Voy .Zozime. L. 11, c T>1, p
Constantin se préparait à la guerre que Sapor venait de lui déclarer, lorsque, tombé malade, et après s'être fait transporter à Hélénopole , où sa faiblesse ne lui permit même pas de prendre les bains , il vint mourir dans un château impérial près de Nicomédie. Il reçut le baptême avant de rendre l'esprit, sanctionnant par cet acte les nombreuses ordonnances qu'il avait rendues en faveur du christianisme.
L'empire se trouvait alors partagé en quatre grandes préfectures , nouvelle forme d'administration que Constantin lui avait donnée pendant les dernières années de sa vie. Les empereurs, ses prédécesseurs, avaient créé deux préfets du prétoire, l'un d'Orient et l'autre d'Ôcci- . dent. Ces officiers , qui d'abord n'avaient été établis que pour commander les gardes prétoriennes , acquirent une autorité souveraine après l'empereur, non-seulement sur les armées , mais encore sur tous les sujets de l'empire , tant pour la guerre que pour la justice. Constantin en créa quatre, et leur donna à chacun un département séparé. L'un commandait aux provinces d'Orient et en Égypte, l'autre à l'Italie et à l'Afrique; le troisième, sous le nom de préfet d'Ulyrie, gouvernait la Macédoine, la Grèce , l'Épire et les provinces du Danube y compris la Pannonie ; et le quatrième enfin , dont le siège était à Trêves dans les Gaules , avait sous lui cette province, la Bretagne et l'Espagne, à laquelle était jointe l'annexe de la Mauritanie tingitane. Ces préfets avaient leurs vicaires, sous l'inspection desquels les provinces étaient administrées, soit par des consulaires, soit par des présidents.
Les ducs ou généraux de la milice avaient eu jusqu'alors la juridiction sur l'armée. Cette juridiction leur fut ôtée pour être donnée à un maître de la milice , emploi qui, plus tard, fut encore partagé entre le maître de
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la cavalerie et le maître de l'infanterie. Constantin créa aussi le patriciat, première dignité d'honneur dans l'empire, laquelle eut peu d'autorité, mais qui fut cependant briguée par l'ambition, et dont fut plus tard récompensé plus d'un grand parmi les Francs , les Goths ou d'autres peuples germains.
La hiérarchie des provinces forma la hiérarchie des dignités ecclésiastiques à mesure que le christianisme s'y développa. Les évêqraes, aux temps où les communautés chrétiennes commencèrent à se fonder, formaient un ordre à part, dont le rang, d'abord égal, finit par atteindre un plus haut ou un moindre degré, selon l'importance des villes où ils résidaient. Dans les assemblées des évéques, ceux des
métropoles eurent le pas sur ceux des villes secondaires, sous le nom de métropolitains ; ce qui plus tard donna naissance aux archevêchés ; et comme plusieurs provinces réunies formaient un diocèse dans l'administration civile , les évéques des villes principales eurent la préséance parmi les métropolitains sous le nom de primats, nom qui plus tard pour Rome , pour Antioche , pour Alexandrie , fut remplacé par celui de patriarche, dignité qu'acquirent à leur tour les évéques de Constantinople et de Jérusalem. Le primat des Gaules résidait à Trêves où résidait aussi le préfet ; cette province à qui Constance, père de Constantin, avait épargné les persécutions dont le christianisme fut en proie sous Dioclétien, était, plus qu'aucun autre pays de l'Ouest, soumise à la nouvelle doctrine. Déjà en 314, au concile d'Arles, apparurent les évéques de Trêves et de Cologne: Il est hors de doute que, dans d'autres villes de la Belgique et des provinces germaines du Rhin, le christianisme n'eût aussi fait les plus grands progrès ; il en fit d'autant plus sous Constance, fils de Constantin, qui succéda à son père dans les provinces de l'Occident,
que zélé pour le christianisme , ce prince fit tous ses efforts pour l'étendre, et par ses ordonnances, défendît, sous peine de la vie, le culte des faux Dieux.
Alors apparaissent dans les annales les évêques de Verdun, de Metz, de Toul, celui de Tongres dans la Belgique, et sur le Rhin ceux d'Àrgentorat, de Worms, de Spire , de Mayence et de Cologne , tous réunis au concile de Sardique, dans la Messie, pour prendre part aux délibérations sur les controverses qçé divisaient l'Église.