‹ Histoire des Germains depuis les temps les plus reculés jusquà̕ Charlemagne. Pour servir di̕ntroduction à lh̕istorie de le̕mpire germaniqueChapitre 121 sur 123 · Adelberga, mère de Grimoald, était sœur d'Adrigi · texte numérisé non relu

Adelberga, mère de Grimoald, était sœur d'Adrigi

sillon de Bavière, son beau-père, qui devait par lerrc conduire une armée en Italie. Mats Grimoald , loin de prêter du secours à Adelgis , avertit le roi de son arrivée , et cependant prit toutes les dispositions pour repousser les Grecs ; il appela à son aide le duc Hildebrand de Spolette.

Karl envoya des troupes en Italie sous la conduite de Guinigise, et pour prévenir Thassillon, entra lui-même en Bavière; il s'avança jusqu'à Augsbourg, tandis qu'un autre corps d'armée , sous* la conduite de son jeune fils Pépin, déboucha par Trente.

Thassillon, intimidé par uu développement de troupes si considérables , vint demander pardon au roi , et pour gage de sa foi , lui laissa en ôtage son fils Théodon et * douze des principaux seigneurs bavarois.

Mais à peine délivré du danger, excité à la fois par sa haine contre les Francs et par son épouse Lindgunda, fille de Didier, qui, ennemie irréconciliable de Karl, exerçait sur son époux la plus grande influence, il forma de nouveau contre le roi une coalition avec les Abares. Karl, en ayant été averti, cita le duc à sa barre à Ingelheim. Convaincu d'avoir eu des intelligences avec ces peuples, Thassillon* fut, à la majorité des voix, condamné à mort par ses juges. Le roi cependant lui fit grâce de la vie et se contenta de le dépouiller de son duché ; ce qui porta ce prince à prendre le parti désespéré de se renfermer avec ses fils dans l'abbaye de Jumiège. Karl réunit la Bavière à la 788. couronne, et la partagea en différents comtés héréditaires.

Cependant les Abares n en continuèrent pas moins la campagne. Un de leurs corps d'armée entra dans le Friôul , et l'autre vint.se répandre dans la Bavière. Karl leur opposa ses généraux, qui furent assez heureux pour repousser ces Barbares hors de ces provinces.

780. Lui-même, à la léte d'une autre armée, traversa la Saxe, soumit tous les peuples d'entre l'Oder et l'Elbe, et porta les frontières de son empire jusqu'à la Baltique.

Les Abares, en 791 , recommencèrent leurs déprédatives incursions. Karl, pour les arrêter, résolut d'entrer luimême dans leur pays. Les préparatifs de cette campagne furent immenses. Les Francs, les Aquitains, les Saxons, les Bavarois, les Frisons, les Ripuaires et les Thuringiens, fournirent leurs contingents, qui tous furent dirigés sur Ratisbonne , désigné comme Heu de rendez-vous de toute l'armée. A la tête des Aquitains était le jeune roi Louis, a qui son père, en cette occasion et en présence de tous les seigneurs, ceignit solennellement l'épée. Cette année ' fut partagée en deux corps, dont les opérations devaient se combiner sur les deux rives du Damibe, tandis qu'un troisième corps, composé des troupes d'Italie, devait, sous les ordres du roi Pépin , ou plutôt de ses généraux , agir du côté du Frioul. Les succès de la guerre ne répondirent pas toutefois à la grandeur des préparatifs. La vigoureuse résistance que firent les Abares, et une épidémie qui enleva la plupart des cbevaux et démonta la plus grande partie de la cavalerie du roi Karl , ne lui permirent point de s'avancer au delà de la rivière de Raan. Force lui fut de revenir sur ses pas, sans avoir eu d'autre avantage dans cette campagne que de détruire quelques fortins aux frontières de l'ennemi.

La division de Pépin fut plus heureuse , et remporta sur les Abares une victoire décisive.

De tristes nouvelles accueillirent le retour du roi à Ratisbonne. Tandis qu'il était occupé à cette guerre, s'était tramé en Austrasie une sédition , qui menaçait à la fois son trône et sa vie , et dont le chef était un de ses propres fils, aussi du nom de Pépin, qu'il avait eu d'Hi-

miltrude, une de ses concubines, et qui, jaloux de la dignité royale donnée aux deux fils d'Hildegarde, Louis et Pépin, ne conçut rien moins que le projet de détrôner son pére. Karl, averti du complot par Pardolf, noble Lombard qui avait été l'un des courtisans favoris de Didier, et qui plus tard s'était acquis la faveur du roi franc, fit arrêter les conspirateurs et les fit juger par la diète de Ratisbonne. Quelques-uns furent pendus, d'autres eurent les yeux crevés, le plus grand nombre fut banni. Pépin, condamné à être rasé, fut renfermé dans l'abbaye de Prum, au diocèse de Trêves, où il mourut après dix-neuf ans de réclusion.

Cependant les Saxons de l'Est remuaient encore.

En même temps les- Sarrasins qui, peu de temps auparavant, avaient renouvelé la paix avec le roi Louis d'Aquitaine , l'avaient de nouveau rompue et étaient entrés dans la Septimanie. En Italie, Grimoald, duc de Bénévent, qui avait épousé la jolie Wanzia, nièce de l'empereur grec de Constantinople, avait changé de politique, et avait prêté du secours aux habitants de Gaëte et de Terracine contre le pape.

Karl , dont le pontife réclama la protection, envoya ses deux fils en Italie pour en apaiser les troubles ; par ses généraux il contint en môme temps au Nord et au Sud les Saxons et les Sarrasins.

11 resta à Ratisbonne pour présider au tracé du canal qui devait joindre le Rhin au Danube , mais dont le projet, conçu par le roi lui-même , fut bientôt après abandonné par les difficultés que présentèrent l'entreprise Karl y reçut les députés que le pape envoya pour assister au concile convoqué à Francfort; il se rendit lui-même

1 . Il était réservé à notre siècle de voir ce grand projet repris et e&écuté par le roi Louis de Bavière.

l'année suivante dans celte ville, où se trouvèrent les évè-

794. ques de la plus grande partie de l'Italie , de la Germanie et des Gaules. A l'issue de ce synode, il marcha en personne contre les Saxons, dont il ravagea le territoire, et dont plus de trente mille hommes furent exterminés.

Cependant la guerre des Âbares continuait toujours. Une révolution avait éclaté parmi ces peuples , et plusieurs de leurs princes s'étaient rendus indépendants ' du khan.

795. Erich , duc du Frioul , Gt alliance avec Wonomir, prince d'Esclavonie , .et proûtant des divisions intestines des Abares pour les attaquer, il entra avec son allié dans la Pannonie. Après plusieurs combats, où il resta victorieux^ il parvint jusqu'à l'enceinte où les khans avaient déposé leurs trésors, dépouilles de tous les peuples parmi lesquels ils s'étaient avancés. Les richesses qu'il trouva dans le fort qui les contenait, et dont il s'empara, furent immenses. Karl , qu'au retour de cette campagne Erich vint trouver dans sa ville d'Aix-la-Chapelle, que le roi prenait alors soin d'embellir , en laissa une part aux vainqueurs , en distribua une autre à ses guerriers, et en réserva une troisième au pape Adrien,

796. Mais sur ces- entrefaites arriva à la cour la nouvelle de la mort de ce pontife et de 1 élection de son successeur Léon III, qui écrivit au roi une lettre pleine de protestations de dévouement et de fidélité.

Les présents destinés à Adrien furent donc envoyés à son successeur, qui, en reconnaissance, en envoya d'autres au roi, accompagnés des clefs du tribunal de St. Pierre et de l'étendard de la ville de Rome. 11 suppliait le roi dans un écrit d'envoyer à Rome un de ses ministres, afin de recevoir en son nom le serinent de fidélité du

peuple romain.

Karl n'avait jusqu'alors, comme son père, porlé que ' le litre de patrice, titre que* tant de princes barbares avaient aussi portés.

Tant de sûccés obtenus, tant de conquêtes, tant de gloire acquise, l'enhardirent à prendre celui d empereur, que nul des nombreux princes qui avaient envahi l'Italie n'avait encore osé usurper.

Une conspiration éclata à Rome contre le pape "Léon le 25 avril 799. A la téte des conjurés était le primicére Paschale et le sacristain Campule-, neveu du défunt pape Adrien. Pendant la procession des grandes litanies, ils s'élancèrent sur le pontife, tandis que leurs afiidés tenaient le peuple écarté , et le jetant à terre, lui donnèrent tant de coups et lui firent tant de blessures, que quelques-uns * le crurent mort.

Pour son bonheur, il s'éleva parmi les conspirateurs mêmes quelques différends, qui donnèrent le temps à son chambellan Albin et au duc de Spolétle de venir à son secours, et de le retirer .vivant encore des mains de ses meurtriers. • -

Ils le transportèrent à Spolette.

Le duc rendit aussitôt compte au roi de ces événements , et l'exhorta à prendre le pontife sous sa protection, ou, dans le cas contraire, à le contraindre de se justifier contre les accusations de ses ennemis.

Karl , qui était alors à Paderbor»^ où de nouveaux troubles éclatés dans la Saxe septentrionale l'avaient appelé, ordonna à Léon de venir le trouver. -

Ce fut pendant cette' entrevue que fut réglé entre l'ambitieux monarque et l'adroit pontife Facte qui devait mettre sur le front du premier la couronne des Césars1.

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