‹ Histoire des Germains depuis les temps les plus reculés jusquà̕ Charlemagne. Pour servir di̕ntroduction à lh̕istorie de le̕mpire germaniqueChapitre 77 sur 123 · I. linlre Albc royale el Caniseh · texte numérisé non relu

I. linlre Albc royale el Caniseh

Cependant il avait envoyé une ambassade au roi des Wisigoths dans la Gaule , et ayant reçu du secours de ce prince, il reprit la campagne. Il s'avança au devant d'Odoachar et lui fit pour la troisième fois supporter sur les rives de l'Adda une défaite qui le contraignit de se renfermer de nouveau dans Ravenne. Le siège de cette place traîna en longueur pendant trois ans. Odoachar fit en 491 avec ses Hérules une sortie vigoureuse, qui cependant fut vivement repoussée. Comme c'était la seule ville qui tenait encore, Théodorich regarda la conquête de Tltalie comme assurée, et envoya à Constantinople, auprès de Zénon, le sénateur Festus, chargé de négocier en son nom avec l'empereur. Cependant il traita avec les Vandales par rapport à la Sicile, et repoussa les Bourguignons qui, ayant traversé les Alpes, étaient entrés en Italie et y faisaient d'affreux ravages.

Le manque de vivres qui se fit de plus en plus sentir dans Ravenne, força enfin les assiégés de capituler. L'évèque de cette ville fut chargé des négociations, et à la fin de février 493 , les portes en furent ouvertes aux Ostrogoths.

Les conditions du traité ne nous ont point été conservées.

1 1 parait qu Odoachar, contraint par la nécessité de se soumettre, trama quelque temps après une conspiration , dont Théodorich fut instruit1. Ce prince le prévint en le faisant assassiner dans un festin qu'il lui donna, et en faisant égorger avec femme et enfants le fils d'Odoachar, ses parents et tous ceux qui étaient soupçonnés d'avoir trempé dans le complot ou de tenir son parti.

1. Voy. Procopc , De bello gothico , L. I, p. 509; la chronique de Cassiodore ; les reslcs d'Ennode , etc.

Toute I* Italie fut alors soumise à son sceptre. Le tiers des terres qu'Odoachar s'était par droit de conquête réservé pour ses Germains, suffit aux besoins des Ostrogoths, parmi lesquels les Rugiens et les Hérules se confondirent. Théodorich prit la pourpre, quoiqu' Anastase, qui en 491 avait, pendant les événements de celte guerre, succédé à Zénon , fit difficulté de le reconnaître. Il y affermit sa puissance et chercha par ses négociations à ramener la paix au dehors, si nécessaire au repos de l'intérieur. Les hostilités avec les Bourguignons cessèrent par le traité dont il chargea les deux évéques de Pavie et de Turin, traité qui rendit à l'Italie plusieurs milliers de ses habitants enlevés en esclavage.

La nation entière des Bourguignons était alors réunie; et aux tribus qui s'étaient emparé des belles provinces du Rhône et de la Saône s'étaient enfin aussi jointes celles connues sous le nom de Faremannes f, qui, restées en arrière sur le Rhin, et longtemps errantes, avaient, en venant se fixer au milieu de leurs compatriotes, reçu d'eux les terres encore libres.

494. Anastase finit par reconnaître l'autorité de Théodorich qui, tout en régnant sur les Golhs, lesquels restèrent isolés des Romains, continua pour l'Italie le gouvernement des empereurs qui l'avaient précédé, nomma les consuls en Orient, comme l'Orient continua de les nommer au sein dur sénat de Rome, et usa de toute l'autorité , de tout le pouvoir des empereurs , dont il conserva à sa cour les charges et les dignités.

Anastase lui envoya de Constantinople tous les objets précieux qui, à l'époque de la prise de Ravenne par Odoachar, y avaient été transportés , et qu'il lui rendit

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