‹ Histoire des GirondinsChapitre 18 sur 194 · LIVRE DIX-HLITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIX-HLITIÈME

» vengeance? Où en sommes -nous enfin? Et vous, » Messieurs, dont les ennemis de la constitution se » flattent d'avoir ébranlé le courage, vous dont ils » tentent chaque jour d'alarmer les consciences et la » probité en qualifiant votre amour de la liberté » d'esprit de faction, comme si vous aviez oublié » qu'une cour despotique et les lâches héros de l'a- » ristocratie ont donné ce nom de factieux aux re- » présentants qui allèrent prêter serment au Jeu-de- » Paume, aux vainqueurs de la Bastille, à tous ceux » qui ont fait et soutenu la Révolution; vous qu'on » ne calomnie que parce que vous êtes étrangers à )) la caste que la constitution a renversée dans la » poussière , et que les liommes dégradés qui re- » grettent l'infâme honneur de ramper devant elle » n'espèrent pas de trouver en vous des complices; » (applaudissements) « vous qu'on voudrait aliéner du )) peuple parce qu'on sait que le peuple est votre » appui , et que si , par une coupable désertion de » sa cause, vous méritiez d'être abandonnés de lui, )) il serait aisé de vous dissoudre; vous qu'on a » voulu diviser, mais qui ajournerez après la guerre )) vos divisions et vos querelles, et qui ne trouvez » pas si doux de vous haïr que vous préfériez cette » infernale jouissance au salut de la patrie; vous )) qu'on a voulu épouvanter par des pétitions ai- » mées, comme si vous ne saviez pas qu'au com- » mencement de la Révolution le sanctuaire de la

» liberté fut environné des satellites du despotisme, » Paris assiégé par Tarmée de la cour, et que ces » jours de danger furent les jours de gloire de notre » première assemblée; je vais appeler enfin votre y> attention sur l'état de crise où nous sommes. Ces » troubles intérieurs ont deux causes : manœuvres » aristocratiques, manœuvres sacerdotales. Toutes » tendent au même but, la contre-révolution.

» Le roi a refusé sa sanction à votre décret sur les » troubles religieux. Je ne sais pas si le sombre génie » de Médicis et du cardinal de Lorraine erre encore » sous les voûtes du palais des Tuileries, et si le » cœur du roi est troublé par les idées fantastiques '» qu'on lui suggère; mais il n'est pas permis de » croire, sans lui faire injure et sans l'accuser d'être » l'ennemi le plus dangereux de la Révolution, qu'il y> veuille encourager par l'impunité les tentatives cri- » minelles de l'ambition sacerdotale , et rendre aux » orgueilleux suppôts de la tiare la puissance dont ■» ils ont également opprimé les peuples et les rois. » Il n'est pas permis de croire , sans lui faire injure ,^ et sans le déclarer le plus cruel ennemi de l'em- » pire, qu'il se complaise à perpétuer les séditions, » à éterniser les désordres ([ui le précipiteraient par » la guerre civile vers sa ruine. J'en conclus que

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