Aujourd'hui Civila-Vecchia
trer avec deux mille cavaliers de choix sur le territoire picentin, afin d attirer de ce côté l'attention de l'ennemi* Johann i, après avoir mis en fuite Ulithéc, frère de Vitigès, qui avait voulu s'opposer à sa marche, avait contourné les deux villes d'Osimo et d'Urbin , et s'était dirigé sur Rimini, à une journée de marche de Ravenne. Il avait sans peine obtenu des habitants l'entrée de la place que les Goths venaient d'abandonner. La reine Mathasuintba, qui n'avait jamais eu pour son mari qu'une antipathie prononcée, entama avec le général les relations les plus intimes1.
Bélisaire ne fut point trompé dans ses prévisions.
Yitigès manœuvra pour empêcher la jonction des deux généraux, et, quittant le Tibre, sur les rives duquel son arrière -garde eut, en se retirant, à supporter quelques perles, il jeta de fortes garnisons dans Orvieto, Ghiusi, Céséna, Montéférétro et d'autres villes, augmenta celles d'Osimo et d'Urbin , et se rendit en toute hâte de^ vant Rimini.
Bélisaire resta encore trois mois à Rome avant de le poursuivre.
Cependant les événements se compliquèrent aussi sur la rive gauche du Pô. Doce , évêque de Milan , et quelques-uns des principaux citoyens de cette ville avaient profité de l'armistice pour se rendre à Rome, et îis avaient fait concevoir à Bélisaire l'espoir que, si les impériaux entraient dans la Ligurie , non-seulement la capitale de cette province, mais encore tout le Nord de l'Italie seraient propices à leurs armes. Bélisaire y envoya un millier d'hommes sous le commandement d'un brave officier, du
1 per occuUum internuntium de nuptiisel prodUioneeolloqui cum
«octgpit. Procopc, L. II , c. 10 , p. -il*. B.
nom de Mundila. Ces troupes se rendirent par mer jusqu'à Gènes, cl de là se dirigèrent sur Pavie, ville forte où les Goths avaient déposé leurs objets les plus précieux. Vu l'importance de la place et la forte garnison qui s'y trouvait , elles ne tentèrent point contre elle un coup de main, mais elles continuèrent leur roule sur Milan. Celte cité leur ouvrit ses portes , exemple que suivirent bientôt après Bcrgame, Côme, Novare et d'autres lieux.
Vitigès envoya aussitôt son neveu Vraja dans la Liguric avec un corps d'armée considérable. À ces troupes vinrent se joindre dix mille Bourguignons, la plupart cavaliers, que Théodcbert, roi d'Austrasie, conformément aux conditions du traité qu'il avait signé, fournit pour son contingent. Ces deux corps réunis allèrent mettre le siège devant Milan.
Bélisaire sortit de Rome au mois de juin, et après s'être emparé sans résistance de Todi et de Chiusi, dont les garnisons furent envoyées prisonnières en Sicile, il s'avança jusqu'à Firmo, où l'eunuque Narsès, général du plus grand mérite, et architrésorier de l'empire , vint le joindre avec trois mille impériaux el deux mille Hérules auxiliaires.
Vitigès, sans l'attendre, se relira dans Ravenne.
Bélisaire fit alors le siège d'Urbin, dont la garnison, après une défense vigoureuse, manquant d'eau el de vivres, fut obligée de capituler. Johanni se rendit maître d'Imola1, et réduisit toule l'Émilie à l'exception de Césène.
Le général Martin, envoyé par Bélisaire pour débloquer Milan, fut moins heureux. En présence des forces combinées des Goths et des Bourguignons, il n'osa pas tra-