‹ Histoire des Germains depuis les temps les plus reculés jusquà̕ Charlemagne. Pour servir di̕ntroduction à lh̕istorie de le̕mpire germaniqueChapitre 35 sur 123 · Voir mes Établissements romaitis sur le tthin · texte numérisé non relu

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Mais en môme temps s'étendait la coalition des Golhs qui, aux frontières de la Dacie, commençaient déjà à prendre parmi les peuples sarmates celle prépondérance qui rendit cette coalition si redoutable, et dans laquelle finirent par entrer ces mêmes Quades et Marcomans, et les Gèles, et les autres peuples peucéniens, qui tous finirent enfin par être confondus sous le nom de Goths.

Descendue des bords de la Baltique, à une époque que 1* histoire ne précise point , la tribu des Golhs avait la même constitution que celle des autres peuples germaniques, et nous trouvons les diverses nations qui composèrent la coalition gothique, tantôt combattant chacune sous son juge, son duc ou son roi (reichs, heèrzog ou kceni'j), tantôt réunies toutes sous un chef d'armée, ou soumises à un roi suprême (oberkœnig) , auquel tous les aulres rois payaient tribut, njais dont le pouvoir n était que temporaire, et cessait dès que la guerre était terminée. Ce ne fut que plus tard que les chefs d'armées des principaux peuples gothiques parvinrent à conserver la puissance royale, même pendant la paix, et à réunir dans leur personne les deux pouvoirs civils et militaires.

Déjà en 193, les Goths avaient voulu marcher contre les Romains. Mais le feu du ciel étant tombé pendant que la nation tenait son assemblée, et en ayant tué le chef, ils avaient regardé cet événement comme un pronostic funeste et avaient renoncé à leur entreprise. Caracalla leur fit la guerre avant d'aller dans la Thrace et de 21 G. passer ensflle en Asie. Mais malgré les divers combats qu'il leur livra, il se vit contraint d'en acheter la paix , sorte de tribut dont la honte fut un encouragement pour les Carpes, qui habitaient les rives du Dniester et du Bug.

Dans l'espoir en cfFet d'en obtenir un pareil, ce peuple prit à son tour les armes. Mais Ménophile , gouverneur

de la Mœsie, sut les contenir par la crainte qu'il leur inspira» non moins qu'il contint les Goths par la ponctualité avec laquelle le traité fut observé.

Ces subsides, accordés aux peuples germains et sarmates , sont une preuve de 1 enervement que l'empire ressentait. Le colosse commençait à s'affaisser sous son propre poids. Ne se sentant pas capable d'arrêter par ses seules armes les nations que deux siècles auparavant il avait fait trembler, il fallait bien qu'il cherchât à les éblouir par l'argent. Alexandre lui-même, cet empereur, qui fut l'un de ceux qui maintinrent au plus haut degré la gloire de Rome, se vit obligé d'employer ce moyen , pour ramener sur le Danube et sur le Rhin la tranquilité qui , pendant qu'il poursuivait avec le plus grand succès contre les Parthes la guerre commencée sous ses prédécesseurs, était troublée sur les deux fleuves.

233. En effet, les Germains étaient à la fois entrés dans la Gaule et dans l'illyrie , avaient attaqué les armées qui en gardaient les frontières et avaient partout porté le pillage dans les villes et dans les bourgs. L'Italie était ellemême menacée. L'empereur était à Antioche , lorsqu'il reçut du gouverneur d'Illyrie un courrier qui réclamait sa présence. Il revint aussitôt à Rome, où il rentra triomphant, aux acclamations du peuple, qui de lui seul espérait la victoire. Il arriva, suivi d'auxiliaires Osrhoniens, Arméniens et Parthes, troupe légère, qu'il regardait surtout comme propre à poursuivre les* Germains dans leurs bois sombres et dans leurs marais. Hacrin, parent de l'empereur , envoyé en Illyrie, contint les Bar-

234. bares avec assez de succès. Alexandre passa lui-même dans la Gaule, d'où il repoussa l'invasion. 11 fit jeter un pont de bateaux sur le Rhin, afin de porter la guerre sur le territoire de leunemi , et en même temps lui envoya

des parlementaires pour eiTaeheter par de grosses sommes la fin des hostilités.

Mais la sévérité avec laquelle il en usa avec les soldats 255. des Gaules , les indisposa contre lui. Il était à Sicila, camp romain situé près de Mayence *f n'ayant auprès de lai que peu de troupes, lorsque plusieurs soldats qui s'y étaient rendus secrètement , surprirent sur le midi les gardes endormies, et désarmant ou faisant fuir ceux qui se mirent en état de leur faire résistance, ils pénétrèrent jusqu'à la tente de l'empereur, où sa mère Mamea fut d'abord tuée, et où il fut lui-même percé de coups.

Maximin, Goth de nation, à qui Alexandre avait donné le commandement d'un corps d armée composé de Pannoniens, fut accusé d'avoir provoqué cet assassinat pour se faire déclarer empereur.

11 lui succéda du moins, portant sur le trône où son courage i'éleva la rudesse sauvage des steppes qui l'avaient vu naltce.

Un Germain, né en Thrace d'un Goth et d'une Alane, et qui, par sa force athlétique et sa haute taille, avait par hasard, dans une lutte, frappé les regards de l'empereur Sévère, venait donc s'asseoir sur le trône des Césars.

Maximin avait quitté sa trihu pour prendre du service dans l'armée romaine, et sa bravoure l'avait bientôt fait parvenir aux grades supérieurs. — Après la mort de Sévère, il se retira, ne voulant pas servir les meurtriers de son souverain et bienfaiteur , et ne revint à Rome que lorsqu'il sut qu'Alexandre régnait. Il était un des généraux qui avaient le plus de crédit dans l'armée du Rhin, et il fut proclamé empereur par les soldats. Avait-il conspiré contre Alexandre ? le refus qu'il fit d'abord de.

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