LIVRE VINGT-QUATRIÈME
» Paris, dans la stupeur, attendait immobile Tarii- » vée des ennemis? Le peuple français a voulu être » libre, il le sera. » Le ministre se tait. L'Assemblée s'étonne; le décret passe. Danton sort et court au conseil général de la commune, préparé à l'obéissance par ses confidents. Il demande au conseil de décréter séance tenante les mesures nécessaires au coup d'État national dont le pouvoir exécutif assume la responsabilité : « Au rappel des tambours, qui » battra dans la journée du lendemain, tous les ciy> toyens seront tenus de rentrer dans leurs maisons. » La circulation des voitures sera suspendue à deux » heures. Les sections, les tribunaux, les clubs seï) ront invités à n'avoir point de séances, de peur de )) distraire lallention publique des nécessités du rao- » ment. Le soir, les maisons seront illuminées. Des » commissaires choisis par les sections, et accompa- » gnés de la force publique, pénétreront, au nom de » la loi, dans tous les domiciles des citoyens. Chaque )) citoyen déclarera et remettra ses armes. S'il est » suspect, on fera des recherches; s'il a menti, il » sera arrêté. Tout particulier qui sera trouvé dans » un autre domicile que le sien sera déclaré suspect » et incarcéré. Les maisons vides ou qu'on n'ouvrira » pas §eront scellées. Le commandant général San- » terre requerra les sections armées. Il formera un » second cordon de gardes autour de l'enceinte de » Paris pour arrêter tout ce qui tenterait de fuir. Les
» jardins , les bois , les promenades des environs sc- » ront fouillés. Des bateaux armés intercepteront » aux deux extrémités de Paris le cours de la ri- » vière, afin de fermer toutes les voies de la fuite » aux ennemis de la nation. ?,
Ces mesures décrétées, Danton se retire au comité de surveillance de la commune, et donne ses derniers ordres à ses complices. Le comité renouvelé était présidé par Marat. Marat n'était commissaire d'aucune section, mais le conseil général lui avait accordé la faveur exceptionnelle d'assister aux séances par droit de patriotisme, et lui avait voté une tribune d'honneur dans son enceinte pour y rendre compte au peuple des délibérations. Les autres membres étaient Panis, beau-frère de Santerre; Lepeintre, Sergent, présidents de section; Duplein, Lenfant, Lefort, Jourdeuil, Desforgues, Guermeur, Leclerc et Dufort, hommes dignes d'être les collègues de Marat et les exécuteurs de Danton. Mehée, secrétaire-greffier; Manuel, procureur de la commune; Billaud-Varennes, son substitut; Collotd'Herbois, Fabre d'Églantine, Tallien, secrétaire du conseil général; Huguenin, président; Hébert, et quelques autres parmi les chefs de la commune, soit qu'ils aient approuvé, combattu ou toléré la résolution , la connurent. Des actes et des pièces irrécusal)les attestent que pour cette convulsion populaire, prédite et acceptée sinon provoquée par Danton,
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