En même temps Tibère soumettait les peuples de la
Hhétic et de la Vindélicie , et s'avançait avec ses légions jusque sur les hauts 'sommets où le fleuve prend naissance.
Ces vigoureux montagnards avaient eux-mêmes appelé contre eux les armes des Romains. — Longtemps ils avaient soutenu leur indépendance, mais unis maintenant aux Vindéliciens , peuples assis sur la Vindisch et sur le Lec, ils prétendaient s ouvrir la route de l'Italie. Drusus et Tibère arrêtèrent leur marche non loin de Trente, et les contraignirent de regagner leurs foyers. Pendant longtemps les R hé tiens défièrent tous les efforts de Tibère qui resta seul chargé de leur soumission , jusqu'à ce que ce général , ayant atteint le lac que traverse le Rhin, et ayant, à l'aide des bateaux qu'il y construisit , contourné leurs vallées, il vint à bout de les réduire. Ce fut une guerre d extermination. Les femmes égorgeaient leurs enfants et les lançaient à la figure du soldat romain qu'elles bravaient. Tous les hommes, capables de porter les armes, furent arrachés de leurs foyers et transplantés hors de leur pays. Il n'y resta que la partie de la population qu'on regarda comme impuissante à se soulever et qu'on y laissa pour cultiver les terres.
Tibère réduisit le pays en province ainsi que le Norique.
Par la jonction de ces deux contrées à l'Empire et par celle de la Thrace et des pays limitrophes, que Pison et d'autres généraux firent peu de temps après, toute la rive droite du Danube, depuis sa source jusqu'à son embouchure, fut soumise aux Romains.