SI
Pépin» maître de toute la monarchie, ne fit à Drogori aucune part ni des Étals, ni de l'autorité de son père ; il le renferma dans un couvent. Cependant il mit en liberté Grifon , le reçut honorablement à sa cour, et lui donna quelques comtés pour son entretien.
Ce jeune seigneur, tjui aspirait à une plus haute foftung, conçut l'ambitieuse pensée de së rendre maître de l'Austrasie. 11 se fit un parti parmi les Francs, et en même temps se lia avec les Saxons , au milieu desquels 748. il se rendit. 11 se mit à leur tète , et commença par faire des courses dans la Thuringe. St. Boniface, l'apôtre de la Germanie, qui, après avoir si longtemps travaillé à la conversion de cette contrée , occupait le siège archiépiscopal de Mayence, lui écrivit à cette occasion une lettre où il l'engageait, au cas que le ciel lui destinât l'empire; à protéger les serviteurs de l'Église et à respecter les monastères qu'il avait fondés.
Pépin fit les plus grands préparatifs pour repousser cette agression. Non -seulement il mit sur pied le ban et 1 arrière-ban de la Neustrie et de l'Austrasie, mais encore il fit marcher les Frisons, et se fortifia d'un corps de Vénèdes auxiliaires , qui vinrent se réunir à lui sur les rives du Coda, au sein de la contrée qu'habitaient des Souabes, descendus de ceux de cette nation, qui au milieu du sixième siècle s'étaient établis parmi les Saxons Ces Souabes du Nord, forcés de se soumettre, furent en grande partie contraints de recevoir le christianisme. Théodorich , obligé de se réfugier dans sa forteresse d'Hochstbourg, y fut pris pour la troisième fois. Cependant le corps saxon , commandé par Grifon, prit position sur l'Ocker3, petite rivière qui se jette dans l'Aller. Pépin s'avança à sa rencontre. Mais les