‹ Histoire des Germains depuis les temps les plus reculés jusquà̕ Charlemagne. Pour servir di̕ntroduction à lh̕istorie de le̕mpire germaniqueChapitre 98 sur 123 · I . Voitsherg en Si > rie · texte numérisé non relu

I . Voitsherg en Si > rie

sauva avec sept cenls hommes chez les Vénédes, et qui

prit maintenant aussi part à la guerre de ces peuples 652.

contre les Francs.

Dagobert passa le Rhin avec une nouvelle armée d'Austrasiens et de Bourguignons. 11 rencontra les envoyés du duc des Saxons, qui, de la part de leur maître, vinrent * lui offrir de défendre avec les seules troupes de leur pays les frontières de l'empire franc contre les Vénèdes , s'il voulait leur remettre le tribut que Clotaire , son bisaïeul , leur avait imposé.

L'esprit qui régnait dans Tannée , peu. favorable à cette guerre qui n'offrait guère que des périls et peu d'avantages au soldat , porta Pépin à conseiller à Dagobert d'accepter ces conditions, que les Saxons, selon leur coutume , jurèrent sur leurs armes de respecter Ils tinrent donc seuls la campagne. Mais ils ne furent point • assez forts ou assez fidèles pour mettre la Thuringe à couvert. Afin de ranimer le courage des Austrasiens, qui ne souffraient qu'avec peine d'être sans roi, Dagobert se détermina, sur l'avis des évêques et des seigneurs du royaume, à en confier la couronne à son fils Sigebert, 655. enfant de trois ans. 11 lui donna pour tuteurs 1 evéque de Cologne Cunibert et le duc Aldalgisile , et garda auprès de sa personne Pépin et quelques-uns des grands vassaux d'Austrasie , autant pour les consulter sur les affaires de w pays que polir s'assurer par eux de la fidélité de ses .provinces. Cette politique changea la face des choses.

Les Austrasiens, dont l'enthousiasme se réveilla, reprirent l'offensive , et repoussèrent vigoureusement les Esclavons, contre lesquels se distingua surtout Rodolphe, duc de Thuringe.

Dagobert eut l'année suivante un nouvel héritier d« son épouse Nanthilde.

11 lui donna le nom de Clovis , et dans une assemblée des Étals , ût une déclaration portant, qu'après sa mort , les deux royaumes de Neustrie et de Bourgogne appartiendraient à ce prince, à la condition néanmoins de joindre au royaume de Sigebert les villes d'Aquitaine, de Provence • et de Neustrie, qui avaient autrefois fait partie du royaume d'Australie.

Les événements d'Espagne entraînèrent Dagobert à se mêler des affaires de ce pays.

Récarède était mort en 601, et avait laissé la couronne à son fils Liuba H , jeune prince qui , deux ans après , fut tué par Witerich , lequel usurpa la couronne , et dont la 011e Ermenberga , ainsi que nous en avons fait mention, vint en 607 à la cour de France comme épouse de Thierry.

Witerich fut lui-même étranglé par Gundemar, qui se mit à sa place , et auquel succéda Sisebod , prince administrateur et guerrier , qui acheva la conquête de l'Espagne et s empara sur les impériaux de la Biscaye et de toutes les villes qu'ils possédaient encore dans la péninsule. Il laissa la couronne à son fils Récarède II, qui mourut quatre mois après, et après qui Suintilas, fils de Récarède Ier, monta sur le trône qu'avait occupé son père.

Suintilas régnait depuis treize ans, lorsqu'ayant voulu associer à la couronne son fils Ricimer/quoiqu'enfant, les seigneurs , depuis longtemps mécontents de son gouvernement, se révoltèrent contre son autorité, et jetèrent les yeux sur Sisenand pour le faire roi.

Sisenand eut recours à Dagobert, lui demanda son assistance, et lui promit que s'il était élevé sur le trône, il lui donnerait le plateau d'or du poids de cinq cents livres , enrichi de pierreries, que Thorismond avait reçu

(iVEtius pour lui avoir porté secours contre Attila1. Le roi, guidé par cette politique si commune aux grands qui , tout en exigeant de la fidélité de la part de leurs sujets , protègent la révolte chez leurs voisins , donna ordre aux ducs Abondance et Vernand , qui commandaient dans le pays de Toulouse , de passer les Pyrénées avec les troupes qu'ils avaient dans leur gouvernement , et Gt lever une armée en Bourgogne pour les suivre. Ce$ troupes s'avancèrent jusqu'à Sarragosse, où leur présence, et le bruit qui se répandit qu'elles seraient suivies d'une grosse armée, influença la défection du parti de Suiutilas, qui se vit obligé de prendre la fuite.

Sisenand, reconnu roi des Wisigoths, renvoya les Francs avec le plateau d'or qu'il leur avait promis. Mais les Wisigoths le reprirent en chemin. Les négociations qui s'entamèrent sur la plainte que Dagobert fit de cette violence , finirent par une indemnité de deux mille pièces d'argent dont le roi franc se vit obligé de se contenter. Les troupes levées en Bourgogne servirent à dompter la 635 révolte des Gascons qui, depuis la mort de Charibert, ne cessaient de parcourir le pays, et plus tard celle de Judi- 630. caël, duc de Bretagne, qui fit sa paix en renouvelant les traités déjà conclus entre les Bretons et les rois francs.

Dagobert mourut en 638. .

Les États de Neustrie et de Bourgogne proclamèrent aussitôt Clovis II , sous la tutelle de sa mère Nanthilde et d'Êga.

Pépin retourna en Austrasie, où il se mit en possession (la gouvernement, conjointement avec l'évèque Cunibert, en faveur duquel Sigebert quitta la ville de Metz et vint ^ire son séjour à Cologne.

Voir ci-avant p. 25^.

De cette époque date la grande autorité des maires du palais , laquelle absorba la puissance royale.

D'abord intendants de la maison du roi, ainsi que leur nom l'indique i, ils acquirent d'autant plus d'influence pendant les troubles de Brunehilde et de Frédégonde, que le pouvoir de ces deux reines avait ëu ces grands officiers pour appui. Aussi, quoique leur création ne fût point nouvelle, que déjà ils existassent cbez les premiers rois francs dans leurs sauvages forêts , ils ne commencèrent à jouer un rôle politique qu'à cette époque. Ce rôle devint d'autant plus grand maintenant, que la minorité des deux princes les laissa maîtres du gouvernement, et il s'accrut d'autant plus par la suite , que le trône fut occupé par des rois sans courage et sans énergie. Cette charge devint alors élective. Tandis qu'auparavant les rois nommaient ces magistrats, les Étals maintenant les choisirent et imposèrent en quelque sorte çl la couronne la nécessité de confirmer le choix qu'ils en avaient fait. Aussi, comme nous le verrons , nul maire du palais ne put-il se maintenir sans avoir pour lui les grands vassaux , et d'un autre côté les maires se rendirent ces derniers favorables en leur accordant des bénéfices dont eux seuls bientôt furent les dispensateurs au nom du souverain.

Les maires du palais , de simples officiers administrateurs des biens de la couronne , devinrent donc les premiers magistrats et les chefs de guerre de la uation2.

Ils finirent par être aussi indispensables à l'Etat que le roi même , et- ils durent nécessairement concevoir la pensée , que partagèrent aussi les grands vassaux de la

couronne, de rendre leur charge héréditaire dans leur

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