I. Aujourd'hui Scutari
Naulobat reçut même les bonueurs du consulat. — Les Goths, que cette défaite laissaient seuls, songèrent alors eux-mêmes à la retraite. Gallien, forcé de retourner en Italie où de nouveaux troubles avaient éclaté, chargea Marcien et Claude de les poursuivre. Mais le peu d accord qui régna dans les opérations de ces deux généraux, sauva les Germains qui , pour protéger leur passage du Danube , for ti Gèrent leur camp avec leurs voitures et leurs bagages et échappèrent heureusement.
268. Cependant ils ne purent être chassés de la Dacie propre où ils avaient aussi pénétré et d où les Romains ne parvinrent plus à les faire sortir.
Claude revint trouver Gallien devant Milan , où ce dernier tenait assiégé Auréole, qui, opposé aux tyrans des Gaules, s était lui-même déclaré empereur, et dont il arrêta la marche sur Rome. Il était à Pavîe, quand Gallien tomba sous les coups de Cécrops, commandaut ,de la cavalerie desDalmates, qui le tua pendant qu il repoussait une sortie de l'ennemi. Toute l'armée se déclara pour Claude, et le sénat et le peuple romain reconnurent cette élection. Auréole qui , d'abord se soumit à lui, reprit les armes peu de temps après, et fut vaincu et tué par les soldats. Soit que ce général qui avait été gouverneur de la Rhétie, eût eu des intelligences avec les Ailemânes, et les eût appelé à son secours, soit que ces peuples eussent cru pouvoir profiter des discordes des Romains pour les attaquer, ils descendirent tout à coup des Alpes et vinrent inonder l'Italie. Leur marche fut aussi rapide que terrible; mais ils perdirent près du lac de Garda une bataille sanglante qui décida leur retraite et qui délivra la Péninsule.
2G9. Cependant les Gollis que Marcien avait laissé échapper, rentrés sur leurs terres, n'en furent que plus entrepre-
prenants à soulever contre Rome de nouveaux ennemis. Ils attirèrent à eux les Gépides, les Peucénicns, les Hérules et les autres peuples de l'Euxin , et bâtirent sur le Dniester une flotte innombrable S à la construction de laquelle ils employèrent les prisonniers qu'ils avaient enlevés sur les différentes côtes qu'ils avaient pillées. Cette flotte jeta sur les rives de la Scythie mineure trois cents vingt mille hommes, qui d abord cherchèrent à s'emparer de Tomi et de Marcianopol, mais qui ayant échoué dans ces deux entreprises , remirent à la voile. Leur navigation à travers la Propontide fut périlleuse; beaucoup de leurs bâtiments y sombrèrent. Après une tentative inutile sur Cizyquc, ils vinrent jeter l'ancre au pied du mont Athos, afin de réparer leurs avaries. Leurs escadres alors se partagèrent, et tandis que les uns firent le siège de Cassandrie et de Thessalonîque , villes de la Macédoine, les antres infestèrerït de leurs pirateries toutes les côtes de la Grèce , et se montrèrent même jusque dans les eaux de la Crète et de Chypre. Mais Gallicn, dont les premières courses de ces peuples avait éveillé l'attention, avait confié à Cléodane et à Athénée de Byzance, deux habiles ingénieurs militaires, le soin de mettre toutes les places maritimes en état de défense ; nulle d'elles ne put donc être enlevée2.
Cependant Claude, à la nouvelle de cette irruption des Barbares, envoya en Ulyrie son frère Quintile, et confia, jnsqu a ce qu'il pût lui-môme venir sur les lieux, le commandement de l'armée d'IUyrie et de Thrace à Aurélien» Dès que les Goths , occupés devant Cassandrie et Thes-
1. De deux mille voiles, selon Pollio; de six mille, selon Zozime.
2. Zonaras dit cependant qu'ils s'emparèrent d'Athènes ; mais ce fait semble être une erreur chronologique et se rapporter a l'expédition des Hérulcs que J'ai mentionnée ci-avant.
salonique, apprirent l'arrivée de ce général , ils levèrent les deux sièges, et, remontant le cours de l Axius, sur les bords duquel ils eurent à supporter un combat contre un corps de cavalerie daim a te, ils se replièrent sur la Mœsie. Claude vint en personne les y attaquer sous les murs de Naissus, déjà célèbre par la victoire que Gallien y avait remportée sur les Hérules. Le combat fut quelque temps douteux , et même les Romains plièrent d abord; mais étant revenus à la charge, ils tuèrent cinquante mille hommes des ennemis, et remportèrent une victoire complète. Les Goths cependant parvinrent à effectuer leur retraite en se retranchant derrière leurs voitures. Comme la cavalerie romaine occupait tous les passages de la Macédoine, ils se virent contrainte de se renfermer dans les montagnes de l'Hémus, où malgré le manque de vivres qui se fit sentir, malgré la peste qui les décima, mais qui régnait aussi dans l'armée romaine, ils se défendirent encore longtemps en désespérés. Cependant tant de valeur fut infructueuse ; et ils furent enfin forcés de capituler. Les principaux de la nation furent entraînés prisonniers ; et le peuple fut en partie enrôlé dans les légions, en partie disséminé dans diverses provinces de l'empire, que la guerre avait privées d'habitants. Il ne resta plus qu'un corps d'armée dans la Thrace qui se soutint encore quelque temps.
Peu des vaisseaux qui composaient la flotte restée dans les eaux de l'Archipel, regagnèrent la côte d'où ils étaient partis. La plupart périrent, soit par les escadres romaines, soit par les navires des Athéniens.
Aussi Claude, dans le bulletin qu'il envoya au gouverneur d'IUvrie, dit-il avec emphase : «Nous avons anéanti € trois cent vingt mille Goths et fait couler bas deux «mille navires; les champs sont couverts d'ossements, et
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des fleuves de lances, de piques et de boucliers; tous des chemins sont encombrés d'un immense matériel, et cun si grand nombre de femmes est tombé en notre poutvoir, que chaque soldat peut en avoir deux ou trois cdans sa couche.»
Cependant Claude ne jouit pas longtemps du fruit de 270. sa victoire, et il fut bientôt après enlevé par la peste.
Après sa mort , Aurélien qui commandait les armées d'Hlyrie et de Thrace, fut proclamé empereur par les soldats, au préjudice de Quintile qui fut nommé à Rome par le sénat. La mort du second, tué vingt jours après à Aquilée f, laissa Aurélien seul maître de l'empire.
Les Goths, restés dans la Thrace, ruinèrent Anchialus et firent une tentative sur Nicopol, d'où cependant ils furent repoussés par les habitants qui les écrasèrent. Les autres peuples de la confédération qui avaient pris pied dans la Dacie, Goths et Vandales, entrèrent en même temps dans la Pannonie. Aurélien, qui s'était rendu à Rome pour s'y faire reconnaître, revint aussitôt vers son armée, et pour faire périr les Barbares par la famine , il fit ruiner la campagne, et en renferma les habitants dans les forteresses avec leurs troupeaux et leurs provisions. Il fallut néanmoins qu'il livrât aux Goths et aux Vandales un combat qui fut obstiné de part et d'autre et qui dura jusqu'à la nuit. Mais cette nuit même les Barbares repassèrent le Danube et le lendemain ils envoyèrent demander la paix. La liberté du commerce sur le Danube fut la suite du traité, par lequel les deux peuples s'engagèrent à livrer des otages et à fournir aux Romains un contingent de quelques mille hommes de troupes. Ce traité fut alors si ponctuellement observe , que cinq cents
1. D'autres disent dix-sept , et qu'il se laissa mourir en se faisant outrir les reines, de peur de tomber entre les mains d'Aurclien.
Vandales, ayant osé, au mépris de ses stipulations, traverser le fleuve pour piller les terres romaines, furent massacrés par ordre de leur roi.
Cette paix permit à Aurélien d'opposer toutes ses forces aux Allemanes, aux Juthungues et aux Marcomans, qui avaient aussi traversé le Danube et qui menaçaient en même temps la Rhétie et l'Italie. Les Juthungues étaient voisins de la première de ces provinces et faisaient eux-mêmes partie de la coalition allemaniquc. Il arrêta leur marche non loin du fleuve et les força de le retraverser. Mais leurs alliés dont il était parvenu à les couper, s'avancèrent jusque dans la Péninsule, et portèrent le ravage jusqu'autour de Milan. Aurélien qui se mit à leur poursuite, fut battu sous les murs de Plaisance. La terreur était si grande dans Rome, que la superstition y fit consulter les livres des Sy billes, et promettre aux Dieux des victimes humaines. Cette victoire ouvrit aux Barbares le chemin de la capitale, dont ils s'approchèrent en effet jusqu'à Fano. Mais battus à leur tour près de cette ville, et refoulés jusqu'à Pavie, où ils tentèrent en vain de prendre position et où ils eurent à supporter une seconde défaite, ils se virent repoussés jusqu'au delà des Alpes.
272. L'IUyrie et la Thracc furent encore deux fois le théâtre des irruptions des Goths * des S armâtes et des Carpes , avant et pendant l'expédition d' Aurélien contre la reine de Palmyre. L'empereur chassa les deux premiers avant d'aller porter la guerre en Orient, et les poursuivit même au delà du Danube, où, dans un combat sanglant qu'il leur livra , il leur tua leur duc Cannabaud et cinq mille hommes. Il marcha, à son retour, contre les Carpes, qu'il trouva occupés à piller, et qu'il refoula également hors des limites romaines. Plusieurs d'enlrc eux furent
transplantés dans la Pannonic où des terres leur furent
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Cependant la Gaule était toujours insoumise. Tétricus en était encore maître en apparence, quoique l'insolence de ses soldats, excités contre lui par Faustin, rendit déjà son pouvoir chancelant. Il noua des intelligences avec 273. Aarélien, préférant faire avec lui un accommodement avantageux, plutôt que d exposer sa vie en voulant conserver un vain titre qu'un autre allait peut-être lui enlever. . Il concentra son armée dans les environs de Chàlons , où Aurélien vint le combattre. Au moment même de Faction, il passa du côté de l'empereur, abandonnant ses légions qui, privées de chef, furent impitoyablement massacrées. Les Germains qui servaient dans l'armée romaine, ou qui y étaient comme auxiliaires, se retirèrent de F autre côté du Rhin.
Aurélien rentra dans Rome triomphant , menant derrière son char Tétricus et Zénobie , et une foule de prisonniers de toutes les nations de l'Orient et de la Germanie, Francs, Suèves, Vandales, Sarmates et Goths, parmi lesquels Gguraient dix femmes du dernier peuple , prises les armes à la main. Le char qu'il montait , traîné par quatre cerfs, était un des trophées pris sur les Goths, et, d'après le vœu qu'il en avait fait , il sacrifia à Jupiter ces quatre animaux, en entrant dans le Capitoïe.
Cependant, peu de temps après, les Allemanes firent 274. dans la Vindélicie une irruption qui attira l'empereur dans cette province. Les Romains les défirent sur les bords de la Vindisch, action où se distingua surtout Constance, père du grand Constantin. Aurélien passa ensuite dans rillyrie , où se faisaient les préparatifs de l'expédition qu'il projetait contre les Perses.
Ce fut pendant que tout se disposait pour cette guerre,
qu'eut lieu l'abandon définitif de la Dacic , que Trajan avait réunie à l'empire, mais qui, depuis Commode, la proie des barbares qui l'inondaient, n'était plus* pour 1 empire qu'un fardeau. Déjà la crainte seule de déplaire au peuple romain avait empêché le sage Adrien de l'abandonner. "Au rélien fut moins craintif. Voyant l'impossibilité de conserver ce pays, il en rappela les colons qui voulurent en sortir, et les garnisons qui en occupaient encore les forteresses. Gomme la Mœsie avait elle-même été dépeuplée par toutes les guerres successives qui l'avaient désolée, il répartit ces colons au centre de cette province , dont cette partie prit alors le nom de Dacic. Le pays qui touchait le Danube fut appelé la Docte riveraine, et celui qut s'étendait au-dessous, la Dacie méditerranéen Le Danube redevint la frontière de l'empire , comme il l'avait été du temps d'Auguste. Les Goths et les Vandales , déjà maîtres par le fait de la Dacie propre, s'en partagèrent le territoire , dont la partie arrosée par le Maros cl ses confluents échut au dernier peuple. 275. L'interrègne de près de huit mois qui suivit la» mort d'Aurélien , assassiné par quelques-uns de ses officiers , entre Héraclée et Byzancc, provoqua de nouveaux ennemis à l'empire.
Lorsque Tacite prit les rênes du gouvernement , les Francs s'étaient rués dans la Gaule, et les Goths avaient traversé le Palus-Méotide pour se répandre dans la Colchide. Aurélien , disaient ces derniers, les avait appelés pour être ses auxiliaires contre les Perses. Ils parcoururent tout le Pont, la Cappadoce, la Galalhie et la Cilicie, et il fallut enfin, pour les faire sortir, que le vieil empereur vint lui-même les combattre et chargeât ensuite son frère Florien , qu'il avait nommé préfet du prétoire , de les poursuivre. Ce dernier était occupé contre eux sur le
Bosphore, où il s'était placé pour leur couper la retraite, lorsqu'il reçut la nouvelle de la mort de Tacite. Florien fut aussitôt proclamé empereur par les soldats et fut reconnu dans toutes les provinces de l'Europe , de l'Afrique et de l'Asie, jusqu'à la Cilicie. Mais les troupes de l'Orient , ayant voulu avoir Probe pour empereur, Florien fut contraint de laisser échapper les Barbares, pour s'opposer à ce rival.
Probe resta seul maître de l'empire par la mort de Florien,. qui, trois mois après son élection, fut aussi tué par les soldats fatigués de la guerre civile. 270.
En Europe, les Allemanes s étaient joints aux Francs pour piller la Gaule , et soixante villes de cette province étaient tombées au pouvoir de ces deux confédérations. Les Lygiens avaient aussi pris les armes, peuple lointain que l'espoir du pillage avait sans doute poussé aux frontières romaines. Les Vandales , oubliant les traités , se joignirent à eux, ainsi que les Bourguignons. Probe, l'un . des plus grands capitaines que les Romains aient eus , aussi actif que courageux, châtia leurs téméraires projets, et en personne ou par ses généraux non-seulement il fut partout victorieux et en purgea l'empire , mais portant encore les légions sur la rive droite du Rhin, il reprit sur les Allemanes le pays dont ils s'étaient emparés depuis Maximin, et rétablit au delà du Neckar et de l'Alb l'ancienne frontière que Trajan, Adrien et ses successeurs avaient tracée. Semnone, prince des Lygiens, tombé en son pouvoir avec son fils, fut rétabli par lui à la téte de sa nation. Moins clément envers Igill, chef des Vandales
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les prisonniers faits sur ces deux peuples , auxquels il donna dans celle île des terres à cultiver. Une troupe de Francs fut transplantée sur les rives de l'Euxin, d'où
cependant plus lard 1 amour de la liberté et de la patrie les fit sortir de nouveau. Gourant aux armes et s'emparant de tous les bâtiments qu'ils purent trouver, rassemblant les autres Germains que le même sort avait confinés avec eux sur ces terres lointaines, ils se confièrent aux vents et à la mer, et après avoir pillé les côtes de la Grèce, ils abordèrent en Afrique. Battus sous les murs de Carthagc, ils se rabattirent sur la Sicile, où ils pillèrent Syracuse dont ils tuèrent un grand nombre d'habitants. Ils traversèrent alors les Golonnes d'Hercule, et côtoyant l'Espagne et la Gaule , ils abordèrent enfin , après une traversée aussi aventureuse que pleine de périls, aux rives germaniques.
Probe, avec l'intention de faire une province à part des pays reconquis au delà du Rhin, rétablit les villes abattues, les châteaux forts écroulés, et fit des distributions de terres aux soldats laissés à la garde de ces frontières. Ge fut alors contre les Âllemanes une guerrè de représailles, jusque là que leurs tètes étaient mises à prix, pour . mieux exciter les soldats à les poursuivre.
Get état de choses devint si onéreux à ces peuples, que neuf des rois de leur coalition vinrent demander la paix et donnèrent pour l'obtenir des ôtages, des troupes, du blé, des bestiaux, la seule richesse qu'ils possédassent.
Aussi Probe écrivait-il au sénat :
«Grâce aux Dieux, pères conscrits, la Germanie est «soumise au loin ; neuf rois sont venus se jeter à mes a pieds et aux vôtres. Les Barbares ensemencent et la- «bourent leurs terres pour vous; ils combattent pour «vous. Rcndcz-donc, selon votre coutume, des actions « de grâces aux Dieux , car quatre cent mille 1 ennemis
I. Quant à ce nombre, peul-iMrc faudrait-il se défier du bulletin.
«ont été tués; seize raille ont été répartis dans notre ar- «mée ; soixante-dix1 villes ont été reprises, et la Gaqle «est délivrée. Ses campagnes sont cultivées avec les bœufs «des Barbares ; leurs troupeaux servent à notre nourri- « ture ; leurs haras à remonter notre cavalerie , et leur «blé remplit nos granges. Quoi de plus!... Nous ne leur «avons laissé que le sol; notre intention, pères conscrits, «est d'établir un président pour la Germanie ; mais nous « remettrons cela à un temps plus opportun. »
Ce temps, cependant, n'arriva point, et le règne du grand homme fut trop court pour qu'il pût mettre à lerme ses projets.
Après avoir, en effet, par ces sages dispositions, veillé à la sûreté de la Rhétie, il passa dans l'illyrie, pour s'opposer aux Sarmates et aux Gotbs qui avaient aussi fait de nouvelles irruptions sur les terres romaines. Il livra à ces derniers un combat, où il fut victorieux et qui les refoula Me l'autre côté du Danube. A son retour d'Asie, afin de repeupler d'un côté les provinces et de gagner de l'autre l'amitié des Barbares, il donna non-seulement des ' terres à cent mille Bastarnes dan? la Thrace, mais encore à une foule de Gépides , de Goths et de Vandales , qu'il transplanta sur le territoire romain. Autant cependant les premiers furent fidèles, autant les autres furent turbulents, et par les courses qu'ils entreprirent firent du mal à l'empire. 11 fallut encore une fois les combattre pour les soumettre.
Tandis que ces dangereux colons laissaient de nouveau la charrue pour le glaive ou la rame , deux généraux, Procul, à Cologne , et Bonose , dans la Rhétie ,
1. Les annales disent soixante dans la Gaule. Dans le nombre de soixante-dix du bulletin sont comprises peut-être celles reprises au delà du Rhin.
prenaient en même temps le titre d'empereur et rappelaient Probe sur le Rhin. Les Germains, que Procul sollicita, lui refusèrent leur secours. Vaincu sous les murs de Cologne, forcé de rétrograder jusqu'à l'Océan, il se sauva chez les Francs , qui cependant le livrèrent à l'empereur. Bon ose, que la crainte d'un châtiment avait porté à la révolte, se soutint plus longtemps. Les Ailemanes avaient brûlé sur le Rhin les vaisseaux confiés à sa garde, et pour échapper à un jugement, il s'était fait conspirateur, il fut mis à mort par l'empereur, qui cependant pardonna à son épouse Hunilla, femme d'un esprit remarquable et issue de la famille royale des Goths. C'était une des jeunes filles qui avaient suivi le triomphe d'Aurélien, et du sort desquelles cet empereur avait pris soin. Probe chercha par ses bienfaits à réparer son infortune ; il lui fit une pension annuelle.
Après tant de guerres heureuses, il ne s'occupait plus que du bien-être des provinces, plantant la vigne sur le Rhin, sur la Moselle, sur le Danube , et employant partout les soldats à des travaux d'utilité publique, lorsque, près de Sirmium, où il % tait né et où il leur faisait creu- 282. ser des fossés pour en dessécher les marais, il éclata parmi, eux une conspiration qui lui coûta la vie.
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