Yoici le passage de l'historien
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Embarrassés de savoir ce que pouvaient être cos Cennes qu'aucun autre auteur que Dion Cassius ne cita jamais dans l'antiquité , les critiques sont convenus de les transformer en Cattes , et nous troutous en effet dans toutes les histoires générales, soit en France, soit en Allemagne, les Cattes unis aux Allemancs dans cette expédition , où cependant il est bien avéré que les Allemancs seuls eurcut a combattre les Romains. Aurélius Victor , en parlant de l'expédition de Caracalla , ne cite en effet que ce dernier peuple. Alamanrw^. gentem jmpvdosam ex equo mirifice pugnantem , prope Mœnum amnem divicit. n vainquit , dit-il , les Allemancs , nation nombreuse qui combattait admirablement à cheval , non loin du Mein. Si les Cattes avaient été présents , Aurélius Victor les aurait certainement cités. Il n'a pas parlé des Cennes , parce que ce peuple était lui-même allcmano, et que par conséquent il l'a compris sous ce dernier nom.
D'autres critiques ont, sans aucun fondement, confondu ces Cennes avec les Sénones. Cette opinion est tout aussi fausse. Il n'y a point de faute dans le texte grec , ainsi qu'on l'a prétondu. Les Cennes étaient un petit peuple de la confédération allemanique, qui habitait la vallée de la Zenn près d'Ansbach. La petite ville de Langenzenn qui s'y déploie, portail encore elle-même le nom de Cenna au moyen âge. On sait que les Romains substituèrent presque toujours le T ou le C au Z des Germains, et les Zennern, ou les habitants de la Zenn , furent désignés par eux sous le nom de Cenni , nom qui s'est perpétué jusqu'à nos jours dans le bourg de Zenn comme celui des Angrivares s'est conservé dans le nom d'Ettgern, celui des Amsibares dans celui des peuples des bords de TEms, celui des Lenticns dans le Linzgau , etc., etc.
partie des Allemanes, et qui combattirent, dit-il, avec une telle fureur, qu'ils arrachaient avec leurs dents les traits que les archers osrhoniens1, qui servaient dans l'armée romaine, leur décochaient, et dont les femmes, tombées au pouvoir des Romains , se tuèrent avec leurs enfants, afin d'échapper à l'esclavage. La bataille qui se donna près du Mein , eut lieu , selon toute probabilité , non loin du bourg de Rlingenberg 2. S'étant avancé parmi ces peuples, sous prétexte d'enrôler leur jeunesse, il la fit tout à coup cerner de toute part et exterminer. Cette conduite barbare avait-elle été provoquée par quelque antécédent qui nous est inconnu? C'est ce que nous ignorons. Mais elle souleva contre les Romains la nation entière qui combattit assez vaillamment pour faire douter de la victoire.
Cependant les Germains restèrent généralement assez tranquilles sous son règne. Dans leur sauvage simplicité, ces peuples surent profiter du mélange d'orgueil et de lâcheté qui faisait le fond du caractère de ce prince, pour se faire,, payer une paix qu'il se glorifiait ensuite d'attribuer à la crainte qu'il leur inspirait. Les caisses de l'empire envoyaient des subsides jusqu'aux nations de l'Elbe et même à celles qui habitaient les rives de l'Océan, afin d'obtenir de leurs corsaires qu'ils respectassent les côtes de la Gaule et de la Bretagne. Les Marcomans et les Vandales, si longtemps terribles aux Romains, se firent à son instigation une guerre qui les détourna du Danube. Les Quades, soumis à sa suzeraineté, recherchèrent sa protection contre leur roi j et nous trouvons dans les annales romaines que ce prince fut lui-même mis à mort par ordre de Caracalla.