‹ Histoire des Germains depuis les temps les plus reculés jusquà̕ Charlemagne. Pour servir di̕ntroduction à lh̕istorie de le̕mpire germaniqueChapitre 61 sur 123 · C<nnment. in evang. Lucœ, I. X., p · texte numérisé non relu

C<nnment. in evang. Lucœ, I. X., p

2. Zozimc, L. IV, c. 2ti, met cet événement au commencement du règne tle Théodose.

en grand nombre, avaient été répandus dans différentes contrées de l'Asie où on les avait mis sous la surveillance d'officiers romains, furent égorgés le même jour par un ordre secret du général Jules, qui commandait le pays d'au delà du Taurus, et qui craignit une tentative des Goths sur cette province. Cette barbare conduite des Romains exaspéra les Goths d'Europe qui , pour venger leurs compatriotes, firent dans beaucoup d'endroits de sanglantes représailles contre les Romains.

Cependant Théodose Gt avec êux un accommodement. Mais étant, peu de temps après, tombé dangereusement 580. malade à Thessalonique , et Graticn se trouvant à la même époque dans la Gaule, leur audace se réveilla, pour me servir de l'expression de Jornandes1; et se partageant en deux bandes , les uns , sous la conduite de fridigem, se répandirent, pour piller, dans la Thessalie, l'Epire et l'Achaïc ; les autres, commandés par les deux princes oslrogoths Alèlhe et Saphrax, entrèrent dans la Pannonie. Beaucoup de ceux qui étaient dans la Thrace restèrent cependant fidèles aux Romains , sous le commandement'de Favrit qui, attaqué par Eriulphe, un des chefs du parti contraire , le tua dans un combat. Les Goths eanemis s'avancèrent jusque dans la Macédoine, où Théodose marcha contre eux. Les Goths attaquèrent son camp pendant une nuit sombre, et allèrent droit à son quartier pour* l'enlever. Peu s'en fallut que l'empereur ne tombât en leur pouvoir. Ses troupes furent défaites. Les Goths, après ce succès, coururent toute la Macédoine sans en pouvoir toutefois prendre les villes, dont la résistance permit enfin à Théodose de les arrêter et de les forcer de se retirer après avoir pillé tout le pays.

i. c n. p. io?i.

Pendant ce temps , les comtes Àrbogastc et Baulon étaient envoyés par Gralien avec les auxiliaires francs contre les Oslrogoths.

Refoulé par Vitalien qui commandait les légions d'Illyric jusqu'au delà du Danube , Fridigern , dont le nom est depuis perdu pour l'histoire, se jeta sur le territoire qu'Alhanarich était parvenu jusqu'alors à conserver contre les Huns. Alhanarich, chargé 4 d'ans et de mal- 581 . heurs, obligé de fuir devant lui, oublia alors le serment de sa jeunesse, et vint a Gonstantinople trouver Théodose et implorer sa protection. Mais il mourut au bout de quinze jours. La généreuse réception que l'empereur lui avait faite et les honneurs qu'il rendit à ses cendres, touchèrent les Goths qui l'avaient suivi , et ceux qui étaient restés dans la Thrace ; tous se soumirent de bonne foi, et vécurent quelque temps en paix. Ils obtinrent pour asile la Mœsie et la Dacie riveraine. Un corps de plus de vingt mille hommes passa à la solde des Romains.

Les Oslrogoths furent aussi chassés de l'empire , et se réunirent probablement de nouveau à ceux de leur nation qui s'étaient soumis à la suzeraineté des Huns, à côté desquels du moins nous verrons plus tard leur tribu reparaître.

En Occident, le repos ne fut plus troublé jusqu'à la révolte de Maxime, Espagnol de naissance, qui commandait dans la Bretagne et qui , gagnant les soldats , obtint 583". d'eux le titre d'empereur. 11 eut bientôt une nombreuse armée avec laquelle il passa dans la Gaule, et fit soulever les provinces qui étaient le long du Rhin. Gralien, à qui la faveur qu'il accordait aux étrangers avait ôtc la popularité dans l'armée, vit bientôt la défection gagner ses rangs. Il marcha néanmoins avec le reste de ses troupes contre Maxime et lui présenta la bataille. Mais

les soldats l'abandonnèrent encore; et il se vit contraint de fuir vers l'Italie, accompagne seulement de trois cents chevaux. Maxime envoya à sa poursuite le général Androgastequi l'atteignit à Lyon, et le tua. Mérobaude, lieutenant-général de la milice, et le général Ballion, qui lui étaient l'un et Vautre restés ûdèles , furent aussi mis à mort par les ordres de Maxime.

Théodose, à qui 1 attitude toujours hostile des peuples du Danube ne permettait guère de dégarnir cette frontière, crut prudent de laisser leur cours à ces événements, et par un traité qu'il fit avec Màxime, il lui reconnut la Bretagne, la Gaule et l'Espagne, et confirma à Valentinien II la possession de l'Italie, de l'illyrie occidentale et 384. de l'Afrique.

La secousse que les Huns avaient donnée à toutes les Dations qui avaient composé le vaste empire des Goths continuait en effet encore à les agiter, et bientôt un nouvel essaim de Barbares traversa de nouveau le fleuve. A leur 585. tête étaient les Scirres, tribu hérule qui, de l'embouchure du Prégel et de la Mémel , descendue sur le Danube , et unie aux Carpodaces et à d'autres nations du Nord , que les Huns et les Alains avaient refoulées, vint attaquer l'empire. A eux succédèrent de nouveau les Greutbunges, 58G. sous la conduite de leur roi Odathée, que Promotus, général de l'infanterie de Thrace défit et tua près du Danube, et dont il poursuivit l'armée jusqu'au delà du fleuve. Tbéodose rendit la liberté à un grand nombre de prisonniers, et se les attacha par des présents. Ils passèrent sous la bannière romaine, ainsi qu'une foule d'auxiliaires Huns et Alains , tous gagnés par des traités et qui , dans la guerre qui bientôt après éclata avec Maxime, furent d'un très-grand secours !.

\ . OotHus Me , ei Hunnu$ et Alanu* respondebat ad nomen. — Latini

587. Ce prince, non content des Étals qu'il avait usurpés et que Théodosc avait consenti à lui laisser, voulut encore déposséder des sietfs Valenlinien II. 11 traversa les Alpes, et n'y trouvant nulle résistance , il alla droit à Milan où le jeune empereur faisait ordinairement son séjour. Va- 1 en tien, incapable de lui résister, se réfugia avec l'impératrice-mére à Thessalonique , d ou il implora le secours de Tbéodose.

Comme ce grand homme était redevable de tout au père du jeun© prince , il le prit sous sa protection , et marchant contre Maxime, il battit ce dernier sur la Save non loin de Seissag. Il le déût une seconde fois à Pettau, et traversant Laibach vint une troisième fois le vaincre

588. sous les murs d'Aquilée où, pris et livré par ses propres tswùV soldats, le tyran paya de sa téte sa défaite?

Quelques hordes de Francs, sous la conduite des trois princes Genobaud, Marcomer et Sunnon, profitèrent de ces querelles domestiques des Romains , pour faire une incursion dans la Gaule 2. Maxime avait laissé à Trêves

Pacati Panegyr. , c. r>2. — Pour perpétuer le souvenir de ces campagnes contre les Golhs , après lesquelles il Tint triompher à Constantinople avec son fils Arcade , ce dernier , après la mort de son père , fit élever la célèbre colonne qui porta le nom de Théodose et qui, à l'imitalion des colonnes de Trajan et d'An ton in à Rome, représentait le» différents événements de cette guerre, les mœurs des nations vaincues, et le butin qui leur fut enlevé. Détruit par les Barbares et les tremblements de terre, ce monument n'a pas cependant été entièrement perdu. Quelques fragments en ont été reUrés du sol et dessinés par Genlili Bellino t peintre do Venise, appelé à Constanlinople par Mahomet II. On y voit, entre autres, les princes golbs assis avec leurs femmes suc des chars traînés par des bœufs et des chevaux ; les dieux sont po«.és sur des chameaux ; et on voit une prêtresse qui conduit le cerf consacré, preuve que les nations gothiques, dont il s'agit ici, étaient encore païenues. Voyez les planches gravées de Claude Menestrier, et Banduri : Imperium orientale , U II, p. 508 et suiv.

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