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2. D'après le passage d'une lettre de St. Ambroise, ép. 27, il Pa~
les deux généraux Naniénus et Quinlin, auxquels l'éducation de son fils était confiée ; ils volèrent au secours de Cologne que les Barbares menaçaient. Les Francs se retirèrent de l'autre côté du Rhin, que les deux généraux traversèrent à leur tour devant Neus ; mais loin de remporter quelque avantage , ils furent repoussés avec les plus grandes perles du sol germain. Après la chute de Maxime , Théodosc envoya dans les Gaules le célèbre Franc Ârbogaste qui, après la mort de Bauton, était devenu maître de la milice d'Orient , et qui fit mettre à mort ces deux généraux , ainsi que le jeune Victor , (ils de Maxime. Arbogaste resta près de Valentinien II pour lui servir de conseil , et le suivit dans la province du 589. Rhin, où les deux rois , Marcomer et Sunnon, vinrent trouver le jeune empereur et renouvelèrent avec lui l'ancienne alliance qui les avait unis aux Romains. Mais celte paix dura peu. La haine que, pour d anciens démêlés qa'il avait eus avec les princes francs, Arbogaste nourrissait contre eux , ût bientôt trouver à sa politique des raisons pour leur faire de nouveau la guerre , et il passa en effet le Rhin au fort de l'hiver, en 391, et entra dans le pays des Francs Bructères et des Chamaves dont il incendia quelques villages, sans avoir vu cependant d'autres ennemis qu'un corps peu considérable d'Amsibares et de Cattes qui , sous la conduite de Marcomer , protégea l'abord des montagnes.
Au retour de cette expédition qui n'eut pas d'autre résultat, Arbogasle, dont le joug pesait à Valentinien, tomba en disgrâce auprès de cet empereur.
Quelques historiens ont vanté le noble caractère de ce
raitraît qu'après la mort do Gralieo , les Juthungucs entrèrent aussi daos la Rhétie , incursion sur laquelle nous n'avons cependant aucune autre noUce.
général, et n'ont pas craint de le comparer aux Curius et aux Fabricius de l'ancienne Rome. Son crédit toutefois effaroucha le jeune prince, et la popularité dont il jouissait dans l'armée le lui 6t redouter. Valentinien le destitua de toutes ses charges. Mais Arbogaste le brava ; et l'empereur, ayant peu de temps après péri de mort vio- 502. lente à Vienne, près de Lyon, le général fut assez unanimement regardé comme l'instigateur du crime, quoique lui-même n'en profilât point, et qu'il fit nommer à la place de Valentinien, Eugène, qui, de rhéteur, s'était élevé aux premières fonctions de l'Etat.
Eugène s'empressa de faire la paix avec les Allemanes et les Francs, et obtint des derniers un corps d'auxiliaires qu'il mena avec lui en Italie.
Théodose refusa en effet de le reconnaître ; et l'empire devait encore une fois être disputé au pied des Alpes juliennes, où tant de sang romain avait déjà si souvent été répandu.
Dans l'armée que Théodose rassembla était un grand nombre de Goths sous la conduite de Gaina et de Saûl , et une autre division sous celle d'Alarich. Théodose réunit en chemin à ces étrangers d'autres hordes d'Huns et 594. d'Alains, et vint non loin d'Aquilée présenter la bataille 0 wpt à Eugène. Le combat qui se donna sur les bords du Wibach1, fut vivement disputé et dura deux jours. Les Golbs s'ébranlèrent les premiers : leur choc fut terrible. Mais Arbogaste les reçut avec la même vigueur, et parvint k\es repousser. Cependant ayant été secourus par de nouvelles troupes, ils revinrent à la charge et enfoncèrent les escadrons ennemis dont ils firent un grand
1 . En latin Frigiduê , torrent de la Garinthie , qui se jette dans le Lisonzo
carnage. Mais lctrs pertes furent si sensibles que, loin de se croire vaincus, Eugène et Arbogaste Crenl garnir de troupes les montagnes, afin d'envelopper l'armée impériale et de l'empêcher d'avancer ni de se retirer. Le combat recommença donc le lendemain, et il eût peut-être été funeste à Théodose , si Arbitrion et quelques autres officiers de l'armée d'Eugène, qui étaient en embuscade, n'eussent avec leurs troupes passé de son côté. La fortune dès lors fut pour lui; car il s'éleva une tempête qui, soufflant directement contre l'armée ennemie , l'enveloppa d'un tourbillon de poussière qui la mit hors d'état de se défendre. Les soldats, qu' Arbogaste tenta en vain de rallier, prirent la fuite ou, jetant leurs armes, vinrent demander grâce à Théodose. L'empereur la leur accorda, à condition qu'ils lui livreraient le tyran Eugène. Ils coururent aussitôt vers une hauteur où il était demeuré durant la bataille, en attendant l'événement. Ils se saisirent de sa personne, et l'amenant lié à Théodose, ils lui tranchèrent la tête en sa présence. Arbogaste se sauva dans les montagnes, où, après avoir erré pendant deux jours, sans cesse poursuivi, et n'ayant plus d'espoir d'échapper, il se tua lni-méme pour ne pas tomber vivant entre les mains du vainqueur.
Celte victoire amena de nouveau la réunion sous le 595. même sceptre des deux empires d'Orient et d'Occident. 17j,DT
Mais Théodose ne survécut pas longtemps à son triomphe : il mourut quatre mois après à Milan , laissant ses États à ses deux jeunes ûls , Arcade et Ilonorius, auxquels, déjà de son vivant, il avait donné le titre d'Augustes,