, envoyé contre elles par ce prince , tenta en vain de ies repousser. Enéco périt dans un combat.
Roderich se mit lui-même à la téle de son armée , et s'avança au-devant des Arabes jusque dans les environs de Xérès de la Frontera, ville d'Andalousie, située sur les bords du Guadelette. La bataille qu'il livra aux Sarrasins fut vivement disputée de part et d autre; ou plutôt ce fut une suite de combats qui durèrent depuis le 19 jusqu'au 26 juillet 711. Le comte Julien passa aux Arabes. On ne cessa de combattre que lorsqu'à la fin du septième jour, le roi, qui était tombé dans la mêlée, ne reparut plus au milieu des siens. Les Wisigotbs battirent alors en retraite. On ne retrouva plus le corps de Roderich , mais seulement son cheval et sa couronne qui gisaient au bord du fleuve. Avec lui avait péri la plus noble partie de l'armée. Tarik, victorieux, renversa tous les faibles partis qui tentèrent encore , à Sigonie , de s'opposer à sa. marche sur Cordoue, et s'empara sans résistance de Tolède.
Muza vint Tannée suivante le rejoindre avec douze mille hommes de troupes, fraîches. Ils s'avancèrent ensemble jusqu'à Sarragosse et portèrent leurs étendards jusque sur les rives de l'Ebre. L'Espagne entière fut conquise , à l'exception des Asturies , dans les montagnes agrestes desquelles Pelage, fils du duc Favila que Witiza avait fait mourir , rassembla les débris de sa nation , et
jeta les fondements de la nouvelle monarchie espagnole.
Tarik et Muza ne tardèrent point cependant à être en désaccord, lis furent l'un et l'autre rappelés à Damas par le calife Valid. Muza laissa le gouvernement de T Espagne îi son fils Abdala, qui choisit Sévillc pour résidence. De 715. nouvelles colonies arabes traversèrent les mers ; et la
puissance de ce peuple se consolida avec une telle rapidité dans la péninsule , que, déjà en 721, Abdala ayant été remplacé par Zama , ce dernier porta ses armes au delà des Pyrénées. Il s'empara de Narbonne et vint mettre le siège devant Toulouse, ville qui faisait partie du territoire d'Eudon, duc d'Aquitaine.
La paix que ce prince venait, comme nous lavons vu, de conclure avec Karl , à qui les coups qu'il portait partout à ses ennemis avaient déjà donné le surnom de Martel, lui permit de voler au secours de cette place.
Il livra sous ses murs aux Sarrasins une bataille sanglante, qui coûta la vie à leur général.
Cette première invasion du Sud de la France par les Arabes, fut suivie d'une seconde que fit quatre ans après 725. Ambiza, successeur de Zama. Ce général s empara de Carcassonne, de Nîmes et des autres villes de la Septimanie, et étendant ses conquêtes jusqu'au Rhône , mit sous le Joug tout le pays qui avait appartenu aux Wisigoths.
Karl Martel était alors occupé contre les AUemanes que Pépin n'avait pu totalement faire rentrer dans le devoir.
Les ruines de plusieurs des vieux donjons que la noblesse allemane avait élevés sur la Forêt-Noire et sur l'Alb , ont conservé dans leurs légendes les souvenirs de cette expédition à laquelle ils durent leur destruction1. 11 s avança jusqu'aux confins du pays, et après avoir forcé le ducThéodebald à reconnaître les anciens traités, il passa le Danube pour entrer dans la Bavière.
Théodon II avait régné avec éclat sur cette province depuis 680 jusqu'en 722. Il avait, encore de son vivant, partagé ses États avec ses trois fils Théodebert, Théode-