‹ Histoire des GirondinsChapitre 148 sur 194 · LIVRE VI.\(iT-QUATlUEME · texte numérisé non relu

LIVRE VI.\(iT-QUATlUEME

absolues de la capitale. Chaque séance attestait celte lutte. Des commissaires apportaient à l'Assemblée un vœu de la commune. Quelques voix énergiques résistaient à l'empiétement de pouvoirs. D'autres voix, intimidées ou complices, démontraient l'urgence du décret proposé. Tout finissait par un acte d'obséquiosité servile à la volonté de la commune , ou par une de ces mesures équivoques qui cachent un asservissement réel sous une apparence de transaction. Les Girondins frémissaient mais obéissaient. De peur de paraître vaincus, ils se faisaient complices.

La commune demanda ainsi impérieusement la création d'une cour martiale qui jugerait sommairement les ennemis du peuple et les complices de la cour. Brissot et ses amis tremblèrent de remettre entre les mains du peuple un pareil instrument de tyrannie. Ils résistèrent quelques jours à ce vœu. Ils rédigèrent une proclamation pour rappeler les esprits aux principes de justice, d'humanité, d'impartialité, ûfarantics de la vie des citovcns devant les tribunaux. Glioudieu et Thuriot, quoique Jacobins, s'opposèrent avec énergie à la création de ce tribunal de vengeance, a J'adore la Révolution , » s'écria Thuriot ; « mais je déclare que si la Révolution ne pouvait » triompher que par un crime , je la laisserais périr » plutôt ([ue de me souiller pour la sauver. » Tluuiot avait par sa conscience la révélation du vrai salut

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des révolutions. Le crime est la poliliciue des assassins. Le vrai génie est toujours innocent parce qu'il est la suprême intelligence.

La commune insista et menaça. « Citoyens! » dit un orateur à la barre de l'Assemblée, « le peuple est » las de n'être pas vengé. Craignez qu'il ne se fasse » justice lui-même! Je vous annonce que ce soir, à » minuit, le tocsin sonnera, la générale battra! Nous » voulons qu'il soit nommé un citoyen par chaque » section pour former un tribunal criminel, et que ce » tribunal siège au château des Tuileries , afin que » la vengeance éclate là où le crime a été tramé! Je » demande que Louis XVl et Marie-Antoinette, si » avides du sang du peuple , soient rassasiés en » voyant couler celui de leurs infâmes satellites!... » Si, avant trois heures, les jurés que nous deman- )) dons, » ajouta un autre orateur, « ne sont pas en » état d'agir, de grands malheurs retomberont sur » vos têtes ! » Hérault de Séchelles , au nom de la commission extraordinaire, répondit, peu d'instants après, à cette sommation, par la lecture d'un décret qui instituait un tribunal chargé de juger les crimes du 10 août. Robespierre fut nommé président de ce tribunal. Il se récusa, soit horreur du sang, soit dédain d'une magistrature qui ne répondait pas assez à la hnutfMir de se < pi-e--entiment---.

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