‹ Histoire des Germains depuis les temps les plus reculés jusquà̕ Charlemagne. Pour servir di̕ntroduction à lh̕istorie de le̕mpire germaniqueChapitre 40 sur 123 · Les Goths refoulés hors de l'illyrie , mais pour qui le · texte numérisé non relu

Les Goths refoulés hors de l'illyrie , mais pour qui le

LZonaras U) rapporte que trois cent mille Allemanes furent arrêtés et vaincus prés de Milan par douzo mille Romains.

"Oç 'AAajuawî* *ff< r^xxùm M-v(tx%ç ovn <xift roc Ms&thuvx w BxXÙr furoc uufi'wv, inxnfiv.

Mais il est le seul auteur qui rapporte ce fait , lequel probablement est outré. Zonaras écrivait au douzième siècle , et aucun historien de l'antiquité n'a parlé de cette expédition. Toutefois une inscription trouvée dans la première RhéUe, et que j'ai transcrite et commentée dans mon livre sur les Établissements romains du Rhin et du Danube, semble prouver que sous Gallien , les Barbares pénétrèrent effectivement dans cette province, où ils curent a essuyer une défaite.

repos semblait être impossible; se, tournèrent alors du côté de l'Asie. Unis aux Bu riens, ils attirèrent à eux les petites tribus qui habitaient les rives du Bosphore Cimmérien , et que la crainte de leurs armes plus que la sympathie joignit à eux. Les vaisseaux, dont ces tribus disposaient , leur servirent à les transporter sur l'Euxin jusqu'aux limites de la Colchide où ils tentèrent de se rendre maîtres de la ville de Pithyus. Mais cette place était trop bien fortifiée pour être enlevée par un coup de main, et Successien qui y commandait était trop brave pour se laisser intimider. Il repoussa avec une telle vigueur leur attaque, que, forcés de se rembarquer, ils renoncèrent pour cette fois à leur tentative.

Mais l'année suivante ils revinrent, et réussirent dans 258. leur attaque.

Successien avait, pendant ce temps, été nommé préfet du prétoire, et il avait été appelé auprès de Valérien qui venait d'arriver en Asie. Les Goths, après avoir éprouvé un échec à l'embouchure du Phase , devant le célèbre temple de Diane dont ils ne purent se rendre maîtres , reparurent devant Pithyus et s'emparèrent de cette ville. Les prisonniers qu'ils y firent leur servirent de rameurs, et avec une flotte plus considérable encore que la première, ils profitèrent d'une brise favorable pour cingler vers Trébizonde. Cette riche et populeuse cité que la force de ses murailles aurait dû protéger, et qui contenait dix mille hommes de garnison, tomba sans presque faire de résistance. Tous les temples, tous les monuments publics furent renversés. Après avoir porté la dévastation et le pillage dans toute la contrée , ils rentrèrent dans leurs vaisseaux , chargés de butin et emmenant une immense quantité de prisonniers.

Lorsque l'hiver fut venu , une aulrc horde composée 259.

dllérulcs , des grandes expéditions desquels l'histoire nous entrelient pour la première fois , et parmi lesquels figuraient ces mêmes Buriens, entreprit une course plus aventureuse encore. Ces Hérules , ainsi que nous l avons dit dans notre introduction, étaient un peuple du Nord qui , voisin sur la Baltique des Rugicns et des Vandales , était , en même temps qu'eux et les Goths , descendu sur le Danube, et dont une colonie, sans que l'histoire en précise l'époque, s'était avancée jusque sur la mer Noire et s'y était établie. Partis de la côte occidentale de l'Euxin, ils traversèrent le Danube sur les glaces, et marchant au Sud, laissant derrière eux Tomi et Anchialus1, ils vinrent jusqu'auprès de Byzance. Là ils requirent les barques des . pêcheurs , auxquels ils promirent des récompenses , et montés sur ces frêles embarcations , ils traversèrent le Bosphore de Thrace, et allèrent débarquer à Calcédoine sur la côte de l'Asie mineure. Cette ville abandonnée par sa garnison , fut prise et livrée au pillage. Nicomédie, Pruse, Apamée , eurent le même sort. Le débordement du Rhyndac sauva seul la ville de Cyzique. Ne pouvant le traverser, ils rebroussèrent chemin, et incendièrent en revenant Nicomédie et Nicéc. Valérien était à Antioche, ville de Syrie , que les Perses venaient de ruiner, lorsqu'il apprit cette irruption des Barbares. 11 envoya aussitôt Félix en Europe, afin de protéger Byzance, et il se mil lui-même en roule pour venir les combattre. Mais arrivé dans la Cappadocc , il reçut la nouvelle que , remontés dans leurs embarcations , ils avaient disparu avec leur butin.

Page 1