‹ Histoire des GirondinsChapitre 150 sur 194 · LIVRE VINGT- QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT- QUATRIÈME

juralion en permanence, modèle de T institution de tyrannie qu'exerça depuis le comité de sa/w^/>î<6/ic. Danton , s'appiiyant à la fois sur son pouvoir légal de ministre de la justice au conseil exécutif, et sur son pouvoir populaire dans le comité de surveillance de la commune , donnait à ses ordres , comme ministre, la force de l'insurrection et à l'insurrection la force de la loi. C'était le consulat de Catilina. Rien ne pouvait lui résister. Si cet homme rêvait un crime, ce crime devenait un acte du gouvernement. Lorsqu'il n'en méditait pas, il souffrait du moins qu'on les préparât dans l'ombre, autour de lui. Il renouvelait à dessein les membres du comité pour que le moment de l'exécution ne trouvât pas dans la conscience d'un seul de ces hommes , plus de scrupule et plus d'hésitation que dans la sienne. Il laissa , dès le 29 août, éclater quelques symptômes significatifs de sa pensée devant l'Assemblée nationale.

C'était à la séance de nuit. L'Assemblée , ébranlée par le contre-coup des nouvelles de la frontière, cherchait à prendre mesures sur mesures, pour égaler le dévouement aux dangers. Les motions succédaient aux motions. Vergniaud, Guadet, Brissot, Gensonné, Lasource, Ghambon, Ducos frap})aiont du pied la tribune pour en faire sortir des défenseurs de

la patrie. On volait des hommes, des chevaux, des armes, des réquisitions. Danton entra dans la salle, à la léte de ses collègues, et monta à la tribune avec l'attitude d'un homme qui porte une solution dans sa tète. Le silence de l'attente s'établit à son aspect.

a Le pouvoir exécutif, » dit-il, « me charge d'en- )) tretenir l'Assemblée nationale des mesures qu'il a » prises pour le salut de l'empire. Je motiverai ces » mesures en ministre du peuple, en ministre révo- » lutionnaire. L'ennemi menace le royaume, mais )) l'ennemi n'a pas pris Longwy. On exagère nos re- » vers. Cependant nos dangers sont grands. 11 faut )) que l'Assemblée se montre digne de la nation. )) C'est par une convulsion que nous avons renversé » le despotisme, ce n'est que par une convulsion na- » tionale que nous ferons rétrograder les despotes! » Jusqu'ici nous n'avons fait que la guerre simulée » de La Fayette, il faut faire une guerre plus ter- » rible. Il est temps de pousser le peuple à se préci- » piter en masse sur ses ennemis! On a jusqu'à ce » moment fermé les portes de la capitale, cl l'on a » bien fait : il était important de se saisir des traî- » ires; mais, y en eùt-il trente mille à arrêter, il faut » qu'ils soient arrêtés demain, et que demain, à » Paris, on communique avec la France entière! » Nous demandons que vous nous autorisiez à faire » des visites domiciliaires. Que dirait la France, si

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