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pour en embellir sa résidence, au lustre de laquelle Théodorich ajouta plus lard, en l'ornant de magniûques édifices. Le roi tint en 500 un superbe triomphe dans Rome, où il présida le sénat et confirma aux Romains leurs anciens privilèges. Pour se rendre le peuple agréable, il lui donna des fêtes dans l'amphithéâtre de Titus , et soigna à la fois pour les pauvres et pour l'entretien des monuments publics. Il renouvela la paix avec Trasimond , roi des Vandales, à qui il -donna en mariage sa sœur Amalafrida , et rechercha lui-même l'amitié de Clovis , dont il épousa la soeur Audoflède , et avec lequel , au sujet des querelles qui s'élevèrent entre les deux princes bourguignons, il fit un traité d'alliance offensive contre Gundebaud.
La monarchie de Clovis avait déjà à cette époque pris une immense extension.
Maître de la Gaule jusqu'à la Loire, il avait en 496 combattu les Al le mânes, voisins des Francs du Rhin, qui, sous la domination de Sigebert, prince qui avait sa résidence à Cologne, avaient attiré contre eux les armes de cette redoutable coalition. Les Allemanes s'étaient déjà avancés jusqu'à Tolbiac, le moderne Zulpich, petite ville du duché de Juliers, lorsque Clovis , que Sigebert avait appela à son secours, réunissant son armée à celle de ce prince, leur fit supporter la plus sanglante défaite.
Clovis avait pour épouse Clotilde , fille d'Hilperich , que son frère Gundebaud avait fait assassiner, mais dont Clovis réclama la fille que ce prince n'osa point lui refuser. Cette princesse était chrétienne, et l'on dit que pendant le combat, voyant les siens plier èt doutant «le la victoire , il invoqua le Dieu qu'adorait son épouse, «H lui promit d'adopter son culte, s'il restait victorieux. 11 vainquifren effet , et sa victoire fut si complète, que
les Allemanes se virent contraints de reconnaître sa loi. Ceux qui ne voulurent point se soumettre , allèrent demander un refuge à Théodorich qui leur assigna des terres aux frontières de l'Italie. Les Francs s'emparèrent du bassin du Mein qui , de leurs colonies , prit le nom de Franconie, et donnèrent aux Allemanes un duc qui , sous leur suzeraineté, gouverna tout le pays.
Ce fut à l'issue de cette campagne , que Clovis , rassemblant les principaux de sa nation , leur ouvrit son intention d'embrasser la doctrine des chrétiens, soit qu'en effet Clotilde lui eût persuadé qu'il tenait de leur dieu la victoire , soit , ce qui est plus probable , que sa politique lui fît regarder cet acte comme le plus propre à maintenir sa conquête dans la Gaule. Rémi, évèque de Rheims, lui donna Je baptême à la féle de Noël 496, ainsi qu'à sa sœur Audoflède qui ensuite épousa Théodorich , et à plusieurs milliers de Francs dont l'exemple fut plus tard suivi par la plus grande partie du peuple. 11 n'y eut plus que les Francs qui, sur l'Escaut, la Meuse et le Rhin, obéissaient à d'autres princes, qui restèrent fidèles à leurs dieux. L'évéque de Rome Anastase , Avitus, évéque de Vienne , envoyèrent complimenter le roi a l'occasion de cet acte qui, pour la chrétienté en général, et pour le catholicisme en particulier, donnait droit à de si grandes espérances.
Clovis tourna alors ses armes contre les Armoriques , 407. la seule province de l'Ouest de la Gaule qui ne lui fût point soumise.
Clotilde l'excitait elle-même contre Gundcbaud, l'assassin de son père, contre lequel se tourna aussi Godegisile qui, mécontent du partage qu'il avait dans la Bourgogne, promit un tribut annuel au roi des Francs, s'il lui aidait à chasser son frère. *
Go vis fil avec lui un traité qui fut leou si secret, que lorsque les Francs entrèrent dans la Bourgogne , Gundebaud, qui ignorait l'intelligence entre les deux princes , 499. demanda du secours à Godegisile contre l'ennemi commun.
Godegisile vint en effet avec son armée.
Mais sous les murs de Dijon, pendant qu'on en était aux mains,, il déserta la cause de son frère, et passa avec ses troupes du côté des Francs.
Gundebaud fut défait, et se vit contraint de fuir jusqu'à Avignon, qu'il se hâta de mettre en état de supporter un siège.
11 s'y défendit en effet avec une telle vigueur que Clovis, renonçant à forcer la ville, consentit à faire la paix, moyennant que Gundebaud lui paierait un tribut.
Godegisile s'était pendant ce temps emparé d'une partie du pays de son frère, et était entré dans Vienne en triomphe. Déjà il se croyait maître de toute la Bourgogne, lorsque Gundebaud, délivré, vint l'attaquer dans les murs de cette ville. A l'aide des indications que lui fournit un fofttainier, il fit entrer des troupes dans la place par un aqueduc dont les issues n'étaient pas gardées. Godegisile, surpris, se réfugia dans, une église arienne où quelques soldats le poursuivirent et le mirent à mort.
La Bourgogne toute entière passa alors sous le sceptre de Gundebaud , contre lequel cependant , comme nous l avons dit , Clovis et Théodorich firent maintenant un traité d'alliance offensive. Mais Clovis agit seul contre 500. lui. Gundebaud, vaincu, se soutint dans les hautes montagnes du Jura et de la Savoie, et finit par rentrer dans ses États et par faire la paix avec les deux princes. Théodorich, pour la cimenter, donna à Sigismond , fils de Gundebaud, la main de sa fille Ostrogolha.
Gundebaud régna sur la Bourgogne jusqu'en 516. Esprit Ger et entreprenant, il s en fit le législateur. Mais il trouva de l'opposition parmi les grands du royaume , qui, en 502, la seconde année de la réunion des deux Bourgognes, le contraignirent , à la diète qui se tint à Genève, de révoquer le Code qu'il avait promulgué , et d'en décréter un autre, révisé par eux. Cette Joi qui nous est parvenue et qui porte la signature de trente- six comtes et seigneurs, qui sans doute furent chargés de sa rédaction, est connue sous le nom de loi gombetteou loi de Gundebaud !.
Théodorich, poursuivant son système d'alliance, donna sa fille Théodikusa au roi des Wisigoths, et la belle Amalherga , fille que la reine des Vandales avait eue de son premier époux, à Hermannfried, roi des Thuringiens.
Alarich , roi des Wisigoths , avait succédé à son père Eurich en 484.
Ce prince n'était guère occupé que des plaisirs de sa cour, lorsque Clovis , sollicité en secret par les évôques catholiques de l'Aquitaine , et qui depuis longtemps méditait la conquête du Sud de la Gaule jusqu'aux Pyrénées, trouva des raisons pour rompre avec lui. La conduite des évêques dans cette circonstance était d'autant plus perfide que, quoiqu'arien , Alarich laissait au culte catholique les plus grandes libertés, ainsi que nous le prouvent les actes du concile d'Agde, tenu sous son règne en 506. En vain Théodorich chercha à détourner la guerre entre les deux peuples. Alarich, à sa sollicitation, fit offrir une entrevue au roi des Francs sur les bords de la Loire, frontière des deux États. Les deux princes s'y rendirent, et après avoir conféré et mangé ensemble , se retirèrent