Labbeu*, Collect. concU
vie de se soustraire aux malédictions et aux injures dont l'accablaient les habitants de Rome, que sa puissance absolue n'avait point à redouter ; elle fut la conséquence des événements de l'époque, qui, ayant de nouveau réuni sous le même sceptre l'immense empire, exigeaient pour centre de gouvernement une position qui pût à la fois commander à l'Europe et à l'Asie.
L'Orient, ouvert de tous côtés et sans limites fixes, telles que celles de l'Occident protégées par les deux grands fleuves du Rhin et du Danube , était toujours la partie du colosse la plus menacée. A l'embouchure du Danube et du Tanaïs était l'ennemi le plus puissant de Rome. Aucun des empereurs romains qui supportèrent seuls le fardeau du gouvernement, ne resta oisif en Italie. Leur poste fut à tous dans l'IUyrie ou aux portes de l'Orient. 11 en fut de même de Constantin, lorsque, seul maître de l'empire, il dut, pour préserver l'Occident, opposer une barrière à l'Euxin, et que, pour veiller à la sécurité de l'Europe et de l'Asie, il plaça sa capitale sur le détroit qui les sépare.
Les Goths, en 228, avaient appelé l'empereur au delà du Danube , et nous possédons encore une médaille de cette époque qui fut frappée à l'occasion du pont de pierre qui joignit les deux rives. Ne serait-ce point à celte occasion que se rapporteraient les paroles que lui fait dire ironiquement son cousin Julien, dans sa satyre contre les Césars? t Qu'il était au-dessus deTrajan, puisqu'il avait reconquis la province que ce dernier avait «soumise, et qu'il y avait plus de gloire à reprendre qu'à «conquérir.» Quels qu'aient été les résultats de cette expédition pour les armes romaines , elle ne parait point cependant avoir eu pour effet une occupation prolongée du pays.
Les Sarmates et les Goths ne (ardèrent pas, en effet, 552. à se foire la guerre , et ce fut la Dacie qui en fut le principal théâtre. Les Sarmates demandèrent du secours aux Romains ; ce qui mit de nouveau ces derniers aux prises avec les Goths, auxquels semblent alors s'être joints les Thaifales, qui poussèrent vigoureusement Constantin1, tandis que Tannée principale, conduite par son fils Constantin César, livra aux Goths une bataille décisive, qui 50 força leur roi Ariane à faire sa soumission et à livrer avril, aux Romains son propre fils en ôtage. Mais les Sarmates, pour mieux résister à leur ennemi, avaient donné des armes à leurs esclaves , et ces derniers qui s en étaient servi avec succès, les tournèrent maintenant contre leurs maîtres , qui se virent contraints de fuir de leur pays. Les uns se réfugièrent chez les Quades et les autres vinrent, au nombre de plus de trois cent mille âmes de tout sexe et de tout âge, chercher un asile sur les terres romaines où ils furent distribués dans diverses parties de la T h race, de la Macédoine et de l'Italie. Les Goths cependant obtinrent une paix avantageuse des Romains, paix qui ne fut plus rompue sous le successeur d'Ariaric, malgré la guerre qu'il porta aux Vandales, et malgré le refuge que les Romains, restés neutres dans ces différends, accordèrent à ces derniers. Geberic, roi des Goths, battit sur les bords du Maros, au centre de la Dacie, Visumar, roi des Vandales, de la race des Asdinger, et s'empara de son pays. Les Vandales qui échappèrent soit à la mort , soit à la captivité, furent accueillis par Constantin, et restèrent dans la Pannonie, où, pendant plus de quarante ans, ils furent soumis aux lois de l'empire, comme les autres habitants.