‹ Histoire des Germains depuis les temps les plus reculés jusquà̕ Charlemagne. Pour servir di̕ntroduction à lh̕istorie de le̕mpire germaniqueChapitre 7 sur 123 · Ceux de Zug · texte numérisé non relu

Ceux de Zug

3. Qui comprenait les Irois diocèses de Vienne , de Grenoble et de Genève.

consulaire, eut peu de temps après le même sort, et plus malheureux encore , il tomba au pouvoir de l'ennemi. Les Cimbres s'assemblèrent en conseil , et délibérèrent s'ils ne marcheraient pas droit sur l'Italie. On voulut connaître lavis du prisonnier qui, oubliant son infortune, et ne songeant qu'à la gloire de son pays, leur remontra avec tant d'arrogance les difficultés de l'entreprise et la puissance de Rome, que le chef des Barbares, dans un accès de fureur, lui donna la mort *. Cependant son discours ne semble pas avoir été sans influence sur les Germains qui , en effet , au lieu de traverser les Alpes , se ruèrent sur la Gaule, et s'unirent alors aux Teutons et aux Ambrones, dernière tribu qui, probablement, habitait les rives de l'Animer, proche des Cimbres, et qui avait suivi les deux peuples dans leur migration. Rome , toujours menacée de leur arrivée, prit enfin les devants, et envoya contre eux le consul C. Manlius et le proconsul Servi- 648. lius Cœpio, qui les joignirent sur les bords du Rhône. Mais la jalousie réciproque de ces deux généraux les entraîna de même à leur perte ; au lieu de soutenir mutuellement leurs efforts , ils les paralysèrent , et firent essuyer à la République une défaite qui ne peut guère se comparer qu'à celle d' Allia ou de Cannes. Le consul Manlius et quatre-vingt mille de ses soldats restèrent sur le champ de bataille.

Celte victoire ouvrit aux Cimbres la route de l'Italie. Mais , par Aine raison assez difficile à expliquer , au lieu d'en profiter, ils se dirigèrent vers l'Espagne, annonçant toutefois qu'à leur retour ils marcheraient sur Rome.

1. Tile-Livc, Epit. C7, lui donne, avec lo tilrc do roi, lo nom do Bolus. Peul-élre est-ce le mémo guerrier que Plutarque cite sous le nom de Boiorix et qui commaudait les Cimbres à l'époque de leur défaite.

La terreur était grande dans cette ville. L'imminence du danger y suspendit aussitôt les divisions intestines que les entreprises des Gracques contre le Sénat y avait soulevées. On comprit que si on ne se réunissait pas contre un ennemi commun , la sûreté de l'Etat serait compromise. Cette pensée généreuse rapprocha les Plébéiens et les Patriciens , et réunit tous les partis , qui alors cherchèrent des yeux un homme qui, dans ce moment non moins critique que du temps de Camille, pouvait comme lui les sauver. Marius, naguère obscur et qui, parvenu au consulat à force de basses intrigues, avait tout à coup, dans la guerre de Numidie, où il venait de faire captif le roi Jugurtha , révélé le génie d'un grand capitaine, fut celui que la voix publique désigna comme le libérateur futur de la patrie. Il fut, quoique absent, nommé consul pour la deuxième fois, consulat qu'il conserva encore pendant deux autres années , et dont il mit le temps à profit pour organiser son armée. 11 alla attendre les barbares dans la province, fiSO. laissant à son collègue Catule le soin de couvrir les Alpes noriques. Là, pour endurcir ses soldats, il leur fit exécuter les plus grauds travaux , et leur fit creuser le canal qui porta son nom f, et qui, facilitant ses communications avec la mer , permit à ses vaisseaux d'entrer dans le Rhône, sans toucher l'embouchure du fleuve barrée par les sables.

Les Cimbres, pendant ce temps repoussés de l'Espagne par les Celtibériens, étaient rentrés dans la Gaule. Après l'avoir toute dévastée jusque chez les Belges, qui seuls purent les arrêter, ils se réunirent de nouveau aux Tenions pour passer tous ensemble en Italie. Afin de nourrir avec plus de facilité une si grande multitude, leurs chefs

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